COVID-19 Mise à jour sur le marché 10 novembre 2020

November 16 2020
CBB

RÉSUMÉ

• La semaine dernière les prix de gros des véhicules dans le marché
canadien ont baissé pour la quatrième semaine consécutive. Ces
réductions sont beaucoup plus modestes qu’elles ne le sont normalement à cette époque de l’année.
• Les segments de voitures ont baissé en moyenne de -0,26 pour cent la semaine dernière.
• Les prix de gros des segments de camions ont perdu -0,19 pour cent.
• La semaine dernière, les prix de gros des véhicules d’occasion américains ont chuté à nouveau tant dans les segments des voitures que dans ceux des camions. Les voitures ont reculé de -0,84 pour cent et les camions, de -0,52 pour cent.
• Le taux de chômage canadien poursuit sa lente remontée, ayant baissé de -0,1 pour cent pour se situer à 8,9 pour cent en octobre.

Jusqu’à présent en novembre, l’équipe du Canadian Black Book (CBB) a noté que les prix de gros des véhicules continuent de diminuer, mais à un rythme moins rapide que les baisses saisonnières habituelles. Bien que la demande de véhicules des consommateurs soit touchée par les effets de la COVID-19, la pénurie de véhicules et la demande soutenue de l’exportation contribuent à maintenir des prix robustes.

L’un des meilleures nouvelles pour l’industrie canadienne de l’automobile cette année a été l’annonce faite le 5 novembre dernier à l’effet que GM Canada et Unifor avaient conclu un accord de principe de trois ans, évitant ainsi une grève des quelque 1 700 travailleurs canadiens de GM. Le contrat, qui reste à ratifier par les membres du syndicat, comprend également des nouvelles positives inattendues pour la communauté d’Oshawa, en Ontario. Dans le cadre de l’entente, GM recommencera en effet à assembler des véhicules à Oshawa en 2022. Plus précisément, on projette d’investir entre 1 et 1,3 milliard de dollars dans la modernisation des installations et d’embaucher entre 1 400 et 1 700 nouveaux travailleurs. L’usine GM d’Oshawa, souvent citée comme l’usine de la plus haute qualité de GM, a cessé d’assembler des véhicules en décembre 2019.

Vendredi dernier, Statistique Canada a publié son Enquête sur la population active (EPA) fort attendue pour octobre. Le rapport comprend des données pour la semaine du 11 au 17 octobre, période importante car à ces dates, nombre de provinces avaient remis en place des mesures de santé publiques plus strictes. Plus de gens ont travaillé en octobre, le nombre d’emplois ayant augmenté de 84 000, soit 0,5 pour cent pour le mois. Le travail indépendant a également gagné quelque 33 000 emplois durant le mois.

Le taux de chômage est actuellement de 8,9 pour cent, ce qui représente une réduction de seulement 0,1 pour cent par rapport à septembre. Quelque 1,8 million de Canadiens demeurent sans travail, soit 60,2 pour cent de plus que les bas niveaux record enregistrés en février, avant que la pandémie ne commence à avoir un impact. L’enquête indique également que plus de la moitié (53,3 pour cent) des personnes au chômage et en recherche de travail sont membres d’un ménage qui éprouve de la difficulté à faire face aux dépenses nécessaires.

De façon connexe, le nombre de déclarations de faillites personnelles au Canada a augmenté pour la première fois depuis le début de la crise de la COVID-19. Le Bureau du surintendant des faillites du Canada indique une hausse de 18,5 pour cent de ces déclarations, qui se chiffrent à 7 658 pour septembre. Il s’agit de la plus importante augmentation mensuelle depuis 2017. Malgré le pic de septembre, le taux de faillites personnelles est actuellement à un niveau historiquement bas. L’on estime que cette situation est attribuable aux diverses mesures de soutien gouvernemental ainsi qu’aux congés de remboursement offerts aux emprunteurs. Par comparaison, on a vu 36 pour cent moins de déclarations de faillite le mois dernier qu’en septembre 2019. L’accroissement du nombre de faillites pourrait également signaler une hausse du taux de reprise de véhicules au cours des mois qui viennent.

APERCU DU MARCHÉ DE GROS ACTUEL

L’équipe d’analystes du Canadian Black Book combine plus de 70 années d’expérience et de connaissances dans le domaine de l’automobile. En communication constante avec les détaillants, les marchands, les sociétés de financement et les fabricants de véhicules, nos analystes observent les prix afin de suivre le marché de manière indépendante et de produire des mises à jour quotidiennes. Notre personnel de recherche assiste également chaque jour (de façon virtuelle en ce moment) aux principales ventes aux enchères au Canada.

Perspectives de ventes aux enchères

• Comme c’est le cas depuis près de huit mois, les activités du marché de gros canadien des véhicules d’occasion continent de s’opérer exclusivement en ligne en raison des nombreuses restrictions nationales en matière de santé et de sécurité en lien avec la COVID-19.
• Les divers encans de gros canadiens permettent aux acheteurs potentiels de visiter les véhicules sur le terrain avant la vente. Le jour de la vente, les offres se font en ligne seulement, mais la plupart des encans utilisent les services d’un encanteur en personne.
• On ne sait toujours pas à quel moment les encans canadiens pourront retourner aux enchères en personne. Ces ventes dans les grands marchés attirent des centaines de participants, ce qui n’est pas permis en vertu des diverses restrictions gouvernementales.

Volume de ventes aux enchères

Novembre a débuté avec des volumes d’enchères semblables à ceux observés en octobre. Typiquement, ce volume est moins élevé durant les mois d’automne. Le CBB continue d’observer que ‘offre de véhicules est beaucoup plus faible que la normale pour cette époque de l’année. On prévoyait que 2020 et 2021 seraient des années record pour le retour sur le marché de véhicules loués. Toutefois, en raison des faibles niveaux de véhicules usagés offerts sur le marché, beaucoup plus des véhicules retournés sont achetés par le détaillant qui reçoit le retour plutôt que d’être envoyés à la vente aux enchères. Parmi les retours de bail qui ne sont pas achetés par les détaillants, beaucoup sont traités par les canaux privés en amont des entreprises de crédit-bail. En raison de la pénurie généralisée de produits d’occasion et du désir des détaillants d’acheter ce qui est disponible en amont dans les encans privés, une grande part de ces véhicules ne seront jamais offerts aux enchères ouvertes. Dans certains cas, ceci pousse les détaillants à parcourir les annonces classées locales pour acheter des véhicules directement de leurs propriétaires afin de renflouer leurs stocks.

Pour ce mois-ci, nous prévoyons que la pénurie se poursuivre dans le marché de gros canadien. La semaine dernière, dans notre analyse du marché, nous avons noté que le nombre de jours de rotation pour les véhicules usagés annoncés en vente par les détaillants avaient encore augmenté d’une journée pour atteindre 48 jours. La tendance au cours des quatre derniers mois a été un déclin soutenu par rapport à la période de 75 jours enregistrée à la fin de mai. Le point bas de l’année a été de 45 jours enregistré le 11 octobre. Depuis le 21 octobre, la période s’est légèrement allongée, soit de de trois jours.

Il y a également des problèmes d’approvisionnement du côté des véhicules neufs. Actuellement le marché est en train de passer à l’année-modèle 2021 et certains modèles 2022 seront même offerts dans à peine quelques mois. Toutefois, étant donné l’envergure mondiale de la chaîne d’approvisionnement de notre industrie, ainsi que l’impact du virus, l’on s’attend à des perturbations dans la production des composantes et l’assemblage des véhicules. Encore cette dernière semaine, les cas quotidiens de COVID enregistrés dans de nombreux pays, dont le nôtre et les États-Unis, ont connu une hausse marquée. La pénurie de produits neufs pourrait pousser les consommateurs et les détaillants à se tourner vers les véhicules légèrement usagés. Ceci mettra une pression additionnelle sur les stocks d’occasion.

Taux de vente aux enchères

Le taux de succès, c’est-à-dire le taux de vente, des encans canadiens a été de 60 pour cent, soit une baisse par rapport au taux de 69 pour cent enregistré la semaine précédente. On observe actuellement des taux de beaucoup inférieurs à ceux de 80 pour cent et plus observés semaine après semaine cet été. À l’heure actuelle, nous sommes toujours dans un marché vendeur, et de nombreux consignataires de véhicules maintiennent les prix, ayant confiance qu’à force de patience ils obtiendront le prix désiré pour un produit qui se fait rare.

TENDANCES ACTUELLES DES PRIX DE GROS

Les valeurs de gros moyennes des segments de voitures et de camions ont encore baissé la semaine dernière, les voitures ayant reculé de -0,26 pour cent et les camions, de -0,19 pour cent. Ces diminutions sont plus importantes que celles d’il y a deux semaines, lorsque les voitures avaient perdu -0,12 pour cent et les camions, -0,10 pour cent.

Au cours des quatre dernières semaines, tant les voitures que les camions ont enregistré un déclin de leurs valeurs. La baisse hebdomadaire moyenne au cours de cette période a été de -0,14 pour cent pour les voitures et de -0,08 pour cent pour les camions. Si l’on compare à la même période l’an dernier, ces chutes sont beaucoup moins marquées. En novembre 2019 nous avions noté une baisse hebdomadaire moyenne de -0,39 pour cent pour les voitures et de -0,29 pour cent pour les camions. Cette situation est attribuable à des règles fondamentales d’offre et de demande. L’approvisionnement étant moindre, les prix de connaissent pas la baisse saisonnière que l’on observerait normalement à cette époque de l’année; par conséquent, les niveaux de dépréciation sont moins élevés que ce à quoi l’on s’attendrait d’ordinaire.

Des neuf segments de voitures, tous sauf deux ont affiché des réduction pour la première semaine de novembre. Le seul segment à avoir vu une hausse substantielle a été celui des voitures pleine grandeur, qui ont gagné 0,40 pour cent. Les voitures sport haut de gamme ont augmenté, mais d’une marge infime de 0,01 pour cent.

La baisse la plus notoire, soit -1,31 pour cent, a été enregistrée par les voitures sous-compactes. Il s’agit de la chute la plus importante pour ce segment depuis deux ans. Les voitures compactes ont également reculé de -0,93 pour cent, soit la troisième réduction en importance pour ce segment au cours des deux dernières années et la plus importante depuis la mi-mai. En troisième position de déclin vient le segment des voitures intermédiaires, qui ont perdu -0,51 pour cent pour la semaine.

Cette semaine a également marqué la quatrième semaine consécutive de perte de valeur pour les camions, qui ont perdu -0,19 pour cent pour la semaine. Des 13 segments de marché que le CBB suit dans la catégorie des camions, cinq ont augmenté et huit ont diminué. L’augmentation la plus marquée, soit 0,42 pour cent, a été observée du côté des camionnettes pleine grandeur. Le seul autre gain notoire pour la semaine a été celui des VUS sous-compacts de luxe, qui ont gagné 0,11 %.

La chute la plus marquée de la semaine dans les segments de camions, soit -0,69 pour cent, a été observée dans les VUS compacts, la troisième semaine de recul important pour ce segment. Les VUS sous-compacts ont vu leurs prix baisser de -0,59 pour cent pour la semaine, suivis des fourgonnettes, qui ont reculé de -0,43 pour cent.

Pour la première semaine de novembre 2020, la tendance baissière des prix s’est maintenue. Au cours d’une année normale, la dépréciation automnale est beaucoup plus marquée que ce que nous observons cette année. Toutefois, les récentes baisses de valeurs tant du côté des voitures que des camions viennent à la suite d’une période de quatre semaines de valeurs remarquablement stables notée par le CBB.

Au cours des huit dernières semaines le changement moyen des valeurs hebdomadaires a été de -0,07 pour cent pour les voitures et de -0,02 pour cent pour les camions. Ces chiffres modestes, on le rappelle, représentent des fluctuations hebdomadaires; les petites variations s’accumulent au fil du temps.

Comparativement à l’année dernière, les changements dans les valeurs de gros hebdomadaires sont beaucoup plus modestes. Au cours de la même période en 2019, avant la pandémie bien sûr, les voitures avaient perdu en moyenne -0,29 pour cent par semaine, et les camions, -0,26 pour cent. Une comparaison rapide démontre que les changements cette année ne représentent environ que le cinquième de ceux de l’an dernier. Une demande forte et des prix robustes, même s’ils accusent un lent déclin, sont une autre différence importante dans le marché cette année. Le CBB prévoit toutefois que les valeurs de gros des véhicules d’occasion baisseront lorsque les niveaux d’approvisionnement s’amélioreront enfin, à mesure que l’économie poursuit ses efforts de reprise.

On peut observer ces fluctuations hebdomadaires moins marquées dans le graphique ci-dessous, provenant de l’un de nos outils d’analyse exclusifs, le Canadian Black Book Visual Analytics. Le graphique (Canada – pourcentage pondéré de changement dans la valeur du segment des modèles de deux à huit ans) illustre les tendances hebdomadaires des valeurs de gros, en fonction de transactions provenant du marché de gros canadien, recueillies et analysées par notre équipe.

Les voitures sont illustrées en bleu et les camions en rouge (comprend fourgonnettes, VUS et camionnettes). En avril de cette année, les valeurs ont subi une forte chute en raison du bouleversement entraîné par la pandémie. L’on se souviendra que c’est le moment où les marchands d’un bout à l’autre du Canada ont été obligés de fermer leurs portes en raison de restrictions, ou l’ont fait volontairement.

COMPARAISON ENTRE LES MARCHÉS CANADIEN ET AMÉRICAIN

La semaine dernière, les valeurs du marché américain ont continué à baisser par rapport à la semaine précédente, tant pour les voitures que pour les camions. Ces derniers ont reculé pour la neuvième semaine d’affilée, accusant une perte de -0,52 pour cent. Les segments de voitures américains ont également connu une recul marqué, soit -0,84 pour cent. Il s’agit de la dixième semaine consécutive de déclin pour les voitures. Les pertes actuelles du marché américain sont beaucoup plus étendues que celles observées dans le marché canadien. Au cours des huit dernières semaines, les voitures américaines ont perdu en moyenne -0,66 pour cent, et les camions, -0,31 pour cent.

La semaine dernière le dollar canadien a gagné près de deux cents (0,0161 $), terminant la semaine à 0,7669 $US. Comparativement à il y a un mois, le dollar a gagné un peu plus d’un dixième de cent, plus précisément 0,0135 $. On le rappelle, toute dépréciation du dollar canadien profite à ceux qui exportent des véhicules du Canada aux États-Unis et pousse les prix à la hausse. Un dollar canadien plus vigoureux a l’effet contraire, c’est-à-dire qu’il rend les voitures d’occasion canadiennes plus coûteuses et donc un peu moins désirables pour les acheteurs américains, ce qui exerce une pression à la baisse sur les prix. Le CBB est d’avis que tant que le dollar demeurera sous le milieu de la fourchette des 0,80 $, l’environnement sera favorable à l’exportation.

Tel que noté, les valeurs du marché de gros américain ont continué de s’affaiblir la semaine dernière. Au Canada nous n’avons pas vu un déclin du même ordre de grandeur. Toutefois, tout au long de cette crise l’évolution du marché américain a souvent été un indicateur important de la situation à venir au Canada plusieurs semaines plus tard.

PRÉVISIONS DE PRIX DE GROS DES VÉHICULES D’OCCASION

Le marché de gros canadien semble être en transition vers une nouvelle phase de recul des valeurs avec l’arrivée des mois plus froids. Pour le mois d’octobre, le changement moyen dans les prix de gros a été de 1,40 pour cent. Si l’on regarde les mois précédents, l’on se souviendra que les prix de gros avaient baissé de 0,99 pour cent en mars, de 3,58 pour cent en avril, d’un peu plus de 3 pour cent en mai, et qu’ils sont demeurés stables en juin. Pour juillet, les valeurs ont augmenté de 3,18 pour cent, soit 3,20 points d’indice, ce qui est remarquable. En août, on a enregistré un autre gain record, soit 3,73 points d’indice ou 3,60 pour cent. Il s’agit de l’augmentation la plus importante de toute l’histoire de l’Indice de la valeur retenue du Canadian Black Book, qui existe depuis 2005. En septembre, l’Indice a établi un nouveau point haut, soit 109, record qui n’a tenu que jusqu’à ce que l’Indice d’octobre soit calculé. Pour octobre en effet, l’Indice se situe maintenant à 110,5, un autre record. Comparativement à la même époque l’an dernier, l’Indice a gagné 2,3 pour cent, et comparé au début de 2020, il a gagné 2,1 pour cent. Cette reprise rapide en V de l’Indice démontre la robustesse de la demande, combinée aux effets de l’offre restreinte de véhicules sur le marché.

Nous prévoyons que la demande de véhicules d’occasion au détail s’affaiblira et qu’on que nous devrions voir une hausse de l’offre de ces véhicules. En raison de ces forces du marché, le CBB prévoit une baisse des prix de gros à l’automne et à l’hiver comparativement aux sommets vus au cours des derniers mois. Ceci sera suivi d’une reprise plus durable et d’une stabilité accrue des valeurs, en fonction de la conjoncture économique générale et de la demande de véhicules.

Prévisions à court terme (été-automne 2020)

Nous projetons que les prix de gros continueront de s’affaiblir par rapport à la base de référence d’avant-crise pour l’automne et l’hiver pendant que l’économie canadienne subira les effets dévastateurs de la COVID-19. En août, nous avons révisé nos prévisions en fonction des signes positifs observés dans les tendances de prix des véhicules d’occasion. Nous prévoyons tout de même que les prix de gros seront inférieurs en moyenne de 10 pour cent aux prévisions d’avant-crise du printemps 2020 pour les trois à neuf prochains mois. Nous nous attendons à ce que les diminutions se poursuivent durant l’automne et que la reprise commence au début de 2021.

Nous prévoyons que les segments de voitures baisseront de 13 pour cent durant cette période. Toutefois, nous nous attendons à ce que les camionnettes et VUS ne perdent pas autant de terrain, soit seulement 8 pour cent. Il s’agit d’une révision optimiste de nos prévisions, effectuée à la mi-août, lorsque la reprise des valeurs s’est avérée plus forte et plus précoce que prévue.

Nous anticipons également que les véhicules plus anciens (plus de six ans), moins coûteux et de condition moyenne ne connaîtront pas une baisse aussi importante en raison de l’accroissement de la demande pour ces unités. L’on s’attend à ce que de nombreux consommateurs recherchent un mode de transport fiable à faible coût. Le coronavirus et la distanciation sociale pousseront également certains utilisateurs des transports en commun ou du covoiturage à acheter une voiture, ce qui fera augmenter les ventes de l’industrie.

Prévisions à long terme (valeurs résiduelles après 36 mois, été-automne 2023)

Les effets de la pandémie continueront à se faire sentir au cours des trois prochaines années. Toutefois, nous prévoyons que les valeurs résiduelles retrouveront leurs niveaux d’avant-crise à mesure que l’approvisionnement en véhicules d’occasion s’amenuisera en raison de la perte de ventes au détail et aux parcs automobiles durant le reste de 2020 et en 2021.

SECTEUR DU DÉTAIL

Prix de détail

Du côté du détail, les prix demandés moyens pour les véhicules affichés en vente chez les marchands ont légèrement augmenté la semaine dernière. Les prix sont demeurés relativement stables depuis octobre, après avoir remonté du point bas annuel atteint à la mi-septembre. Depuis la mi-octobre, le CBB estime que les prix moyens ont gagné 70 $.

L’augmentation estimée des prix affichés par rapport au point le plus bas de septembre est de 310 $. Ceci est basé sur une analyse d’un peu plus de 85 000 véhicules par semaine affichés en vente par les détaillants canadiens. Cette tendance haussière des prix vient à la suite de trois mois de déclins réguliers qui ont débuté en mai.

En raison de la combinaison des prix de gros en hausse durant cette phase de rebond du marché et de la chute des prix de détail, nous concluons que les marges bénéficiaires des détaillants de véhicules d’occasion ont subi d’énormes pression en raison de la pandémie. Nous estimons que le bénéfice brut a baissé d’un peu plus de 900 $ de juin à septembre.

Perspectives de ventes au détail

• Jusqu’à présent en 2020, l’industrie canadienne de l’automobile a déclaré une chute marquée de ses ventes, estimée à 21,6 à la fin d’octobre.
• Selon l’estimation de Desrosiers Automotive Consultants, les ventes d’octobre ont baissé de 2,1 pour cent, après une augmentation de 2,4 pour cent en septembre.
• Par comparaison, pour l’année, le marché américain a reculé de 18,8 pour cent en date de fin octobre selon l’équipe de recherche économique de la Federal Reserve Bank of St. Louis.
• Nous prévoyons que les pénuries sporadiques de véhicules ainsi que le faible taux de confiance des consommateurs seront les principaux obstacles au marché à l’aube de 2021.
• Nous prévoyons de légères chutes des ventes d’ici la fin de 2020 comparativement à 2019.

Perspectives de ventes de véhicules neufs

Nos perspectives de ventes de véhicules neufs demeurent inchangées par rapport à notre dernière mise à jour. Nous continuons de prévoir une réduction marquée des ventes de véhicules neufs au Canada en 2020 (détail et parcs) en raison de la baisse de la demande dans son ensemble.

Ceci est attribuable à plusieurs facteurs, y compris le fait que les gens conduisent moins en raison du télétravail et des restrictions, le taux de chômage élevé ainsi qu’une forte érosion de la confiance des consommateurs. Tous ces facteurs ont un effet négatif sur la demande des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs ont accusé une chute de 23,7 pour cent au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière.

Selon notre scénario économique de base (A), nous prévoyons une baisse de 25 pour cent (par rapport aux prévisions d’avant-crise) des ventes de véhicules neufs en 2020 pour atteindre 1,436 millions d’unités. Dans notre scénario de récession grave (B) initial, nous avions prévu une baisse de 40 pour cent des ventes de véhicules neufs en 2020, atteignant 1,149 millions d’unités. Ce scénario était prévu au cas où de nombreux détaillants demeuraient fermés, comme ils l’étaient au début d’avril. Heureusement cette situation ne s’est pas matérialisée. À plus long terme, nous prévoyons que le volume de vente de véhicules neufs reviendra à son niveau d’avant-crise d’ici cinq ans.

PRÉVISIONS DE L’OFFRE DE VÉHICULES D’OCCASION

Le Canadian Black Book anticipe une lente montée de l’offre de véhicules d’occasion sur le marché de gros pour les mois d’automne-hiver. Le nombre de jours de rotation des stocks demeure considérablement moindre que plus tôt au cours de la pandémie, lorsqu’on avait observé une stagnation en raison de l’interruption des activités et des restrictions imposées aux consommateurs. Pour la semaine écoulée, la moyenne mobile de 14 jours pour la rotation des voitures a augmenté d’un jour pour atteindre 48 jours.

• De nombreux mois de ventes réduites de véhicule neufs et d’occasion, et la diminution des échanges qui en a résulté, ont eu pour effet de restreindre le nombre de véhicules disponibles pour l’achat et la vente sur le marché de gros.
• Le CBB considère qu’il s’agit là d’une situation temporaire et que l’approvisionnement s’améliorera au cours des mois qui viennent, surtout lorsque le nombre de reprises de possession commencera à augmenter.
• La semaine dernière on a noté que le nombre de véhicules inscrits avait augmenté d’environ 12 pour cent depuis les bas niveaux de juillet dernier. (Voir graphique ci-dessous, Volume d’inscriptions actives, Canada)
• Le nombre d’inscriptions actuel demeure inférieur de 7 pour cent à celui de la même époque l’an dernier.
• Pour 2021, on prévoit que plus de 400 000 baux viendront à échéance, semblable au nombre record de 2020. Ces unités arrivant sur le marché en 2021 aideront grandement à atténuer la faiblesse de l’offre.

Reprises de possession

L’équipe du CBB prévoit une hausse graduelle des reprises de possession avant la fin de cette année, laquelle se poursuivra en 2021. On a noté que le nombre de déclarations de faillite en septembre avait atteint son niveau le plus élevé depuis le début de la pandémie. Pour le mois, le Bureau du surintendant des faillites du Canada a annoncé 7 658 faillites de consommateurs. Il s’agit d’une hausse de 18,5 pour cent par rapport à août. C’est également la hausse la plus importante de faillites depuis 2017, mais, chose remarquable, ce nombre demeure inférieur de 36 pour cent à celui de la même période l’an dernier. L’aspect positif des reprise de possession est qu’elles améliorent l’approvisionnement en véhicules d’occasion pour le marché de gros. Jusqu’à présent cette année, nous n’avons pas vu de hausse notoire des reprises de possession.

Il y a plusieurs raisons au faible taux de reprises de possession jusqu’à présent en 2020. Au début de la crise, les prêteurs ont offert des mesures d’allégement à leurs clients, allant de 30 jours dans certains cas à jusqu’à six mois dans d’autres. Ceci a certainement permis à de nombreux consommateurs de se remettre financièrement et de recommencer à faire leurs versements. Même pour ceux qui sont en retard dans leurs versements, il semble que de nombreux prêteurs mettent en place un calendrier de remboursement pour éviter la reprise du véhicule. Les prêteurs prudents ont déterminé qu’inonder le marché de milliers de véhicules repris nuirait à leurs bénéfices, car les prix subiraient une pression à la baisse en raison de la hausse soudaine de l’offre.