COVID-19 Mise à jour sur le marché 13 octobre 2020

October 16 2020
CBB

RÉSUMÉ

• Les prix des véhicules ont continué à se stabiliser davantage
dans le marché canadien de gros la semaine dernière.
• Les valeurs de gros des segments de voitures ont gagné 0,01pour cent
tandis que les camions ont augmenté de 0,12 pour cent. Ces résultats sont très semblables à ceux de la semaine précédente.
• Les prix de gros des véhicules d’occasion américains ont chuté tant du côté des voitures que des camions la semaine dernière. Les prix des voitures ont accusé une baisse substantielle de 0,92 pour cent, alors que les camions ont perdu 0,34 pour cent.
• Pour ce qui est du nombre moyen de jours de rotation des stocks de voitures d’occasion, la semaine s’est terminée avec une moyenne mobile de 14 jours de 46 jours, ce qui représente trois jours de moins que la semaine précédente et est très inférieur à la normale.
• L’équipe du Canadian Black Book prévoit que l’approvisionnement en voitures neuves continuera à poser un défi pour l’industrie. La production des composantes et l’assemblage des véhicules continuent de poser des risques importants, car de nombreuses régions du monde sont aux prises avec une deuxième vague du virus.
• Le taux de chômage a baissé pour le quatrième mois consécutif en septembre, soit de 1,2 points pour s’établir à 9,0 pour cent.

Les célébrations de l’Action de grâce en 2020, ou du moins leur absence, ne seront pas oubliées de sitôt. Pour de nombreuses familles canadiennes, il s’agit d’une période de fête et de réflexion appréciée de tous. Cette année toutefois, les services de santé ont découragé les familles de se réunir en personne à cette occasion, car le Canada connaît actuellement une seconde vague de COVID-19. Rien qu’au cours des sept derniers jours, la moyenne nationale quotidienne de nouveaux cas a dépassé 2 200. Il s’agit là d’une hausse alarmante de près de 700 pour cent comparativement à la moyenne des sept premiers jours d’août, qui était de 315 nouveaux cas par jour.

Si elle n’est pas correctement gérée au cours des semaines et des mois qui viennent, la crise sanitaire que nous traversons risque de perturber une fois de plus les ventes de véhicules. En Ontario et au Québec, de nouvelles mesures de lutte ont été introduite s au cours des dernières semaines. Au Québec, de grandes sections de la province ont été déclarées zones rouges et assujetties à des règles et des restrictions très spécifiques quant aux déplacements. En Ontario, les bars, restaurants et gymnases ont été à nouveau fermés pour une période de 28 jours dans les régions problématiques, en espérant que l’on pourra reprendre le dessus sur le virus. Ceci entraîne un bouleversement économique important dans les deux provinces. On estime qu’en Ontario la fermeture des restaurants à elle seule aura un impact sur plus de 60 000 travailleurs dans les trois régions visées, soit Peel, Toronto et Ottawa.

Étant donné ce qui se passe en lien avec la pandémie, il n’est pas étonnant qu’encore la semaine dernière le niveau de confiance des consommateurs, tel que mesuré par l’indice Bloomberg-Nanos, soit demeuré stationnaire. Cet indice n’a pas augmenté depuis août, ce qui indique que les Canadiens ne voient pas de raison d’être optimistes quant à leur avenir économique et que leur niveau de confiance demeure inchangé. L’étude révèle que seuls 18 pour cent estiment que l’économie s’améliorera d’ici les six prochains mois. Le seul aspect positif dans l’esprit des consommateurs semble être la tendance actuelle des prix des habitations, qui à leur avis demeurera positive au cours des mois qui viennent.

Du point de vue de la vente en gros, la semaine dernière a été très semblable à la précédente. Les segments de camions ont connu un gain identique à celui de la semaine dernière, soit 0,12 pour cent, tandis que les segments de voitures ont connu une très légère hausse de 0,01 pour cent après une baisse équivalente la semaine précédente. Ceci témoigne d’un marché stable, du moins pour l’instant.

La semaine du 5 octobre, certaines facettes de notre économie éprouvée ont tout de même reçu des nouvelles positives. Vendredi dernier en effet, Statistique Canada a publié son Enquête sur la population active (EPA) fort attendue pour septembre, faisant état de l’ajout de de 378 000 emplois, ce qui représente une hausse de 2,1 pour cent. L’économie est maintenant à 720 000 emplois près de son niveau d’avant-crise de février. Le mois dernier, toutes les provinces sauf le Nouveau-Brunswick et l’IPÉ ont vu augmenter leur taux d’emploi, les gains les plus important ayant été notés en Ontario et au Québec.

Le taux de chômage national a baissé pour le quatrième mois consécutif en septembre, soit de 1,2 points pour atteindre 9,0 pour cent. Au total, 1,8 millions de Canadiens se trouvaient sans emploi en septembre, soit 214 000 (-10,5 pour cent) de moins qu’en août, poursuivant la tendance à la baisse des quatre derniers mois par rapport au taux de chômage record de 2,6 millions de Canadiens enregistré en mai.

La proportion de Canadiens touchant la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ou les prestations d’Assurance-emploi normales a baissé de 16,1 pour cent en août à 13,5 pour cent en septembre. Statistique Canada conclut qu’alors que certaines industries ne sont pas près de revenir à leurs niveaux d’emploi d’avant-crise, certains secteurs, dont la fabrication, ont presque entièrement récupéré.

La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé des nouvelles positives pour les entreprises qui louent leurs locaux. La Subvention d’urgence du Canada pour le loyer fournira en effet des fonds pouvant atteindre 65 pour cent des coûts de location ou d’hypothèque pour les entreprises dont les revenus sont réduits, selon une échelle des pertes subies. Les entreprises forcées de fermer leurs portes en raison des restrictions d’ordre public recevront une subvention complémentaire de 25 pour cent. La nouvelle subvention pour le loyer se poursuivra jusqu’en juin 2021 et les demandes peuvent être faites de façon rétroactive au 27 septembre. Le gouvernement a également annoncé la prolongation jusqu’en juin 2021 de sa Subvention salariale d’urgence, ce qui est une bonne nouvelle pour les détaillants de voitures confrontés à la chute des ventes qui affecte l’ensemble de l’industrie.

Les nouvelles positives se poursuivent pour la semaine dernière du côté des déclarations de faillites, dont le nombre au Canada a atteint son niveau le plus bas depuis 1996. Les divers programmes d’aide du gouvernement ainsi que les conditions plus clémentes des prêteurs ont permis à de nombreux ménages de se tenir hors de la zone de danger financier pendant la crise. En août, 6 464 consommateurs ont déclaré faillite, ce qui représente une baisse de 42,7 pour cent par rapport à la même période l’an dernier.

Comme l’a annoncé la CBC la semaine dernière, il semble qu’un autre secteur de l’économie soit aux prises avec des pénuries de produits neufs et usagés : les électroménagers. Durant une récession, les ventes de produits que les économistes appellent les biens de consommation durables, qui comprennent les véhicules et les gros appareils ménagers, baissent de façon marquée. Toutefois, les magasins d’électroménagers connaissent une forte demande pour ces produits ainsi que des problèmes généralisés de chaîne d’approvisionnement. Ceci a entraîné des pénuries de produits et des commandes en souffrance à l’approche de la période des Fêtes. Selon les détaillants, c’est la combinaison d’une hausse du nombre de projets de rénovation domiciliaire, de nouvelles constructions, de ristournes pour les appareils à haute efficacité énergétique ainsi que de la demande accumulée en raison de la fermeture de magasins qui est à l’origine de ventes record. Les consommateurs, qui semblent disposés à dépenser, doivent maintenant faire face à des stocks limités et à des délais d’attente très longs. On dit que la pénurie d’électroménagers pourrait devenir ingérable avec la pandémie qui continue d’empirer dans de nombreuses régions du monde. Il semble que la situation des laveuses, sécheuses et réfrigérateurs ne soit pas très différente de celle des véhicules automobiles.

APERCU DU MARCHÉ DE GROS ACTUEL

L’équipe d’analystes du Canadian Black Book combine plus de 70 années d’expérience et de connaissances dans le domaine de l’automobile. En communication constante avec les détaillants, les marchands, les sociétés de financement et les fabricants de véhicules, nos analystes observent les prix afin de suivre le marché de manière indépendante et de produire des mises à jour quotidiennes. Notre personnel de recherche assiste également chaque jour (de façon virtuelle en ce moment) aux principales ventes aux enchères au Canada.

Perspectives de ventes aux enchères

• Les activités du marché de gros canadien des véhicules d’occasion continent de s’opérer essentiellement en ligne en raison des restrictions nationales en matière de santé et de sécurité en lien avec la COVID-19.
• À l’heure actuelle les principaux encans permettent aux acheteurs potentiels de visiter le terrain en vue de la vente, mais les enchères se font exclusivement en ligne.
• On ne sait toujours pas à quel moment les acheteurs pourront revenir aux enchères en personne. Ces ventes dans les grands marchés attirent des centaines de participants, ce qui ne serait pas permis en vertu des diverses restrictions gouvernementales.

Volume de ventes aux enchères

À la mi-octobre, l’équipe du CBB note que les volumes de ventes aux enchères canadiennes demeurent stables d’une semaine à l’autre. Le volume des enchères ouvertes reste plus faible que la normale pour cette époque de l’année, ce en raison du nombre réduit de retours de bail et, de façon générale, du nombre réduit de véhicules vendus en gros. Nombre de concessionnaires conservent les véhicules à la fin du bail ou à l’échange plutôt que de les envoyer aux enchères. De plus, une grande partie du volume envoyé aux enchères est traité par les encans fermés en amont ainsi que par d’autres plateformes de vente numériques, ce qui laisse moins de véhicules pour les enchères ouvertes.

Nos analystes notent que l’approvisionnement en véhicules d’occasion demeure faible. Une récente enquête menée auprès des marchands ontariens par le Conseil ontarien de commerce des véhicules automobiles (COCVA) indique que 78 pour cent d’entre eux disent avoir de la difficulté à trouver des produits neufs et usagés. Le nombre de jours de rotation des véhicules usagés annoncés en vente par les détaillants a à nouveau baissé de trois jours la semaine dernière, portant la moyenne mobile de 14 jours à 46 jours. Ce chiffre a connu une baisse de 40 pour cent depuis la fin de mai.

Les pénuries de stocks touchent également les véhicules neufs. Normalement en octobre, l’industrie serait en train de faire la transition à l’année-modèle suivante. Cette année toutefois, de nombreux modèles 2021 seront retardés. Ces retards, ajoutés aux perturbations de la production de 2020, créent de l’incertitude quant l’approvisionnement en véhicules neufs et pourrait créer une pression temporaire pour les ventes de véhicules d’occasion, car les détaillants chercheront à compenser la perte de transactions portant sur des véhicules neufs. Dans un récent rapport, J.D. Power note que le nombre de jours de rotation pour les voitures neuves a baissé de plus de 108 jours en mai à environ 68 jours en septembre, ce qui représente un déclin remarquable.

Taux de vente aux enchères

Le taux de succès des ventes des encans canadiens demeure stable; il n’est pas aussi élevé que ce que nous avons observé cet été, mais il demeure supérieur à la normale. En moyenne, le taux de vente observé la semaine dernière était d’environ 70 pour cent. Nous avons noté que des acheteurs américains situés à plus de 3 000 km de distance ont enchéri et acheté plusieurs unités en Ontario.

La participation aux encans en ligne demeure vigoureuse. Notre équipe note qu’il est maintenant normal de voir plus de 150 acheteurs potentiels participant à une même vente.

TENDANCES ACTUELLES DES PRIX DE GROS

Pour la semaine du 5 octobre, l’équipe du Canadian Black Book a noté des fluctuations de valeurs très semblables dans l’ensemble à celles de la semaine précédente. Ceci témoigne d’un marché plus stable, du moins pour l’instant. Nous avons noté des valeurs pratiquement inchangées pour les voitures et en hausse pour les camions identiques à celles de la semaine d’avant. Les valeurs de gros des segments de voitures ont augmenté de 0,01 pour cent, et celles des camions ont gagné 0,12 pour cent. Les valeurs de gros des voitures sont relativement plates depuis maintenant un mois, après cinq semaines de gains. Du côté des camions, le marché voit une croissance depuis deux semaines après deux semaines de légers déclins.

Des neuf segments de voitures, cinq ont augmenté et quatre ont diminué cette semaine. La hausse la plus marquée a été enregistrée par le segment des voitures de luxe d’entrée de gamme à 0,25 pour cent. La seconde place est occupée par les voitures intermédiaires avec un gain de 0,18 pour cent, et la troisième va aux voitures de luxe, qui a connu une augmentation de 0,14 pour cent pour la semaine.

Quatre segments de voitures ont baissé la semaine dernière; la chute la plus marquée, soit 0,63 pour cent, a été enregistrée par les voitures pleine grandeur. Le segment des voitures sous-compactes a pour sa part subi un recul de 0,36 pour cent, ce qui est beaucoup moins marqué que celui de 1,13 pour cent la semaine précédente. Ce segment subit une baisse depuis cinq semaines, de l’ordre de plus de 0,50 pour cent en moyenne chaque semaine. Le prix moyen de l’essence à l’échelle nationale étant actuellement de 1,04 $ le litre, ce segment n’a pas le même attrait qu’il avait il y a à peine 18 mois, lorsque l’essence se détaillait à plus de 1,30 $ le litre. Les voitures de luxe haut de gamme ont perdu 0,20 pour cent pour la semaine, neutralisant ainsi le gain de 0,16 pour cent obtenu la semaine dernière.

Les valeurs de gros des segments de camions du marché canadien ont augmenté en moyenne de 0,12 pour cent cette semaine, soit un pourcentage identique à celui de la semaine précédente. Ces deux semaines consécutives de mouvement positif viennent à la suite de deux semaines de légers déclins de 0,02 et 0,07 pour cent respectivement. Huit segments de camions ont vu leurs valeurs augmenter pour la semaine du 5 octobre. En première place vient le segment des VUS pleine grandeur, qui a gagné 0,50 pour cent, suivi de celui des fourgonnettes compactes, qui ont pris 0,30 pour cent, puis des camionnettes pleine grandeur avec un gain de 0,29 pour cent. Ceci marque la dixième semaine consécutive de mouvement positif pour le segment toujours populaire des camionnettes pleine grandeur, qui n’a pas connu de revers depuis juillet, ce qui témoigne du fait que ces véhicules sont en très en demande, tant au Canada que pour l’exportation aux États-Unis. Le déclin le plus marqué, soit 0,27 pour cent, a été enregistré par les camionnettes compactes. Les VUS sous-compacts de luxe ont perdu 0,13 pour cent, et les VUS compacts, 0,09 pour cent la semaine dernière.

Les prix du marché se sont stabilisés au cours du mois qui a suivi la Fête du Travail. Nous avons en effet noté des fluctuations hebdomadaires beaucoup plus faibles des prix de gros. Pour les segments de camions, la variation moyenne a été de 0,07 pour cent au cours des quatre dernières semaines, et celle des voitures, de seulement 0,03 pour cent. On peut observer ces modestes rajustements dans le graphique ci-dessous, provenant de l’un de nos outils d’analyse exclusifs, le Canadian Black Book Visual Analytics. Le graphique (Canada – pourcentage pondéré de changement dans la valeur du segment des modèles de deux à huit ans) illustre les tendances hebdomadaires des valeurs de gros, en fonction de transactions provenant du marché de gros canadien, recueillies et analysées par notre équipe.

Les voitures sont illustrées en bleu et les camions en rouge (comprend fourgonnettes, VUS et camionnettes). En avril de cette année, les valeurs ont accusé une forte chute en raison du bouleversement entraîné par la pandémie. L’on se souviendra que c’est le moment où les marchands d’un bout à l’autre du Canada ont été obligés de fermer leurs portes en raison de restrictions, ou l’ont fait volontairement.

Notre équipe prévoit que le marché canadien volatil de l’automobile verra de nouvelles baisses de valeurs avant de se stabiliser vers la fin de 2020 et au début de 2021.

COMPARAISON ENTRE LES MARCHÉS CANADIEN ET AMÉRICAIN

La semaine dernière, le marché américain a à nouveau connu des baisses dans les segments de voitures et de camions. Les valeurs de gros des camions ont reculé pour la cinquième semaine d’affilée, accusant une perte de 0,34 pour cent. Il s’agit de la baisse la plus marquée des prix des camions américains depuis la semaine du 15 mai, où les prix avaient chuté en moyenne de 0,62 pour cent. Avant cette série de réductions, les segments de camions américains avaient enregistré 15 semaines consécutives de gains.

Les segments de voitures aux États-Unis ont également connu un recul important la semaine dernière, de l’ordre de 0,92 pour cent. Il s’agit de la baisse la plus importante depuis la chute de 1,32 pour cent enregistrée la semaine du 1er mai. Ceci est la sixième semaine consécutive de pertes pour les voitures chez nos voisins du sud. La tendance récente est soutenue et plus marquée comparativement aux segments de camions.

La semaine dernière le dollar canadien a gagné un cent par rapport à la semaine précédente, terminant la semaine à 0,7613 $US. Comparativement à il y a un mois, le dollar demeure essentiellement inchangé, la différence n’étant que de 0,002 $. Toute dépréciation du dollar canadien profite à ceux qui exportent des véhicules du Canada aux États-Unis. La demande de véhicules pour l’exportation contribue à préserver la force et la stabilité des valeurs canadiennes. Un dollar canadien plus vigoureux rend les voitures d’occasion canadiennes plus coûteuses et donc un peu moins désirables pour les acheteurs américains.

Tel que noté, les valeurs du marché de gros américain ont continué de s’affaiblir la semaine dernière. Au Canada nous n’avons pas vu ce déclin. Toutefois, tout au long de cette crise l’évolution du marché américain a souvent été un indicateur important de la situation à venir au Canada quelques semaines plus tard.

PRÉVISIONS DE PRIX POUR LES VÉHICULES D’OCCASION EN GROS

Les prix de gros canadiens ont vu une catégorie (camions : +0,12 pour cent) réaliser des gains raisonnables cette semaine, et une autre (voitures : +0,01 pour cent) demeurer presque au point mort. Ces changements de valeurs ne sont pas exceptionnellement marqués, ce qui est la tendance depuis un mois, après une série d’augmentations dans le marché canadien. Avant ce changement, les camions avaient vu des hausses de valeur pendant huit semaines, et les voitures, pendant cinq semaines.

Si l’on regarde les mois précédents, l’on se souviendra que les prix de gros avaient baissé de 0,99 pour cent en mars, de 3,58 pour cent en avril, d’un peu plus de 3 pour cent en mai, et qu’ils sont demeurés stables en juin. Pour juillet, les valeurs ont augmenté de 3,18 pour cent, soit 3,20 points d’indice, ce qui est remarquable. En août, on a enregistré un autre gain record, soit 3,73 points d’indice ou 3,60 pour cent. Il s’agit de l’augmentation la plus importante de toute l’histoire de l’Indice de la valeur retenue du Canadian Black Book, qui existe depuis 2005. Pour septembre, l’Indice a gagné 1,5 pour cent et se situe aujourd’hui à 0,7 pour cent de plus qu’il y a un an, ce qui porte l’Indice du CBB à un point haut record de tous les temps de 109.

Avec une demande beaucoup plus faible du côté du détail ainsi qu’une hausse prévue de l’approvisionnement en véhicules d’occasion, nous prévoyons une baisse marquée des prix de gros à l’automne et à l’hiver comparativement aux sommets vus au cours des derniers mois. Ceci sera suivi d’une reprise plus durable et d’une stabilité accrue des valeurs, en fonction de la conjoncture économique générale et de la demande de véhicules.

Prévisions à court terme (été-automne 2020)

Nous projetons que les prix de gros continueront de s’affaiblir par rapport à la base de référence d’avant-crise pour l’automne et l’hiver pendant que l’économie canadienne subira les effets dévastateurs de la COVID-19. En août, nous avons révisé nos prévisions en fonction des signes positifs observés dans les tendances de prix des véhicules d’occasion. Nous prévoyons tout de même que les prix de gros seront inférieurs en moyenne de 10 pour cent aux prévisions d’avant-crise du printemps 2020 pour les mois qui restent en 2020. Nous nous attendons à ce que les diminutions se poursuivent durant l’automne et que la reprise commence au début de 2021.

Nous prévoyons que les segments de voitures baisseront de 13 pour cent durant cette période. Toutefois, nous nous attendons à ce que les camionnettes et VUS ne perdent pas autant de terrain, soit seulement 8 pour cent. Il s’agit d’une révision optimiste de nos prévisions, effectuée à la mi-août, lorsque la reprise des valeurs s’est avérée plus forte et plus précoce que prévue.

Nous anticipons également que les véhicules plus anciens (plus de six ans), moins coûteux et de condition moyenne ne connaîtront pas une baisse aussi importante en raison de l’accroissement de la demande pour ces unités. L’on s’attend à ce que de nombreux consommateurs recherchent un mode de transport fiable à faible coût. Le coronavirus et la distanciation sociale pousseront également certains utilisateurs des transports en commun ou du covoiturage à acheter une voiture, ce qui fera augmenter les ventes de l’industrie.

Prévisions à long terme (valeurs résiduelles après 36 mois, été-automne 2023)

Les effets de la pandémie continueront à se faire sentir au cours des trois prochaines années. Toutefois, nous prévoyons que les valeurs résiduelles retrouveront leurs niveaux d’avant-crise à mesure que l’approvisionnement en véhicules d’occasion s’amenuisera en raison de la perte de ventes au détail et aux parcs automobiles durant le reste de 2020 et en 2021.

SECTEUR DU DÉTAIL

Prix de détail

L’arrivée des températures plus fraîches entraîne également un rafraîchissement des prix du marché. À nouveau cette semaine, les prix de gros des voitures sont demeurées stables et ceux des camions ont connu des gains modestes. Au détail, les prix demandés ont commencé à augmenter légèrement après une forte tendance baissière qui a débuté en juin. Actuellement, on assiste à un faible rebond des prix demandés, soit un peu moins de 200 $. Chose intéressante, avant le récent rebond, pendant trois mois la courbe à la baisse des prix de détail allait complètement à l’inverse de celle des prix de gros.

Nous étions d’avis que les marges des détaillants canadiens sur les véhicules d’occasion avaient subi des pressions énormes. Le bénéfice brut au détail a été fort comprimé durant la pandémie; nous estimons qu’il a baissé d’un peu plus de 900 $. Durant la même période, le CBB a noté que le nombre de jours de rotation des stocks demeurait considérablement moindre que plus tôt durant la pandémie. Pour la semaine écoulée, la moyenne mobile de 14 jours de jours de rotation des véhicules usagés a diminué de trois jours pour se situer 46 jours. La conclusion demeure que les détaillants liquident leurs stocks très rapidement, mais à des niveaux de bénéfice brut beaucoup plus faibles comparativement à ce qui prévalait en juin.

Voici une analyse du CBB des véhicules mis en vente par les détaillants canadiens. Celle-ci n’inclut pas les véhicules offerts en vente par leurs propriétaires. Les prix demandés indiqués ne reflètent pas nécessairement le prix final d’une transaction, car le détaillant dispose de souplesse pour chaque vente. Les commentaires reçus du marché continuent d’indiquer que l’offre de véhicules d’occasion en bon état est insuffisante. À mesure que l’approvisionnement augmentera au cours des mois qui viennent, nous prévoyons que les prix de gros et les prix de détail demandés baisseront.

Perspectives de ventes au détail

• Selon l’estimation de Desrosiers Automotive Consultants, les ventes de véhicules légers neufs ont augmenté de 2,4 pour cent en septembre 2020 comparativement à la même période l’an dernier.
• À la fin du troisième trimestre, l’ensemble de l’industrie a déclaré une importante chute des ventes, soit 23,7 pour cent.
• D’ici la fin de 2020, et en fait jusqu’au déploiement à grande échelle d’un vaccin efficace contre la COVID-19, le marché mondial des véhicules neufs continuera d’être perturbé en raison du bouleversement dans l’approvisionnement de voitures et de pièces neuves.
• Nos clients continuent d’indiquer que la pénurie de certains véhicules sera un problème au cours des mois qui viennent. Ceci est attribuable aux événements qui ont perturbé l’assemblage de véhicules et la fabrication de pièces à l’échelle mondiale, ainsi qu’à la réduction des prévisions faites au printemps 2020 lorsque la crise était à son apogée.

Perspectives de ventes de véhicules neufs

Nos perspectives de ventes de véhicules neufs demeurent inchangées par rapport à notre dernière mise à jour. Nous continuons de prévoir une réduction marquée des ventes de véhicules neufs au Canada en 2020 (détail et parcs) en raison de la baisse de la demande dans son ensemble. Ceci est attribuable à plusieurs facteurs, y compris le fait que les gens conduisent moins en raison du télétravail et des restrictions, le taux de chômage élevé ainsi qu’une forte érosion de la confiance des consommateurs. Tous ces facteurs ont un effet négatif sur la demande des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs ont accusé une chute de 23,7 pour cent au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière.

Selon notre scénario économique de base (A), nous prévoyons une baisse de 25 pour cent (par rapport aux prévisions d’avant-crise) des ventes de véhicules neufs en 2020 pour atteindre 1,436 millions d’unités. Selon le scénario de récession grave (B), nous prévoyons une baisse de 40 pour cent des ventes de véhicules neufs en 2020, lesquelles se chiffreront à 1,149 millions d’unités. Pour l’instant, en fonction du progrès réalisé dans la lutte contre le virus au Canada et des résultats de ventes jusqu’à présent, il semble que ce second scénario ne se produira pas. À plus long terme, nous prévoyons que le volume de vente de véhicules neufs reviendra à son niveau d’avant-crise d’ici cinq ans. Notre scénario A demeure le plus probable, malgré une résurgence du virus. À moins que des mesures de confinement sévères ne soient imposées, c’est le scénario qui devrait se produire.

Bien que l’on puisse s’attendre à la réimposition de mesures de distanciation sociale et autres, on ne prévoit pas la fermeture à grande échelle des activités de vente et de service des détaillants.

PRÉVISIONS DE L’OFFRE DE VÉHICULES D’OCCASION

Le Canadian Black Book anticipe une offre plus élevée de véhicules d’occasion sur le marché de gros pour les mois d’automne-hiver en raison de divers facteurs :

• Nos mesures de marché indiquent que le taux moyen de rotation des véhicules usagés était de 46 jours la semaine dernière, soit trois jours de moins que la semaine précédente, et considérablement moins que la durée de 73 jours enregistrée au début de juin.
• De nombreux mois de ventes réduites et la diminution des échanges qui en a résulté ont eu pour effet de restreindre le nombre de véhicules disponibles pour l’achat et la vente sur le marché de gros.
• Le CBB considère qu’il s’agit là d’une situation temporaire et que l’approvisionnement s’améliorera au cours des mois qui viennent, surtout à mesure que le nombre de retours de location et de reprises de possession commencera à augmenter.
• Les retours de bail retardés en raison des prolongations de bail offertes par les équipementiers continuent d’arriver sur le marché, mais en moins grand nombre que plus tôt cet été.

Prévisions à court terme des retours de bail

Au début de 2020, on prévoyait qu’un volume record de 400 000 baux arriverait à échéance. Lorsque la pandémie a frappé et que la fabrication a presque entièrement cessé, les équipementiers ont déployé des efforts pour prolonger les baux afin de repousser les retours plus loin en 2020 et d’être en mesure de fournir des véhicules de remplacement.

Ces véhicules ont commencé à revenir sur le marché et ce processus se poursuivra tout au long de l’automne. Pour cette raison, nous anticipons l’arrivée sur le marché d’au moins 60 pour cent d’unités additionnelles au cours de la seconde moitié de 2020 (comparativement aux estimations d’avant-crise) en raison du ralentissement des ventes en mars, avril et mai ainsi que des retours de véhicules suite aux prolongations de bail.

Retour de véhicules de location

L’industrie du voyage demeure durement touchée par la crise de la COVID-19 et le fait que consommateurs ont coupé leurs dépenses de voyage. Dans le discours du Trône de septembre, le gouvernement fédéral a annoncé un soutien financier pour les lignes aériennes régionales, ce afin que l’industrie puisse continuer à fournir des services régionaux abordables aux Canadiens, de nombreux transporteurs ayant annulé de leurs itinéraires. Certaines compagnies comme Porter Airlines, qui desservait principalement l’est du pays et certaines destinations américaines, demeurent complètement fermées mais prévoient une reprise du service à la mi-novembre.

Un programme d’aide gouvernementale pourrait aider à créer de la demande pour le transport aérien, ce qui entraînerait une hausse de la demande pour l’industrie de la location de voitures.

Le secteur du voyage continue de subir la plus importante crise jamais connue en raison de la pandémie. Les voyages aériens par les visiteurs internationaux au Canada ont diminué de 95 pour cent en 2020. La frontière entre le Canada et les États-Unis demeurant fermée au moins jusqu’au 21 octobre, le nombre de ces visiteurs est très limité.

En juin, le dernier mois pour lequel Statistique Canada a publié des données, seuls 3,1 pour cent des visiteurs internationaux ont été accueillis en raison des restrictions ici et à l’étranger. Statistique Canada a récemment indiqué que le nombre de passagers prenant l’avion au Canada avait atteint son niveau le plus bas en 40 ans.

Résultat, les entreprises de location de voiture aux aéroports ont vu leur volume chuter considérablement. Elles ont connu une hausse de leurs activités locales, par exemple des résidents qui louent une voiture pendant que leur véhicule est en réparation, ou pour voyager au Canada.

Durant une année normale au Canada, environ 200 000 véhicules sont vendus aux entreprises de location, ce qui représente un peu plus de 10 pour cent du volume total de l’industrie. Ces entreprises gardent généralement ces véhicules pendant 12 à 18 mois, puis les envoient sur le marché de la revente. Étant donné la tendance actuelle de la demande dans ce domaine, la réduction des voitures de location pourrait bien dépasser 100 000 unités en 2020, ce qui comptera pour plus de 5 pour cent de la perte d’approvisionnement en véhicules d’occasion au Canada.

En raison de cette réduction des activités, le marché ne disposera pas d’autant de retours de location comme source de véhicules légèrement usagés en 2021 et 2022 qu’au cours des années précédentes.

Reprises de possession

Une hausse des activités de reprise de possession est prévue avant la fin de cette année, ce qui est certainement l’un des effets secondaires regrettables de la pandémie. Du côté positif, cette situation améliore l’approvisionnement en véhicules d’occasion pour le marché de gros. Jusqu’à présent cette année, nous n’avons pas vu de hausse marquée des reprises de possession.

Il y a plusieurs raisons au faible taux de reprises de possession. Au début de la crise, les prêteurs ont offert des mesures d’allégement à leurs clients, allant de 30 jours dans certains cas à jusqu’à six mois dans d’autres. Ceci a certainement permis à de nombreux consommateurs de se remettre financièrement et de recommencer à faire leurs versements. Même pour ceux qui sont en retard dans leurs versements, il semble que de nombreux prêteurs mettent en place un calendrier de remboursement pour éviter la reprise du véhicule.

Les divers programmes d’aide du gouvernement ont aidé les consommateurs qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie à assurer leurs paiements automobiles. Cette aide a contribué à réduire le nombre de reprises de possession et, par conséquent, l’approvisionnement du marché de gros. Si le gouvernement fédéral réduit ses programmes d’aide d’urgence de façon importante, l’on peut s’attendre à voir une augmentation des reprises de possession.

Les professionnels de ce secteur préparent leurs opérations en fonction de ces prévisions et, dans certains cas, sont en train d’embaucher et de former du personnel pour répondre à la demande attendue d’ici la fin de 2020.

Au sujet du Canadian Black Book

Depuis bientôt 60 ans, le Canadian Black Book offre à l’industrie canadienne de l’automobile, une source à la fois fiable et impartiale d’information sur la valeur des véhicules. Aujourd’hui, l’entreprise est au premier rang des fournisseurs de données sur la valeur des véhicules, les prévisions de valeurs résiduelles et le décodage des NIV. Les outils et l’information du Canadian Black Book sont considérés comme « l’autorité » en matière de valeur des véhicules, non seulement par les concessionnaires et les fabricants automobiles, mais également par les secteurs du financement à long terme, de l’assurance et du marché de gros. En 2020 le Canadian Black Book lance son service Enhanced Vehicle Matching (EVM), une technologie qui permettra à l’industrie de décoder de façon plus uniforme les NIV à 17 chiffres et de les jumeler à un ensemble spécifique de caractéristiques afin de pouvoir faire une évaluation plus précise de chaque véhicule.

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