COVID-19 Mise à jour sur le marché

June 18 2020
CBB

RÉSUMÉ

Au cours de la dernière semaine, nous avons continué à observer le lent déclin des prix de gros dans le marché. Les voitures de deux à huit ans ont baissé de 0,60 %, tandis que la catégorie des camions et des VUS a perdu 0,85 %. Ces chiffres peuvent ne pas sembler très élevés, mais il s’agit de réductions hebdomadaires, et elles donnent un son de cloche révélateur sur ce qui se passe dans l’industrie. Jusqu’à présent durant la pandémie de COVID-19, nous avons assisté à une baisse d’environ 0,5 % par semaine des prix de gros des voitures et des camions et VUS. Comme nous le mentionnons dans une mise à jour en avril, nous avons connu la baisse mensuelle des prix de gros la plus marquée depuis la création de l’Indice de la valeur retenue des véhicules d’occasion du Canadian Black Book en 2005.

En mai l’Indice des prix de CBB, qui suit les prix des véhicules d’occasion âgés de deux à six ans, a perdu encore 3,20 points, ce qui est très proche de la chute record de 3,58 enregistrée en avril. Depuis février, l’indice a baissé de 7,8 points en conséquence directe de la crise de la COVID-19 et de son impact sur le marché.

Avec l’arrivée de l’été, nous nous attendons à ce que les prix de gros et de détail dégringolent davantage, ceci en raison de l’apport supplémentaire de stocks de véhicules d’occasion qui arriveront sur le marché, de la faiblesse continue de la demande des consommateurs en raison de la récession profonde que nous traversons. Bien que les ventes aient remonté légèrement en mai, nous estimons que ceci est en grande partie attribuable à la demande refoulée de mars de d’avril. Une fois cette demande comblée, nous pourrons voir le rythme naturel du marché.

Vendredi dernier, Statistique Canada a publié les résultats de son Enquête sur la population active pour le mois de mai. Le taux de chômage au Canada est actuellement de 13,7 %, soit le plus élevé jamais enregistré depuis 1976, année où l’on a commencé à recenser ces données. Avant l’arrivée de la pandémie, le taux de chômage était de 5,6 %. Il a grimpé à 7,8 % en mars, puis à 13,0 % en avril. Selon statistique Canada, la pandémie a désormais eu un impact sur l’emploi de 5,5 millions de Canadiens. L’on s’attend à ce que ces chiffres s’améliorent à mesure que les Canadiens retourneront au travail, à présent que les restrictions sur les entreprises canadiennes commencent à être relâchées. Il faudra quelques mois pour mieux évaluer le nombre d’entreprises – et par conséquent d’emplois – qui ne reviendront pas après cette fermeture temporaire.

Dans le domaine de l’automobile, la confiance des consommateurs est un moyen de mesure critique des prévisions de vente. Comme nous l’avons indiqué précédemment, l’indice de confiance des consommateurs, établi par le Conference Board du Canada, a connu une hausse remarquable de 16,2 points en mai, après avoir atteint un plancher record en avril. Cet indice respecté se situe maintenant à 63,7, ce qui est légèrement supérieur à son point le plus bas durant la crise financière de 2008; il demeure toutefois inférieur de 60 points à sa valeur d’avant-crise de février. Plus de la moitié des Canadiens, soit 52,2 %, entrevoient leurs perspectives d’emploi avec pessimisme, ce qui ne présage pas une reprise rapide pour l’ensemble du pays. Les consommateurs pourraient retarder leurs achats de véhicules ou opter pour des véhicules d’occasion plutôt que neufs, ce malgré les nombreux incitatifs offerts par les concessionnaires et les équipementiers.

En ce qui touche l’offre de véhicules d’occasion, nous prévoyons un important afflux de stocks sur le marché au cours des six prochains mois. Le marché sera en effet inondé par les retours de bail différés, la réduction des parcs de location (y compris la vente prévue d’un grand nombre d’unités de Hertz), l’augmentation des reprises de possession et un arriéré de stocks non vendus durant la période de mars à mai. Nous continuons donc de prévoir une baisse continue des prix de gros au cours des prochains mois, avec une certaine amélioration attendue vers le début de l’hiver.

Au cours des dernières années, les prix des véhicules d’occasion ont augmenté au Canada en raison d’une économie vigoureuse et de l’exportation vers les États-Unis. Les experts de DesRosiers Consultants estiment que près de 300 000 véhicules usagés ont été exportés vers le sud en 2019. Ce volume d’exportation est impressionnant. Au moment d’écrire cette mise à jour, le taux de change du dollar canadien était de 0,74 $, ce qui constitue une amélioration importante par rapport au taux inférieur à 0,70 $ enregistré fin mars. Nous estimons qu’il continue d’y avoir des possibilités de profit à l’exportation tant que la valeur du dollar demeurera en deçà de 80 cents. L’exportation de ces véhicules est essentielle à la stabilité des prix du marché canadien, car cela permet de siphonner une grande partie de l’approvisionnement. Nous savons aujourd’hui que le volume d’exportations a considérable chuté en raison de l’incertitude entraînée par la COVID-19. Nous espérons que les exportations reprendront, sans quoi il y aura un approvisionnement fortement excédentaire au Canada au cours des mois qui viennent.

Bien que les effets économiques de la pandémie continueront à se faire sentir pendant jusqu’à trois ans, nous prévoyons que les valeurs de gros reviendront au niveau de référence d’avant-crise d’ici 2023, car l’offre de produits usagés diminuera en raison de la réduction des ventes au détail et des ventes de parcs tout au long de 2020 et au début de 2021.

APERCU DU MARCHÉ DE GROS ACTUEL

L’équipe d’analystes du Canadian Black Book combine plus de 70 années d’expérience et de connaissances dans le domaine de l’automobile. En communication constante avec les détaillants, les marchands, les sociétés de financement et les fabricants de véhicules, nos analystes observent les prix afin de suivre le marché de manière indépendante et de produire des mises à jour quotidiennes. Notre personnel de recherche assiste également chaque semaine (de façon virtuelle en ce moment) aux principales ventes aux enchères au Canada.

Perspectives de ventes aux enchères

• Les ventes aux enchères virtuelles à l’échelle nationale continuent de montrer des signes de retour à la normale. Les prix se stabilisent, le niveau d’offres et d’achats a augmenté, et le personnel est en train de revenir et de rattraper le retard créé par un arriéré de véhicules en attente de bilan et de remise en état.
• Les deux principaux encans, ADESA et Manheim, poursuivent leurs activités dans tous leurs emplacements au Canada sur leurs plateformes numériques respectives.
• Au meilleur de notre connaissance, Enchères ESP de Lachine, au Québec, est le premier encan au Canada à avoir repris ses enchères physiques. L’encan était ouvert mardi dernier et il semble que la vente ait été bonne.

Volume de ventes aux enchères

Nous continuons à observer un redressement du volume global du marché de gros, lequel semble mener à une plus grande stabilité des prix. Au cours des mois précédents, ce volume avait été très limité par la fermeture des emplacements physiques et une réduction temporaire du personnel de vente aux enchères. Le volume n’a pas encore retrouvé le niveau des années passées, mais l’on prévoit que ce sera la norme au cours des mois qui viennent. Lorsque la plupart des encans ont fermé leurs lieux physiques en mars, le nombre de ventes a atteint son niveau le plus bas, soit une baisse d’environ 80 % par rapport à l’année précédente lorsque la plupart des encans ont interrompu leurs ventes physiques en mars. Nous estimons que les volumes représentent environ 75 % des taux normaux aujourd’hui, ce qui devrait s’améliorer au cours des semaines qui viennent.

Taux de vente

Les taux de vente au bloc ont rapidement chuté à moins de 20 % lorsque la pandémie a forcé l’interruption des ventes aux enchères physiques. Toutefois, ces taux remontent progressivement chaque semaine, malgré une certaine instabilité en cours de route. La semaine dernière, nous avons vu les taux de vente grimper, mais dans bien des cas de façon irrégulière. Pour une vente donnée, selon la catégorie, les taux de vente sont allés du milieu de la plage de 50 % au milieu de la plage de 70 %. Nous croyons que lorsqu’un plus grand nombre d’acheteurs éventuels pourront aller sur place voir les stocks avant la vente, ils seront plus enclins à faire des offres et les taux de vente augmenteront. Selon les progrès actuels, nous estimons que les taux de vente reviendront à leur niveau normal d’ici deux mois.

TENDANCES ACTUELLES DES PRIX DE GROS

Ensemble du marché

Les valeurs pondérées en fonction du volume, toutes catégories confondues, ont chuté de 0,60 % la semaine dernière pour les véhicules de deux à huit ans. Toutes les catégories de voitures ont diminué à l’exception des voitures pleine grandeur, qui sont demeurées sans changement. Nous avons noté que les voitures sport ont accusé le déclin le plus marqué de la catégorie des voitures, soit 0,83 %. La catégorie des voitures de luxe s’est beaucoup détériorée cette semaine. Les voitures de luxe haut de gamme ont chuté de 0,79 %, les voitures de luxe, pratiquement le même taux, soit 0,78 %, et celles d’entrée de gamme, 0,71 %. Ces chiffres peuvent ne pas sembler très élevés, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit de réductions hebdomadaires. Nous prévoyons que ces catégories de voitures très populaires à la location à long terme continueront de décliner à mesure que les clients qui ont prolongé leur bail commenceront à retourner leurs voitures aux concessionnaires en grand nombre. La catégorie des voitures sous-compactes a baissé de 0,39 %, et les voitures intermédiaires, de 0,40 %, un résultat nettement meilleur que celui des voitures de luxe.

En pondérant les valeurs en fonction du volume, l’ensemble de la catégorie des camionnettes (y compris camionnettes, VUS et fourgonnettes) a baissé de 0,85 % la semaine dernière, soit 0,25 % de plus que les voitures. Les fourgonnettes ont accusé la baisse la plus marquée (-1,80 %), alors que les VUS compacts et les VUS sous-compacts de luxe ont enregistré des baisses pratiquement identiques de 1,37 % et 1,38 % respectivement. Les VUS compacts de luxe ont perdu 1,06 % pour la semaine, ce qui est légèrement mieux que les VUS de luxe pleine grandeur, qui ont baissé de 1,10 %. Au cours des deux derniers mois dans la catégorie des camionnettes et des VUS, ce sont les VUS sous-compacts de luxe qui ont connu la chute la plus marquée, soit -7,26 %, suivis du groupe des VUS compacts à -6,97 %. Pour la semaine écoulée, les camionnettes n’ont que peu baissé, soit 0,12 % pour les camionnettes pleine grandeur et 0,50 % pour les camionnettes compactes.

Le graphique ci-dessous illustre les taux de dépréciation d’une semaine à l’autre pour l’ensemble du marché, y compris voitures et camionnettes/ VUS/fourgonnettes, au cours des derniers mois. Les taux de dépréciation moyens ont continué à augmenter progressivement dans le marché. Selon notre équipe d’analystes, cette tendance se poursuivra jusque vers la fin de 2020, après quoi les valeurs commenceront à remonter.

Regard sur la catégorie des VUS compacts

La prochaine fois que vous serez sur la route, regardez autour de vous et vous remarquerez qu’environ un véhicule sur quatre est un VUS compact. De 2017 à aujourd’hui, environ 25 % des ventes canadiennes ont été réalisées dans cette catégorie populaire. Il s’agit du segment le plus important au Canada, devançant de loin les camionnettes pleines grandeur, qui occupent la seconde place. En 2019 les Canadiens ont acheté plus d’un demi-million de ces véhicules neufs, et ils sont également très populaires sur le marché de la revente. Cette catégorie a débuté sans grand bruit au milieu des années 1990 avec le Toyota RAV4 et le Honda CR-V. Il s’agissait de dérivés de voitures munis de pneus plus gros, d’un système de traction intégrale et d’une garde au sol plus élevée. Depuis, tous les fabricants ont rejoint cet espace hautement concurrentiel. Il est facile de comprendre son attrait pour les consommateurs. Ces véhicules sont idéals pour transporter une famille de quatre et une cargaison normale. Ils sont généralement beaucoup plus économes en carburant que les modèles plus gros et sont faciles à conduire pour les besoins de tous les jours. Grâce à la traction intégrale (qui nécessite tout de même des pneus d’hiver), ce segment est idéal pour la rigueur du climat canadien.

Cette catégorie ne semble pas vouloir ralentir de sitôt. En 2021 il y aura un nouveau Nissan Rogue, un Toyota RAV4 hybride enfichable et un Ford Bronco très orienté tout-terrain, conçu pour donner du fil à retordre l’un des véhicules qui gagne le plus souvent notre Prix de la meilleure valeur retenue : le Jeep Wrangler. Il est raisonnable de supposer qu’avec les véhicules électriques qui s’installent dans le marché, cette catégorie populaire offrira bientôt une bonne part de variantes électriques seulement.

En termes de valeur retenue, le Jeep Wrangler domine dans cette catégorie année après année depuis maintenant neuf ans. Le Subaru CossTrek et le Toyota RAV4 sont très performants, mais il y a quand même un écart important entre ceux-ci et le Wrangler.

La catégorie des VUS compacts n’a pas échappé à l’impact sur les valeurs entraîné par la crise de la COVID-19. En mai, ce segment a affiché une chute de 6,26 points par rapport au même mois l’an dernier, après avoir perdu 3,56 points en avril. Par rapport à la moyenne de l’industrie, cette catégorie a donc baissé d’un point comparativement à l’an dernier et de 0,36 points par rapport au mois dernier. Nous prévoyons un rebond des valeurs vers la fin de 2020. Le Canadian Black Book s’attend à ce que les VUS compacts en bon état âgés de huit ans et plus et vendus à moins de 10 000 $ seront un choix populaire pour les consommateurs qui sont intéressés par ce type de véhicule mais qui souhaitent garder leur investissement au minimum.

PRÉVISIONS DE PRIX POUR LES VÉHICULES D’OCCASION EN GROS

Impact sur les prix de gros selon le scénario économique le plus probable

Les prix de gros ont poursuivi leur descente en mai, car l’incertitude causée par la pandémie et ses répercussions a nui à la demande de véhicules, entraînant une baisse globale de 3,20 % rien qu’en mai. Les prix des véhicules d’occasion sont généralement robustes au printemps, ce qui ne fait qu’exacerber la gravité des résultats réels par rapport aux prévisions. Les prix de gros ont baissé de 0,99 % en mars et de 3,58 % en avril; la baisse d’un peu plus de 3 % en mai porte la chute totale à 7,76 % depuis février.

Les prévisions du Canadian Black Book reflètent la réalité économique : les valeurs demeureront bien en deçà des prévisions d’avant-crise pour les deux prochaines années.

Prévisions à court terme (été-automne 2020)

Nous projetons une baisse des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise pour l’été et l’automne pendant que l’économie canadienne subit les effets de la COVID-19. Nous prévoyons que les prix de gros seront inférieurs en moyenne de 17 % aux prévisions d’avant-crise pour le reste de 2020. Cette différence sera plus marquée au cours de l’été, et la reprise commencera au début de 2021. Nous anticipons également que les véhicules plus anciens (plus de six ans), moins coûteux et de condition moyenne ne connaîtront pas une baisse aussi importante en raison de l’accroissement de la demande pour ces unités. L’on s’attend à ce que de nombreux consommateurs recherchent un mode de transport fiable à faible coût. Le coronavirus et la distanciation sociale pousseront également certains utilisateurs des transports en commun ou du covoiturage à acheter une voiture.

Prévisions à long terme (valeurs résiduelles après 36 mois, été-automne 2023)

Les effets de la pandémie continueront à se faire sentir au cours des trois prochaines années. Toutefois, nous prévoyons que les valeurs résiduelles retrouveront leurs niveaux d’avant-crise à mesure que l’approvisionnement en véhicules d’occasion s’amenuisera en raison de la perte de ventes au détail et aux parcs automobiles durant le reste de 2020 et en 2021.

Impact sur les prix de gros selon un scénario de récession grave

Selon ce scénario, nous prévoyons une baisse de 25 % des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise, et une reprise très lente en 2021. Les effets de la pandémie et de la récession continueront d’être ressentis dans 36 mois d’ici, et nous entrevoyons une baisse de 10 % des prix de gros pour l’ensemble du marché par rapport aux prévisions antérieures au virus pour la seconde moitié de 2023.

SECTEUR DU DÉTAIL

Prix de détail

Nous continuons à voir des prix de détail stables malgré l’atteinte grave à la confiance des consommateurs subie en mai. Les consommateurs ne semblent pas avoir vu une baisse de prix importante dans le marché de l’occasion. Actuellement les prix de détail baissent beaucoup plus lentement comparativement à ceux de gros. La ligne orange ci-dessous représente la moyenne mobile de 14 jours pour la catégorie des VUS compacts. On peut y observer que depuis le début de mars, les fluctuations dans les prix demandés du marché ont été très faibles et ne correspondent pas avec la baisse de 7 % des prix de gros pour la même période.

Nous croyons que les prix de détail décroîtront davantage, et de façon plus marquée, avec l’affaiblissement de la demande de consommation au cours des prochains mois, ce qui aura pour effet de resserrer l’écart entre les prix de gros et ceux de détail.

Perspectives de ventes au détail

• Juin est habituellement le deuxième mois en importance pour les ventes de voitures au Canada, après mai. Il compte normalement pour un peu plus de 10 % des ventes annuelles de l’industrie et est donc un mois-clé dans le domaine. Cette année toutefois, l’on peut raisonnablement s’attendre à ce que la tendance saisonnière normale soit décevante en raison des graves perturbations entrainées par la COVID-19.
• Les marchands auxquels nous avons parlé cette semaine étaient en général optimiste pour ce mois, surtout après le rebond connu en mai après un mois d’avril désastreux.
• On continue d’hésiter à envoyer des échanges ou des stocks inutilisés aux enchères pour s’en débarrasser. Avec les faibles valeurs de gros, la vente aux enchères n’ont jamais été aussi avantageuses du point de vue des prix.
• Après deux mois d’interruption des chaînes de montage, les concessionnaires de voitures neuves demeurent préoccupés face à leurs niveaux de stocks et au moment où ils commenceront à recevoir les nouveaux arrivages de leurs fabricants. Opter plutôt pour un véhicule d’un à deux ans pourrait être une bonne stratégie pour certains détaillants et consommateurs, surtout s’il est accompagné d’un programme de VOC et d’une bonne garantie.

Perspectives de ventes de véhicules neufs

Nos perspectives de ventes de véhicules neufs demeurent inchangées par rapport à notre dernière mise à jour. Nous prévoyons une réduction marquée des ventes de véhicules neufs au Canada en 2020 (détail et parcs) en raison de la baisse de demande des consommateurs. Ceci est attribuable à plusieurs facteurs, y compris le fait que les gens conduisent moins en raison du télétravail et des restrictions, le taux de chômage élevé ainsi qu’une forte érosion de la confiance des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs ont accusé une chute de 39 % au cours des cinq premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière.

Selon notre scénario économique de base (A), nous prévoyons une baisse de 25 % (par rapport aux prévisions d’avant-crise) des ventes de véhicules neufs en 2020 pour atteindre 1,436 millions d’unités. Selon le scénario de récession grave (B), nous prévoyons une baisse de 40 % des ventes de véhicules neufs en 2020, lesquelles se chiffreront à 1,149 millions d’unités. À plus long terme, nous estimons que le volume de vente de véhicules neufs reviendra au niveau d’avant-crise d’ici cinq ans.

PRÉVISIONS DE L’OFFRE DE VÉHICULES D’OCCASION

Le Canadian Black Book anticipe une offre considérablement plus élevée de l’offre de véhicules d’occasion sur le marché de gros pour le reste de 2020 en raison de divers facteurs :

• Retours de bail retardés en raison des prolongations de bail offertes par les équipementiers
• Réduction importante du parc automobile des sociétés de location en raison de la baisse de demande des consommateurs
• Réduction marquée des activités de vente aux enchères en raison de la COVID-19 en mars, avril et mai
• Augmentation des reprises de possession en raison de la détérioration des conditions économiques
• Taux de retour de véhicules loués plus élevé que la normale car moins de consommateurs rachètent leur bail
• Au Canada, beaucoup de baux arrivaient déjà à échéance en 2020 et 2021; avec la baisse des valeurs et l’incertitude économique qui règne, les taux de retour de véhicules pourraient augmenter et le taux de rachats pourrait baisser.

Prévisions à court terme des retours de bail

Au début de cette année, on prévoyait qu’un volume record de 400 000 baux arriveraient à échéance. Lorsque la pandémie a frappé et que la fabrication a presque entièrement cessé, les équipementiers ont déployé des efforts pour prolonger les baux afin de pousser les retours plus loin en 2020 et d’être en mesure de fournir des véhicules de remplacement. Pour cette raison, nous anticipons au moins 60 % d’unités additionnelles au cours de la seconde moitié de 2020 (comparativement aux estimations d’avant-crise) en raison du ralentissement des ventes en mars, avril et mai, ainsi que des retours de véhicules suite aux prolongations de bail.

Retour de véhicules de location

Les voyages d’affaires et de loisirs ont été brusquement interrompus à la fin de mars. Nous prévoyons une réduction importante dans ces deux catégories pour le reste de cette année. Les voyages aériens ont diminué de plus de 90 % au Canada, et il n’est pas prévu qu’ils reviennent aux niveaux d’avant-crise avant bon nombre d’années. Selon l’IATA (International Air Transport Association), ceci ne se produira pas avant 2023. Cette situation exerce une pression financière énorme sur les sociétés de location, qui dépendent du transport aérien, pour réduire à la fois leur parc actuel et leurs futures acquisitions.

Le 22 mai dernier, Hertz a demandé la protection de la loi sur les faillites en Amérique du Nord en raison de la pandémie. Selon les médias américains, Hertz prévoit de vendre quelque 30 000 véhicules par mois pour satisfaire ses créanciers une fois le plan approuvé. Le parc de Hertz aux États-Unis compte plus de 500 000 véhicules. La taille du parc canadien n’est pas publiquement connue. Durant une année normale au Canada, plus de 200 000 véhicules sont vendus aux entreprises de location. Celles-ci gardent généralement ces véhicules pendant 12 à 18 mois, puis les envoie sur le marché de la revente. Si les entreprises de location remettent de grandes quantités de véhicules sur le marché plus tôt que prévu, cet influx soudain mettra davantage de pression à la baisse sur les prix.

Nous prévoyons que d’autres entreprises de location à part Hertz réduiront leur parc au cours de l’été et de l’automne en réaction à la baisse de la demande aux aéroports. Ceci se traduira par l’arrivée de quelque 25 000 véhicules de location additionnels sur le marché de gros au cours des six prochains mois.

Prévisions de retour de véhicules d’occasion à plus long terme

Avec la réduction des ventes (détail et parcs) au cours des années qui viennent, nous prévoyons une baisse d’environ 8 000 véhicules d’occasion par mois sur le marché dans trois ans comparativement aux prévisions précédentes. Cet approvisionnement limité sera bénéfique pour les prix des voitures d’occasion.

Au sujet du Canadian Black Book

Depuis près de 60 ans, le Canadian Black Book offre à l’industrie canadienne de l’automobile, une source à la fois fiable et impartiale d’information sur la valeur des véhicules. Aujourd’hui, l’entreprise est au premier rang des fournisseurs de données sur la valeur des véhicules, les prévisions de valeurs résiduelles et le décodage des NIV. Les outils et l’information du Canadian Black Book sont considérés comme « l’autorité » en matière de valeur des véhicules, non seulement par les concessionnaires et les fabricants automobiles, mais également par les secteurs du financement à long terme, de l’assurance et du marché de gros. En 2020 le Canadian Black Book lance son service Enhanced Vehicle Matching (EVM), une technologie qui permettra à l’industrie de décoder de façon plus uniforme les NIV à 17 chiffres et de les jumeler à un ensemble spécifique de caractéristiques afin de pouvoir faire une évaluation plus précise de chaque véhicule.