COVID-19 Mise à jour sur le marché 14 juillet 2020

July 16 2020
CBB

RÉSUMÉ

Les dernières statistiques publiées le week-end dernier font état de progrès notoires dans la lutte contre la COVID-19 au Canada, qui compte actuellement 27 000 cas actifs du virus. On a déclaré 221 nouveaux cas samedi, ce qui représente un peu plus du dixième des totaux quotidiens enregistrée en avril et en mai. Ceci témoigne des efforts fournis par nos travailleurs médicaux de première ligne ainsi que de la façon dont le public a su s’adapter à une nouvelle façon de vivre. Une proportion importante des nouveaux cas, soit près de 60 pour cent, ont été déclarés en Ontario. De nombreuses villes et régions ontariennes obligeant désormais le port du masque dans les endroits publics, on s’attend à ce que la propagation du virus continue à diminuer. Le succès de notre nation dans la lutte contre le virus et la prévention de nouvelles vagues a un impact direct sur la santé économique du Canada et sur l’état de l’industrie automobile.

Chaque semaine, nous analysons et publions l’évolution des valeurs des véhicules des années modèle 2012 à 2018. Des ajustements sont apportés à ces données pour compenser les changements dans l’état des véhicules, ceci pour empêcher que le kilométrage des véhicules n’influence les paramètres utilisés pour mesurer l’évolution des valeurs. Si l’on ne tient pas compte de ce facteur, on peut avoir l’impression que les valeurs des véhicules d’occasion s’améliorent, alors que c’est la qualité des véhicules qui s’améliore. Étant donné que les gens font beaucoup moins de kilométrage, on peut raisonnablement s’attendre à une baisse du kilométrage moyen par ménage cette année. La semaine dernière, nous avons vu les prix de gros demeurer remarquablement stables. La catégorie des voitures a connu une baisse de seulement 0,03 pour cent après deux semaines de gains. Des neuf segments de voitures, cinq ont affiché une hausse et quatre une baisse pour la semaine. Le meilleur gain, soit 0,60 pour cent, a été enregistré par la catégorie des voitures de luxe d’entrée de gamme. La baisse la plus marquée, soit -0,86 pour cent, provient de la catégorie des voitures de luxe haut de gamme.

La catégorie des camionnettes a également connu un léger déclin, soit -0,05 pour cent, après un gain de 0,18 pour cent enregistré la semaine dernière. Des 13 segments de camionnettes et VUS suivies par le Canadian Black Book, sept ont diminué et six ont augmenté pour la semaine. La catégorie des VUS sous-compacts de luxe a affiché le gain le plus marqué, soit 0,74 pour cent, et celle des VUS pleine grandeur est arrivée dernière avec une perte de valeur de 0,40 pour cent.

La récente décélération du déclin des valeurs est due en partie à certaines pénuries d’approvisionnement dans le marché, lesquelles seront temporaires. À mesure que les marchants reprennent leurs activités, les stocks diminuent car de plus en plus de véhicules sont vendus. Mais avec l’arrivée à terme de baux plus nombreux, les reprises de possession qui recommencent et la liquidation de certains parcs de véhicules, nous prévoyons une augmentation de l’offre tant du côté du gros que du détail.

Un élément perturbateur important pour le marché des véhicules d’occasion, que nous surveillons de très près, est l’impact du nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) sur le commerce. Avec l’entrée en vigueur de nouvelles règles et l’invalidation de la certification ALÉNA, qui permettait à certains véhicules de traverser la frontière sans tarifs douaniers, nous nous attendons à un impact sur les prix de gros de certains véhicules d’occasion au Canada. Il est en effet prévu que les véhicules fabriqués aux États-Unis seront traités comme des biens retournant dans leur pays d’origine et qu’ils pourront passer la frontière sans taxes. Si un exportateur n’est pas en mesure de prouver au gouvernement américain qu’un véhicule exporté est conforme aux nouvelles règles de l’ACEUM, celui-ci sera assujetti à une taxe à l’importation. Pour la plupart des véhicules de tourisme fabriqués à l’extérieur des É.-U., le tarif serait de 2,5 pour cent de la valeur déclarée, mais pour les camionnettes et les fourgonnettes/VUS à deux sièges, le tarif serait de 25 pour cent. C’est donc que les véhicules dont le NIV commence par 2 (pour le Canada) ou par 3A à 3W (pour le Mexique) seraient de piètres candidats à l’exportation vers le marché américain.

Si le marché canadien n’est pas en mesure d’absorber ces véhicules indésirables pour l’exportation, les valeurs de gros vont baisser. Ceci pourrait être une bonne nouvelle pour nombre de détaillants canadiens qui, depuis des années, sont surenchéris lorsqu’ils tentent d’acquérir des camionnettes à l’encan. Les véhicules de cette catégorie fabriqués au Mexique ou au Canada demeureront sans doute dans leur pays d’origine, à moins que les exportateurs ne puissent en prouver la conformité à l’ACEUM, ce qui risque d’être pratiquement impossible sans le soutien direct des équipementiers.

La semaine dernière, le gouvernement fédéral canadien a produit son Portrait budgétaire, lequel fait état de l’étendue des dommages causés à l’économie et aux livres du gouvernement par la pandémie de COVID-19. On prévoit deux millions de Canadiens au chômage et une croissance lente jusqu’à la fin de 2021. Pour 2020, le gouvernement estime que le taux de chômage atteindra 9,8 pour cent, puis qu’il baissera à 7,8 pour cent l’année prochaine, selon les prévisions d’économistes du secteur privé. Vers la fin juin, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) avait versé 53,5 milliards de dollars en prestations. Ceci couvre les 44,6 milliards de dollars que l’on estime que les Canadiens ont perdu en revenus de travail au cours des six premiers mois de l’année. Il est prévu que le déficit public atteindra le niveau historique de 343,2 milliards de dollars. Jusqu’à présent, les coûts liés à la COVID-19 se chiffrent 231,9 milliards en dépenses directes, et le déficit est comparable à ceux connus durant la Seconde Guerre mondiale.

Un rétablissement complet n’est pas considéré comme possible tant qu’un vaccin ou un traitement efficace ne sera pas mis au point et à la disposition de l’ensemble de la population. Le gouvernement fédéral craint que la pandémie n’empire si deux scénarios se produisent. Si les fermetures ou les restrictions demeurent en place de façon prolongée, le retour à la normale pour l’économie sera incertain et plus lent que l’on ne l’aimerait. Ceci entraînera une chute plus prononcée du PIB que ce qui est déjà prévu. S’il se produit une second vague du virus au Canada durant la saison annuelle de la grippe, le ministère des Finances estime que les fermetures entraîneraient un impact négatif plus profond et plus prolongé sur l’économie. Cette perspective coïncide avec le scénario le plus probable ainsi que le scénario de récession grave des prévisions de valeurs résiduelles du CBB. En fonction de l’état actuel du virus au Canada, nous avons bon espoir que le scénario le plus probable prévaudra. Toutefois, si nous ne réussissons pas à gérer la crise de façon efficace, le scénario de récession grave pourrait bien se réaliser.

APERCU DU MARCHÉ DE GROS ACTUEL

L’équipe d’analystes du Canadian Black Book combine plus de 70 années d’expérience et de connaissances dans le domaine de l’automobile. En communication constante avec les détaillants, les marchands, les sociétés de financement et les fabricants de véhicules, nos analystes observent les prix afin de suivre le marché de manière indépendante et de produire des mises à jour quotidiennes. Notre personnel de recherche assiste également chaque semaine (de façon virtuelle en ce moment) aux principales ventes aux enchères au Canada.

Perspectives de ventes aux enchères

• Les diverses ventes aux enchères électroniques ont pratiquement l’exclusivité du marché de gros au Canada.
• Durant la première semaine complète de juillet, on a continué à voir beaucoup d’activité au bloc. Dans de nombreux cas, le nombre d’acheteurs était près de dix fois celui d’avant la crise.
• Il reste un seul encan physique ouvert au Québec, et deux encans indépendants dans l’Est du Canada.
• Étant donné les nombreuses préoccupations pour la santé et la sécurité des acheteurs et des employés sur les sites de vente aux enchères publics, il pourrait falloir un certain temps avant que les établissements de plus grande taille soient en mesure de vendre des véhicules au bloc.

Volume de ventes aux enchères

La semaine dernière était la première semaine pleine de juillet, et les activités de vente aux enchères ont repris un horaire normal, réalisant ainsi des volumes plus élevés mais encore loin des niveaux normaux d’avant-crise. Nous nous attendons certes à ce que le volume de vente augmente avec le temps et peut-être même qu’il dépasse le niveau estival habituel cette année. De mars à mai, il y a eu très peu d’échanges ou de retours de bail et pratiquement aucune reprise de possession, ce qui a réduit de façon marquée l’offre à l’échelle nationale. Avec la demande accumulée actuelle, les échanges qui reprennent et la hausse des retours de bail et des reprises de possession, le Canadian Black Book prévoit un volume élevé dans l’ensemble au cours des mois qui viennent.

Taux de vente

Pour la semaine écoulée, la tendance aux taux de vente étonnamment élevés s’est maintenue. À l’occasion, notre équipe a observé des encans où les taux étaient plus faibles, mais il reste que des taux de vente de 80 pour cent étaient chose courante la semaine dernière. Les acheteurs s’efforcent de trouver des stocks pour reconstituer leur inventaire, et nous sommes actuellement plutôt optimistes face à l’ensemble du marché. Les mois d’avril à juin sont les mois les plus actifs pour le commerce de détail au Canada, et représentent pour 30 pour cent du chiffre d’affaires annuel. Bien sûr, on ne s’attend pas à observer les variations saisonnières habituelles en 2020. À mesure que le taux de confiance des consommateurs s’améliorera au cours des mois qui viennent, il est fort possible que les taux de vente poursuivent leur remontée d’ici la fin de 2020, sans égard aux normes saisonnières établies.

TENDANCES ACTUELLES DES PRIX DE GROS

Ensemble du marché

Les valeurs pondérées en fonction du volume, toutes catégories confondues, ont baissé de 0,03 pour cent au cours de la dernière semaine pour les modèles 2012 à 2018. Cet ajustement négatif est important car il démontre que la stabilité des prix s’est poursuivie pour une deuxième semaine consécutive après plus de trois mois de déclin marqué. Une augmentation de 0,02 pour cent avait été enregistrée la semaine dernière. Des neuf segments de voitures, quatre ont augmenté et cinq ont diminué. Les baisses les plus marquées ont été enregistrées aux deux extrémités de la fourchette de prix. Les voitures de luxe haut de gamme ont perdu 0,86 pour cent pour la semaine, et les voitures sous-compactes ont chuté de 0,46 pour cent. La catégorie des voitures de luxe d’entrée de gamme a mené le bal avec une hausse de 0,60 pour cent pour la semaine.

En pondérant les valeurs en fonction du volume, l’ensemble de la catégorie des camionnettes (y compris camionnettes, VUS et fourgonnettes) a affiché des résultats semblables à ceux des voitures. Le marché s’est maintenu avec une baisse modeste de 0,05 pour cent, par opposition aux chutes marquées vues précédemment. Les résultats de la semaine dernière n’ont pas poursuivi la tendance de la semaine précédente, où l’on avait observé un gain impressionnant de 0,18 pour cent. Les semaines qui viennent confirmeront si les valeurs des camionnettes demeureront stables ou continueront de baisser, ce qui est prévu par le Canadian Black Book. Les 13 segments des camionnettes et VUS se sont partagés les résultats la semaine dernière, six réalisant des gains, et sept, des pertes.

L’augmentation la plus marquée de la semaine a été enregistrée par la catégorie des VUS sous-compacts de luxe (0,74 pour cent), les hausses enregistrées dans les autres segments se chiffrant seulement entre 0,01 et 0,10 pour cent. Les baisses les plus importantes ont été observées dans la catégorie des VUS pleine grandeur (0,40 pour cent). Les camionnettes pleine grandeur ont augmenté de 0,10 pour cent la semaine dernière, tandis que les camionnettes compactes ont gagné 0,06 pour cent. En vertu des nouvelles lignes directrices d’exportation de l’ACEUM, les camionnettes et les fourgonnettes à deux sièges fabriquées au Canada et au Mexique seront taxables à 25 pour cent si elles sont exportées aux États-Unis. L’on s’attend à ce que ceci réduise la valeur de ces modèles fabriqués ailleurs qu’aux É-.U., car il est improbable que ceux-ci soient exportés comme véhicules d’occasion dans l’avenir, à moins que les règles de l’ACEUM ne changent.

Le graphique ci-dessous (Canada – pourcentage pondéré de changement dans la valeur du segment des modèles de deux à huit ans) illustre les taux de dépréciation d’une semaine à l’autre pour l’ensemble du marché. Les voitures sont illustrées en bleu et les camionnettes en rouge (comprend fourgonnettes, VUS et camionnettes). Les données commencent en mars 2020, juste avant l’impact du coronavirus. Les trois dernières semaines illustrent un changement marqué dans la tendance des valeurs, comme l’indique clairement le graphique. De mars jusqu’à il y a deux semaines, les déclins hebdomadaires étaient beaucoup plus marqués que la normale dans le marché. Ceci illustre la pression à la baisse sur les prix durant la pandémie. Nous sommes d’avis que la récente remontée des valeurs est temporaire, jusqu’à ce que les niveaux d’approvisionnement du marché de gros soient rétablis.

Regard sur la catégorie des voitures de luxe haut de gamme

Il faut bien le dire, au Canada, les voitures ne sont pas aussi populaires que les camionnettes et les VUS. Cette tendance n’est pas nouvelle. En juin, DesRosiers Automotive Consultants indiquait que pour la première moitié de 2020, les camionnettes légères ont représenté 78,9 pour cent de l’ensemble du marché, alors que les voitures de tourisme n’ont compté que pour 21,1 pour cent. Selon Statistique Canada, c’est en 1960 que les voitures ont enregistré leur plus grande part de marché. Depuis, le choix pour les acheteurs a considérablement augmenté. En 2009 les deux catégories se partageaient le marché à part égale, mais les 11 années qui ont suivi ont vu l’écart s’élargir au détriment des voitures.

Les catégories de luxe ne font pas exception à ce changement fondamental. Les voitures de luxe haut de gamme se font de plus en plus rares sur les routes. Nous incluons dans ce segment les modèles bien connus comme la Mercedes-Benz de Classe S, la BMW Série 7, la Jaguar XJ et l’Audi A8. Ce sont toutes des voitures remarquables, mais leur popularité, mesurée en volume de ventes, continue de décliner à mesure qu’ils sont remplacés par des VUS ultra luxueux et plus spacieux.

Étant donné que ces véhicules sont devenus moins désirables tant dans le marché du neuf que de l’occasion, ils peuvent constituer de bonnes affaires sur le marché secondaire. Ils ne sont certes pas économiques à l’achat, mais ils offrent des rabais considérables comparativement à leur prix de détail suggéré à six chiffres. Après en moyenne quatre ans, ces véhicules retiennent seulement 45 pour cent de leur valeur originale. Il existe toujours un risque de frais d’entretien et de réparation coûteux; il est donc recommandé d’en faire l’acquisition par l’entremise du programme de certification des véhicules d’occasion de l’équipementier, qui conserve une partie de la garantie originale, ou avec une protection supplémentaire d’un assureur du marché secondaire.

La semaine dernière, la catégorie des voitures de luxe haut de gamme a perdu 0,86 pour cent, la chute la plus marquée parmi les voitures, lesquelles n’ont perdu que 0,03 pour cent toutes catégories confondues. Toutefois, ce segment n’a pas semblé céder à la force de gravité exercée par la COVID-19, qui a entraîné les prix à la baisse pour la majorité de l’industrie. Le segment a perdu un seul point à l’indice depuis mars, et seulement 0,3 de point depuis janvier, ce qui en fait l’un des segmentas affichant les meilleurs résultats pour cette période. Le pourcentage de valeur retenue a atteint son point culminant au début de 2018 et n’avait perdu que 7,4 points en juin.

L’an dernier, lorsque nous avons annoncé les gagnants des Prix de la meilleure valeur retenue, c’est la Porsche Panamera qui a remporté la palme dans cette catégorie. La deuxième place a été gagnée par la Mercedes-Benz Classe S, suivie de la Lexus Série LS en troisième position.

Avec le temps, il est possible que cette catégorie disparaisse ou presque. Les équipementiers adaptent actuellement leurs installations pour les véhicules électriques, et l’on prévoit que beaucoup de ces nouveaux modèles seront inspirés des VUS plutôt que des berlines allemandes.

PRÉVISIONS DE PRIX POUR LES VÉHICULES D’OCCASION EN GROS

Impact sur les prix de gros selon le scénario économique le plus probable

Bien que nous ayons vu la baisse des prix ralentir nettement au cours des dernières semaines, l’instabilité entraînée par les impacts de la COVID-19 demeure. Pour juin, notre Indice de la valeur retenue a perdu seulement 0,01 points, ce qui le met à 5,6 pour cent au-dessous de son niveau d’il y a un an. L’on se souviendra que les prix de gros ont baissé de 0,99 pour cent en mars, de 3,58 pour cent en avril et d’un peu plus de 3 pour cent en mai.

Les prévisions du Canadian Black Book reflètent la réalité économique : notre équipe prévoit que les valeurs demeureront bien en deçà des prévisions d’avant-crise pour les deux prochaines années.

Prévisions à court terme (été-automne 2020)

Nous projetons une baisse des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise pour l’été et l’automne pendant que l’économie canadienne subit les effets de la COVID-19. Nous prévoyons que les prix de gros seront inférieurs en moyenne de 17 pour cent aux prévisions d’avant-crise pour le reste de 2020. Cette différence sera plus marquée au cours de l’été, et la reprise commencera au début de 2021. Nous anticipons également que les véhicules plus anciens (plus de six ans), moins coûteux et de condition moyenne ne connaîtront pas une baisse aussi importante en raison de l’accroissement de la demande pour ces unités. L’on s’attend à ce que de nombreux consommateurs recherchent un mode de transport fiable à faible coût. Le coronavirus et la distanciation sociale pousseront également certains utilisateurs des transports en commun ou du covoiturage à acheter une voiture, ce qui fera augmenter les ventes de l’industrie.

Prévisions à long terme (valeurs résiduelles après 36 mois, été-automne 2023)

Les effets de la pandémie continueront à se faire sentir au cours des trois prochaines années. Toutefois, nous prévoyons que les valeurs résiduelles retrouveront leurs niveaux d’avant-crise à mesure que l’approvisionnement en véhicules d’occasion s’amenuisera en raison de la perte de ventes au détail et aux parcs automobiles durant le reste de 2020 et en 2021.

Impact sur les prix de gros selon un scénario de récession grave

Selon ce scénario, nous prévoyons une baisse de 25 pour cent des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise, et une reprise très lente en 2021. Les effets de la pandémie et de la récession continueront d’être ressentis dans 36 mois d’ici, et nous entrevoyons une baisse de 10 pour cent des prix de gros pour l’ensemble du marché par rapport aux prévisions antérieures au virus pour la seconde moitié de 2023. Le facteur qui fera la différence entre le scénario le plus probable et le scénario en cas de récession grave du CBB sera notre capacité de combattre la propagation du virus. Si une ou plusieurs vagues subséquentes particulièrement importantes de COVID-19 nous obligent à fermer à nouveau l’économie, la récession sera encore plus marquée.

SECTEUR DU DÉTAIL

Prix de détail

Au cours de la première semaine de juillet, les prix de détail demandés n’ont que légèrement poursuivi leur tendance à la baisse. Cette analyse est basée sur la revue quotidienne des prix de liste des véhicules des détaillants canadiens. Bien que les prix de gros aient chuté de 7,2 pour cent depuis mars, cette baisse ne se reflète pas dans les prix du marché. Les prix moyens mobiles de 14 jours, indiqués en vert ci-dessous, ont augmenté de près de deux pour cent depuis le début de mai, mais ce n’est que depuis quelques semaines qu’ils ont commencé à faiblir. Nous croyons que les prix de détail demandés décroîtront. En raison de la récession qui sévit, la demande de consommation sera plus faible et l’approvisionnement en véhicules sera plus important en raison des reprises de possession, de la disposition des unités de location et du surplus provenant des retours de bail.

Perspectives de ventes au détail

• Après un mois de juin plus vigoureux où la baisse des ventes enregistrée n’a été que de 16,2 pour cent (une nette amélioration par rapport à la perte de 75 pour cent en avril), nous prévoyons moins de demande accumulée en juillet et en août. Ceci nous permettra de voir plus clairement ce que sera le rythme des ventes d’ici la fin de 2020.
• Nous sommes plus qu’à la moitié de 2020 et les ventes sont inférieures de 34 pour cent à la même période l’an dernier. L’équipe du CBB prévoit que les ventes au détail de voitures neuves termineront l’année à 25 pour cent de moins qu’en 2019.
• L’énorme bouleversement subi par la production de véhicules neufs continuera d’être un facteur en 2020, car les détaillants qui enregistrent de fortes ventes en juin pourraient avoir du mal à s’approvisionner en juillet, jusqu’à ce que la production reprenne à plein régime. La semaine dernière, on a rapporté que Ford estime que les limites actuelles imposées à certaines de ses installations de production au Mexique ne sont viables. Dans ces usines, seule la moitié des employés sont autorisés à travailler à la fois. On peut raisonnablement s’attendre à des pénuries et des arrêts de production jusqu’à ce qu’un vaccin soit mis au point et déployé à grande échelle.

Perspectives de ventes de véhicules neufs

Nos perspectives de ventes de véhicules neufs demeurent inchangées par rapport à notre dernière mise à jour. Nous prévoyons une réduction marquée des ventes de véhicules neufs au Canada en 2020 (détail et parcs) en raison de la baisse de demande des consommateurs. Ceci est attribuable à plusieurs facteurs, y compris le fait que les gens conduisent moins en raison du télétravail et des restrictions, le taux de chômage élevé ainsi qu’une forte érosion de la confiance des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs ont accusé une chute de 34 pour cent au cours des six premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière. Les résultats de juillet et août seront révélateurs, car on prévoit qu’il y aura moins de ventes de véhicules attribuables à la demande accumulée durant ces mois.

Selon notre scénario économique de base (A), nous prévoyons une baisse de 25 pour cent (par rapport aux prévisions d’avant-crise) des ventes de véhicules neufs en 2020 pour atteindre 1,436 millions d’unités. Selon le scénario de récession grave (B), nous prévoyons une baisse de 40 pour cent des ventes de véhicules neufs en 2020, lesquelles se chiffreront à 1,149 millions d’unités. Une récession profonde, si elle se produit, sera entraînée par la prolongation des mesures d’interdiction en raison de vagues multiples de COVID-19. À plus long terme, nous estimons que le volume de vente de véhicules neufs reviendra au niveau d’avant-crise d’ici cinq ans. Pour l’instant il semble que le scénario A est le plus probable, à moins bien sûr que l’on assiste à une forte résurgence du virus au cours des mois qui viennent.

PRÉVISIONS DE L’OFFRE DE VÉHICULES D’OCCASION

Le Canadian Black Book continue d’anticiper une offre considérablement plus élevée de véhicules d’occasion sur le marché de gros pour le reste de 2020 en raison de divers facteurs :

• Retours de bail retardés en raison des prolongations de bail offertes par les équipementiers
• La réduction importante du parc automobile des sociétés de location en raison de la baisse de demande des consommateurs dans le secteur du voyage se poursuivra, mais l’on s’attend à ce que ces entreprises s’efforcent de procéder de façon graduelle et stratégique afin d’éviter d’inonder le marché, ce qui réduirait leurs propres résultats aux ventes aux enchères.
• L’augmentation des reprises de possession en raison de la détérioration des conditions économiques a commencé. Il faudra plusieurs mois à l’industrie pour rattraper le retard et récupérer et vendre ces véhicules.
• Au Canada, beaucoup de baux arrivaient déjà à échéance en 2020 et 2021; avec la baisse des valeurs et l’incertitude économique qui règne, les taux de retour de véhicules pourraient augmenter en raison de la réduction des rachats par les titulaires de bail.
• L’on s’attend à ce que des entreprises réduisent leurs parcs automobiles en raison du ralentissement de leurs activités et du besoin de liquidités.

Prévisions à court terme des retours de bail

Au début de cette année, on prévoyait qu’un volume record de 400 000 baux arriverait à échéance. Lorsque la pandémie a frappé et que la fabrication a presque entièrement cessé, les équipementiers ont déployé des efforts pour prolonger les baux afin de repousser les retours plus loin en 2020 et d’être en mesure de fournir des véhicules de remplacement. Pour cette raison, nous anticipons l’arrivée sur le marché d’au moins 60 pour cent d’unités additionnelles au cours de la seconde moitié de 2020 (comparativement aux estimations d’avant-crise) en raison du ralentissement des ventes en mars, avril et mai ainsi que des retours de véhicules suite aux prolongations de bail.

Retour de véhicules de location

Les voyages d’affaires et de loisirs ont été brusquement interrompus à la fin de mars. Nous prévoyons une réduction importante dans ces deux catégories pour le reste de cette année. Les voyages aériens ont diminué de plus de 90 pour cent au Canada, et il n’est pas prévu qu’ils reviennent aux niveaux d’avant-crise avant bon nombre d’années. Selon l’IATA (International Air Transport Association), ceci ne se produira pas avant 2023. Cette situation exerce une pression financière énorme sur les sociétés de location, qui dépendent du transport aérien, pour réduire à la fois leur parc actuel et leurs futures acquisitions.

Le 22 mai dernier, Hertz a demandé la protection de la loi sur les faillites en Amérique du Nord en raison de la pandémie. Selon les médias américains, Hertz prévoit de vendre quelque 30 000 véhicules par mois pour satisfaire ses créanciers une fois le plan approuvé. Le parc de Hertz aux États-Unis compte plus de 500 000 véhicules. La taille du parc canadien n’est pas publiquement connue. Durant une année normale au Canada, plus de 200 000 véhicules sont vendus aux entreprises de location. Celles-ci gardent généralement ces véhicules pendant 12 à 18 mois, puis les envoient sur le marché de la revente. Si les entreprises de location remettent de grandes quantités de véhicules sur le marché plus tôt que prévu, cet influx soudain mettra davantage de pression à la baisse sur les prix.

Nous prévoyons que d’autres entreprises de location à part Hertz réduiront leur parc au cours de l’été et de l’automne en réaction à la baisse de la demande aux aéroports. Ceci se traduira par l’arrivée de quelque 25 000 véhicules de location additionnels sur le marché de gros au cours des six prochains mois.

Prévisions de retour de véhicules d’occasion à plus long terme

Avec la réduction des ventes (détail et parcs) au cours des années qui viennent, nous prévoyons une baisse d’environ 8 000 véhicules d’occasion par mois sur le marché dans trois ans comparativement aux prévisions précédentes. Cet approvisionnement limité sera bénéfique pour les prix des voitures d’occasion.

Reprises de possession

Chose regrettable, en raison de la conjoncture économique canadienne actuelle, le taux de non-paiement des baux et des prêts automobiles augmentera. En juin, Equifax a indiqué qu’elle prévoyait une augmentation de 25 pour cent des défauts de remboursement de tous types au cours des six prochains mois. Certains de ces cas mèneront forcément à des reprises de possession, lesquelles pousseront davantage de véhicules vers la vente aux enchères et le marché secondaire, ce qui augmentera l’offre de véhicules disponibles à la vente.

Au sujet du Canadian Black Book

Depuis près de 60 ans, le Canadian Black Book offre à l’industrie canadienne de l’automobile, une source à la fois fiable et impartiale d’information sur la valeur des véhicules. Aujourd’hui, l’entreprise est au premier rang des fournisseurs de données sur la valeur des véhicules, les prévisions de valeurs résiduelles et le décodage des NIV. Les outils et l’information du Canadian Black Book sont considérés comme « l’autorité » en matière de valeur des véhicules, non seulement par les concessionnaires et les fabricants automobiles, mais également par les secteurs du financement à long terme, de l’assurance et du marché de gros. En 2020 le Canadian Black Book lance son service Enhanced Vehicle Matching (EVM), une technologie qui permettra à l’industrie de décoder de façon plus uniforme les NIV à 17 chiffres et de les jumeler à un ensemble spécifique de caractéristiques afin de pouvoir faire une évaluation plus précise de chaque véhicule.

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