COVID-19 Mise à jour sur le marché 28 juillet 2020

July 29 2020
CBB

RÉSUMÉ

Le mois de juillet tire déjà à sa fin. En tant que pays, le Canada continue de déployer des efforts considérables pour gérer la crise de santé actuelle, et le secteur automobile persévère malgré les événements de 2020. Avec à peine quelques jours à courir en juillet, l’industrie est impatiente de compiler les résultats de vente du mois. Étant donné que seuls certains équipementiers déclarent volontairement leurs ventes mensuelles cette année, il est beaucoup plus difficile d’obtenir un portrait clair des réussites et des difficultés connues par les différentes marques. Plusieurs ne publient leurs résultats que sur une base trimestrielle, une tendance introduite par les trois principaux fabricants de Détroit. Cette année en particulier, il serait bien utile que les résultats de vente soient publiés de façon plus transparente à l’échelle de l’industrie.

Les valeurs de gros ont maintenu leur vigueur accrue en juillet. Après 13 semaines de déclin marqué (fin mars à mi-juin), on a observé encore la semaine dernière un renforcement des valeurs de gros de l’ordre de 0,15 pour cent pour les voitures et de 0,19 pour cent pour les camionnettes et les VUS. Les valeurs n’ont pas augmenté de beaucoup au cours des quatre dernières semaines, mais elles se sont stabilisées et n’ont que peu changé d’une semaine à l’autre. Le gain le plus marqué dans la catégorie des voitures, soit 0,41 pour cent, a été enregistré par le segment des voitures sport, ce qui n’est pas très étonnant puisqu’on est au milieu de la principale saison de vente de ces véhicules. La baisse la plus importante dans la catégorie des voitures a été subie par le segment des voitures de luxe, qui a perdu 0,20 pour cent.

Dans le marché des camionnettes, qui compte pour près de 80 pour cent de tous les véhicules qui circulent actuellement sur les routes, c’est le segment des VUS sous-compacts qui a connu la meilleure augmentation, soit 1,16 pour cent. La perte la plus marquée a été celle de 0,43 pour cent enregistrée par le segment des fourgonnettes compactes, ces favorites des parcs d’entreprise. Ces variations peuvent sembler minimes, mais il s’agit de changements hebdomadaires; extrapolées sur 52 semaines, elles constituent un impact majeur.

Cette semaine, le Canadian Black Book a continué à entendre des commentaires semblables en provenance du marché. Les niveaux de stocks demeurent beaucoup plus faibles que prévu. La reprise des ventes en juin, qui s’est poursuivie en juillet, a réduit les stocks en-deçà des niveaux confort de nombreux détaillants de voitures d’occasion.

L’activité aux enchères est par conséquent demeurée intense, les taux de vente allant jusqu’à dépasser les 95 pour cent. Nous prévoyons que les valeurs diminueront lorsque le niveau d’approvisionnement aura augmenté et que les consommateurs prendront pleinement conscience des difficultés économiques auxquelles est confronté le Canada.

La semaine dernière, DesRosiers Consultants a publié ses résultats de ventes par province pour l’année à ce jour. C’est le Manitoba qui affiche les meilleurs résultats, ayant connu le déclin le moins important, soit 25,3 pour cent, soit près de neuf pour cent de moins que la baisse enregistrée par le marché pour la période du 1er janvier au 30 juin. Le Manitoba a eu beaucoup moins de cas de COVID-19, soit 384 selon les dernières données. Chose peu étonnante, c’est l’Ontario qui a le plus souffert jusqu’à présent cette année, avec un déclin de 37 pour cent alors que la chute moyenne de l’industrie est de 35 pour cent. Les restrictions en Ontario ont été très sévères, comme au Québec d’ailleurs, où la baisse enregistrée, soit 33,9 pour cent, correspond pratiquement à la moyenne de l’industrie. Pour le reste de 2020, ou jusqu’à ce qu’un vaccin contre la COVID-19 soit mis en circulation, le succès d’une province à gérer la pandémie et à éviter les fermetures futures aura très certainement un impact sur ses ventes d’automobiles.

Également la semaine dernière, Statistique Canada a publié ses statistiques de vente au détail pour mai 2020, dernier mois pour lequel des résultats sont accessibles. Les résultats comprennent ceux des marchands de véhicules d’occasion. Les ventes d’avril, mesurées en dollars, ont accusé une baisse de 66 pour cent par rapport à l’année précédente. Toutefois, un résultat beaucoup plus positif a été réalisé en mai, soit une baisse beaucoup plus raisonnable de 35 pour cent comparativement au même mois en 2019. Normalement ce chiffre serait apocalyptique, mais la tendance au ralentissement des dommages est une excellente nouvelle si l’on regarde les résultats récents et le climat économique qui prévaut.

Après la fermeture quasi-complète du printemps, le volume d’exportation de véhicules vers le marché américain a considérablement augmenté. Les prix aux États-Unis ont beaucoup repris comparativement à ceux du marché canadien. Combinés à la faiblesse du dollar, ces prix rendent les véhicules canadiens plus attrayants que jamais pour l’exportation à nos voisins du sud.

L’entrée en vigueur du nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) le 1er juillet dernier crée un léger obstacle pour bon nombre de véhicules sous la forme d’une taxe à l’importation de 2,5 pour cent. Mais ce sont les camionnettes et les fourgonnettes à deux sièges non fabriquées aux États-Unis qui subissent le contrecoup le plus marqué, étant assujetties à un tarif de 25 pour cent, ce qui les rend pratiquement impropres à l’exportation.

Bloomberg a publié cette semaine une mise à jour de son étude Bloomberg Nanos Canadian Confidence Index Consumer Sentiment . La tendance hebdomadaire démontre que le récent regain de confiance des consommateurs est au point mort. Cette tendance, illustrée dans les rapports de mai et de juin, était très encourageante, mais elle ne s’est pas poursuivie en juillet. Pour l’année à ce jour, l’indice a repris environ la moitié de ce qu’il avait perdu en mars et en avril. Fait notoire, selon l’indice, 59 pour cent des Canadiens estiment que la conjoncture économique s’aggravera au cours des six prochains mois. Il s’agit d’une amélioration par rapport au pourcentage de 80 pour cent recensé en avril, mais cela continue de témoigner du faible taux de confiance des consommateurs, ce qui, à notre avis, aura un impact négatif sur la demande de véhicules neufs et d’occasion.

Cette semaine, la banque Scotia a également émis son Analyse mensuelle sur le marché mondial de l’automobile . La banque note qu’à mi-chemin en 2020, les ventes mondiales d’automobiles s’établissent à -29 pour cent. La banque note que la reprise s’étendra sur plusieurs années et sera percluse de risques qui poseront des difficultés pour les économies. Elle prévoit que les ventes mondiales d’automobiles finiront l’année sur une baisse de 20 pour cent, ce qui laisse présager une deuxième moitié de 2020 beaucoup plus positive. Le rapport indique en outre que les ventes d’automobiles profitent certainement des effets du rebond. Les inquiétudes à l’effet que la faible utilisation des véhicules pendant le confinement, la hausse des perspectives de télétravail et les ménages financièrement dépourvus puissent endiguer les ventes de véhicules ne semblent pas avoir l’impact négatif attendu. En fait, la vigueur du rebond actuel de la demande dépasse l’offre dans certains marché et segments de véhicules. Ceci crée des pénuries de stocks chez certains marchands, tout en mettant de la pression sur les prix pour les consommateurs.

APERCU DU MARCHÉ DE GROS ACTUEL

L’équipe d’analystes du Canadian Black Book combine plus de 70 années d’expérience et de connaissances dans le domaine de l’automobile. En communication constante avec les détaillants, les marchands, les sociétés de financement et les fabricants de véhicules, nos analystes observent les prix afin de suivre le marché de manière indépendante et de produire des mises à jour quotidiennes. Notre personnel de recherche assiste également chaque semaine (de façon virtuelle en ce moment) aux principales ventes aux enchères au Canada.

Perspectives de ventes aux enchères

• Les diverses ventes aux enchères canadiennes continuent de fonctionner presque exclusivement en ligne.
• Étant donné que les encans canadiens créent d’importants rassemblements, il est difficile d’estimer à quel moment les lieux physiques de ventes aux enchères vont rouvrir.
• Il reste un encan physique ouvert au Québec (Enchères ESP de Lachine, au Québec) et deux encans indépendants (Jardine Auctioneers de Fredericton et Great Northern de Moncton, au Nouveau-Brunswick).
• La semaine dernière nous avons vu un renforcement des valeurs pour les voitures et les camionnettes et VUS.
• L’on estime que la vigueur actuelle des prix est attribuable au faible approvisionnement.
• Les encans virtuels attirent souvent plus de 300 participants, ce qui entraîne un rythme d’enchère très rapide pour les véhicules les plus en demande.

Volume de ventes aux enchères

Les activités de vente aux enchères ont maintenu un rythme solide la semaine dernière. Nous estimons que pour l’ensemble du Canada, les encans continuent de vendre 70 à 80 pour cent de leur volume d’avant-crise, ce en dépit des nombreuses restrictions et du fait que toutes les ventes se font en ligne. Le Canadian Black Book maintient ses prévisions à l’effet que l’ensemble du volume de vente aux enchères continuera d’augmenter au cours de l’été, allant même jusqu’à dépasser les niveaux de l’an dernier. En ce moment toutefois, l’approvisionnement demeure difficile dans le marché, ce qui oblige de nombreux détaillants à conserver leurs échanges plutôt qu’à les envoyer au marché de la revente en gros.

Du début de la crise jusqu’en mai, il y a eu très peu d’échanges ou de retours de bail et pratiquement aucune reprise de possession, ce qui a réduit de façon marquée l’offre de gros. Nous prévoyons une hausse des reprises de possession d’ici la fin de 2020. Avec l’augmentation des reprises, les retours de bail qui reviennent à la normale (incluant tous ceux qui ont été reportés), ainsi que la réduction de certains parcs d’entreprise, l’offre devrait augmenter au cours des mois qui viennent.

Taux de vente

Pour la semaine écoulée, les taux de vente sont également demeurés élevés. Plusieurs encans ont obtenu des taux supérieurs à 95 pour cent, ce qui est certainement plus encourageant que ce que l’industrie a connu récemment. Ces taux de vente élevés semblent être la nouvelle normalité dans l’ensemble de l’industrie. Les marchands sont pressés de renflouer leurs stocks de véhicules d’occasion, et peut-être de compenser pour les pénuries du côté des véhicules neufs. Ces taux sans précédent sont la preuve que la demande de véhicules en gros est forte à un moment où l’approvisionnement est moins qu’idéal. Les taux de vente sont un indicateur important du niveau d’activités au bloc pour une journée donnée. Chose certaine, le marché canadien du gros a adopté les encans en ligne à un niveau que l’on aurait auparavant cru impossible.

TENDANCES ACTUELLES DES PRIX DE GROS

Ensemble du marché

Le redressement des prix dans le marché de gros de l’occasion au Canada s’est poursuivi la semaine dernière. Après treize semaines de déclin généralisé, il s’agit de la cinquième semaine où les valeurs sont demeurées stables ou ont en moyenne augmenté. Chaque des 22 segments de véhicules suivis par le Canadian Black Book révèle quelque chose; c’est pourquoi il est important de regarder sous la surface et au-delà de la moyenne de l’industrie ou des chiffres pour l’ensemble des voitures ou des camionnettes. De plus, les résultats ne sont pas uniformes d’une marque à l’autre.

Pour les voitures, la semaine s’est soldée par une augmentation de 0,15 pour cent des valeurs pondérées en fonction du volume. Ceci ne représente qu’une légère hausse, mais compte tenu de la longue période de déclin que nous avons connue, c’est la tendance haussière qu’il faut regarder. Ceci suit la hausse de 0,10 pour cent enregistrée la semaine précédente. Ces mesures de prix de gros portent sur les modèles 2012 à 2018. Des neuf segments de voitures, tous sauf deux ont gagné en valeur. Seules les voitures de luxe et les voitures de luxe haut de gamme ont baissé. Le segment des voitures de luxe haut de gamme a perdu 0,20 pour cent, tandis que celui des voitures de luxe a baissé de seulement 0,06 pour cent au cours de la semaine. Les gains les plus marqués ont été obtenus par le segment des voitures sport (0,41 pour cent), ainsi que les voitures sport haut de gamme (0,33 pour cent). Les voitures sous-compactes arrivent en troisième place avec une hausse de 0,32 pour cent. La pause dans la perte de valeur des voitures en est à sa cinquième semaine consécutive. D’ici la fin de 2020 toutefois, le Canadian Black Book continue de prévoir que les valeurs baisseront davantage avant de connaître un rebond et un renforcement durables en 2021.

En pondérant les valeurs en fonction du volume, l’ensemble de la catégorie des camionnettes (y compris camionnettes, VUS et fourgonnettes) a terminé la semaine avec une augmentation de 0,19 pour cent des valeurs de gros. La hausse des valeurs observée la semaine dernière indique que le marché canadien demeure stable après une période prolongée de pertes au début de la pandémie. Les quatre dernières semaines se sont partagé les résultats, deux semaines ayant réalisé des gains, et les deux autres, des pertes. Ceci représente une moyenne de 0,04 pour cent sur quatre semaines, ce qui se traduit par pratiquement aucun changement en juillet. Ceci suit 13 semaines de déclin marqué, durant lesquelles une baisse moyenne de 0,51 pour cent des prix a été observée. Des treize segments de camionnettes et VUS, huit ont connu une hausse et cinq une baisse la semaine dernière.

L’augmentation la plus marquée pour la semaine du 20 juillet a été enregistrée par la catégorie des VUS sous-compacts, qui a gagné 1,16 pour cent, ainsi celle des VUS sous-compacts de luxe, qui a connu une hausse de 0,96 pour cent. Les baisses les plus importantes ont été observées dans la catégorie des fourgonnettes compactes et pleine grandeur, qui ont accusé des chutes respectives de 0,43 et 0,40 pour cent.

Le graphique ci-dessous (Canada – pourcentage pondéré de changement dans la valeur du segment des modèles de deux à huit ans) illustre les taux de dépréciation d’une semaine à l’autre pour l’ensemble du marché canadien. Les voitures sont illustrées en bleu et les camionnettes en rouge (comprend fourgonnettes, VUS et camionnettes). Les données commencent en mars 2020, juste avant l’impact du coronavirus. Les cinq dernières semaines illustrent les nombreuses fluctuations du marché actuel. Après de nombreuses semaines de déclin, la tendance à la baisse a cessé et les résultats ont commencé à être beaucoup plus positifs. Selon les commentaires recueillis dans le marché, les stocks demeurent faibles. Les véhicules d’occasion sont un peu plus difficiles à obtenir en raison de la hausse de la demande ainsi qu’une période prolongée de réduction des échanges, des reprises de possession et des activités de vente aux enchères. Nombre de concessionnaires qui, par les années passées, auraient envoyé un véhicule à l’encan tentent plutôt aujourd’hui de le vendre eux-mêmes. Nous prévoyons que cette hausse des prix se maintiendra jusqu’à ce que l’offre reprenne et que l’on comprenne plus clairement la demande des consommateurs dans cet environnement difficile.

Regard sur la catégorie des VUS pleine grandeur de luxe

Le prix de l’essence étant environ 0,20 $ de moins le litre qu’à la même période l’an dernier, l’on pourrait penser que ceci pousserait davantage de Canadiens à faire le saut et à acheter un VUS pleine grandeur de luxe. Le consommateur averti sait bien sûr que le prix de l’essence ne restera pas stable pendant toute la période où il possède son véhicule, mais l’on sait aussi que l’efficacité de carburant n’est pas la première considération dans l’achat d’un VUS pleine grandeur de luxe. L’acheteur éventuel s’intéresse beaucoup plus au luxe des accessoires et à la possibilité de transporter plusieurs personnes dans un confort de limousine et de pouvoir tirer une charge lourde au besoin. Bien que de nombreux modèles de cette catégorie soient des véhicules tout-terrain extrêmement performants, l’on sait que beaucoup de ces véhicules de luxe ne font que rarement du hors-route.

Ce segment coûteux comprend des favoris de longue date comme le Cadillac Escalade, le Lexus LX570 et le Lincoln Navigator. Cet échelon supérieur du royaume des VUS inclut également plusieurs modèles de la gamme Range Roger ainsi que le Mercedes-Benz GLS. Le superbe BMW X7 ainsi qu’un Cadillac Escalade complètement repensé sont les derniers arrivés de cette catégorie. Avec les années, ce segment est devenu de plus en plus luxueux. Dotées d’une technologie de suspension des plus avancées, ces grosses machines sont souvent plus maniables qu’un véhicule de cette taille ne le serait normalement.

Chaque année, le volume vendu dans ce segment représente moins d’un tiers d’un pour cent des ventes totales au Canada. À un prix dépassant facilement les 100 000 $, il n’est pas étonnant que les volumes demeurent bas comparativement à de nombreuses options tout aussi performantes mais plus abordables.

C’est en juillet 2019 que le segment des VUS pleine grandeur de luxe a réalisé sa valeur retenue la plus élevée pour les véhicules de deux à six ans. Depuis, les valeurs ont légèrement faibli, et en mars, l’impact de la COVID-19 dans ce segment s’est soldé par une baisse de 4,5 points, soit 3,4 pour cent, à l’Indice de la valeur retenue des véhicules d’occasion du Canadian Black Book. Ceci est considérablement inférieur à la chute de 6,3 pour cent enregistrée par l’ensemble du marché depuis mars. Ce segment est composé de véhicules très populaires aux États-Unis, où le dollar vigoureux et les possibilités de marges bénéficiaires élevées les rendent idéals pour l’exportation sur le marché de l’occasion. L’exportation est certes un facteur important dans le maintien des valeurs de ce segment.

Le VUS pleine grandeur de luxe qui conserve le mieux sa valeur selon nos Prix de la meilleure valeur retenue de 2020 est le Mercedez-Benz de classe G. Ce véhicule de forme plutôt cubique, souvent appelé G-Wagen (de l’allemand Gelädewagen) descend d’un véhicule militaire mis au point à l’origine pour l’armée argentine. Aujourd’hui, les forces canadiennes en ont plusieurs en service. Ce véhicule a une histoire intéressante et diversifiée puisque, entre autres, il est utilisé à l’échelle mondiale dans des zones de guerre, est un symbole de statut pour les gens riches et célèbres et a souvent transporté des papes. Le véhicule en seconde place dans ce segment en termes de valeur retenue est le Lincoln Navigator; la troisième place est occupée par le Range Rover Sport.

Avec le passage aux options électriques et rechargeables plus économes en carburant, il sera fascinant d’observer comment ces véhicules de grande taille seront recréés pour être plus respectueux de l’environnement et plus économes au quotidien. L’on peut raisonnablement s’attendre à ce que ce soit l’une des dernières catégories à faire la transition. Ceci dit, lorsque notre équipe a l’occasion d’évaluer l’un de ces véhicules, c’est toujours une expérience agréable.

PRÉVISIONS DE PRIX POUR LES VÉHICULES D’OCCASION EN GROS

Impact sur les prix de gros selon le scénario économique le plus probable

La chute libre des prix de gros qui a débuté à la fin de mars au Canada s’est immobilisée, mais il est difficile de dire si cette interruption marque le début d’une remontée importante des valeurs, ce qui a été le cas dans le marché américain, ou s’il ne s’agit que d’une pause temporaire avant que les valeurs ne continuent à baisser. C’est un exemple manifeste de la volatilité actuelle du marché, qui n’affiche pas normalement les hauts et les bas observés cette année. L’on se souviendra qu’en juin, l’Indice de la valeur retenue du Canadian Black Book, qui suit les véhicules de deux à six ans, n’avait perdu que 0,01 points, ce qui le mettait à 5,6 pour cent au-dessous de son niveau d’il y a un an. Plus tôt cette année, les prix de gros avaient baissé de 0,99 pour cent en mars, de 3,58 pour cent en avril et d’un peu plus de 3 pour cent en mai. Le mois dernier, notre indice pour l’ensemble de l’industrie est demeuré inchangé. La fin du mois arrivant dans quelques jours à peine, nous pourrons bientôt faire état des résultats pour juillet.

Les prévisions du Canadian Black Book reflètent la réalité économique : notre équipe prévoit que les valeurs demeureront bien en deçà des prévisions d’avant-crise pour les deux prochaines années.

Prévisions à court terme (été-automne 2020)

Nous projetons une baisse des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise pour l’été et l’automne pendant que l’économie canadienne subit les effets de la COVID-19. Nous prévoyons que les prix de gros seront inférieurs en moyenne de 17 pour cent aux prévisions d’avant-crise pour le reste de 2020. Les diminutions se poursuivront d’ici la fin de l’été, et la reprise commencera au début de 2021. Nous anticipons également que les véhicules plus anciens (plus de six ans), moins coûteux et de condition moyenne ne connaîtront pas une baisse aussi importante en raison de l’accroissement de la demande pour ces unités. L’on s’attend à ce que de nombreux consommateurs recherchent un mode de transport fiable à faible coût. Le coronavirus et la distanciation sociale pousseront également certains utilisateurs des transports en commun ou du covoiturage à acheter une voiture, ce qui fera augmenter les ventes de l’industrie.

Prévisions à long terme (valeurs résiduelles après 36 mois, été-automne 2023)

Les effets de la pandémie continueront à se faire sentir au cours des trois prochaines années. Toutefois, nous prévoyons que les valeurs résiduelles retrouveront leurs niveaux d’avant-crise à mesure que l’approvisionnement en véhicules d’occasion s’amenuisera en raison de la perte de ventes au détail et aux parcs automobiles durant le reste de 2020 et en 2021.

Impact sur les prix de gros selon un scénario de récession grave

Selon ce scénario, nous prévoyons une baisse de 25 pour cent des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise, et une reprise très lente en 2021. Les effets de la pandémie et de la récession continueront d’être ressentis dans 36 mois d’ici, et nous entrevoyons une baisse de 10 pour cent des prix de gros pour l’ensemble du marché par rapport aux prévisions antérieures au virus pour la seconde moitié de 2023. Le facteur qui fera la différence entre le scénario le plus probable et le scénario en cas de récession grave du CBB sera notre capacité de combattre la propagation du virus. Si une ou plusieurs vagues subséquentes particulièrement importantes de COVID-19 nous obligent à fermer à nouveau l’économie, la récession sera encore plus marquée.

SECTEUR DU DÉTAIL

Prix de détail

Au cours de la dernière semaine, les prix de détail demandés ont poursuivi leur tendance à la baisse, ayant perdu 1,75 pour cent depuis la première semaine de juin. Cette analyse est basée sur la revue quotidienne des prix de liste des véhicules des détaillants canadiens. Le prix demandé ne reflète pas nécessairement le prix final d’une transaction, car le détaillant dispose de souplesse pour chaque vente. Nous avons vu les prix de gros baisser de 7,18 pour cent depuis le début de la crise, mais cette chute ne se reflète pas encore entièrement dans les prix demandés. Actuellement, nous observons que l’offre de véhicules d’occasion demeure faible et qu’il n’existe donc pas de besoin de baisser les prix de détail. Le Canada se trouvant actuellement en période de récession grave, nous prévoyons que les prix demandés baisseront au cours des mois qui viennent avec l’affaiblissement de la demande des consommateurs.

Perspectives de ventes au détail

• Après juillet, nous aurons une meilleure idée des résultats de ventes au détail de l’été. Avec le temps, à la suite la réouverture des établissements de détail, il y aura moins de demande accumulée dans le marché. À la fin du mois et au cours des mois qui viennent, cette accumulation finira par être éliminée.
• Nous sommes plus qu’à la moitié de 2020 et les ventes sont inférieures de 34 pour cent à la même période l’an dernier. L’équipe du CBB prévoit que les ventes au détail de voitures neuves termineront l’année à 25 pour cent de moins qu’en 2019.
• Le bouleversement subi par la production de véhicules neufs continuera d’être un facteur prédominant dans le marché d’ici la fin de 2020. Les médias de l’industrie ont notamment annoncé que Toyota comptait réduire sa production mondiale de 10 pour cent, avec une amélioration à deux pour cent en août. Volvo fait état d’une pénurie de pièces en provenance du Mexique. Les États-Unis déclarant ces jours-ci plus de 60 000 nouveaux cas de COVID-19 par jour, nous pouvons nous attendre à des perturbations dans l’assemblage de véhicules et la production de pièces, ce malgré toutes les précautions qui ont été prises.

Perspectives de ventes de véhicules neufs

Nos perspectives de ventes de véhicules neufs demeurent inchangées par rapport à notre dernière mise à jour. Nous prévoyons une réduction marquée des ventes de véhicules neufs au Canada en 2020 (détail et parcs) en raison de la baisse de demande des consommateurs. Ceci est attribuable à plusieurs facteurs, y compris le fait que les gens conduisent moins en raison du télétravail et des restrictions, le taux de chômage élevé ainsi qu’une forte érosion de la confiance des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs ont accusé une chute de 34 pour cent au cours des six premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière. Les résultats de juillet et août seront révélateurs, car on prévoit qu’il y aura moins de ventes de véhicules attribuables à la demande accumulée durant ces mois.

Selon notre scénario économique de base (A), nous prévoyons une baisse de 25 pour cent (par rapport aux prévisions d’avant-crise) des ventes de véhicules neufs en 2020 pour atteindre 1,436 millions d’unités. Selon le scénario de récession grave (B), nous prévoyons une baisse de 40 pour cent des ventes de véhicules neufs en 2020, lesquelles se chiffreront à 1,149 millions d’unités. Une récession profonde, si elle se produit, sera entraînée par la prolongation des mesures d’interdiction en raison de vagues multiples de COVID-19. À plus long terme, nous estimons que le volume de vente de véhicules neufs reviendra au niveau d’avant-crise d’ici cinq ans. Pour l’instant il semble que le scénario A est le plus probable, à moins bien sûr que l’on assiste à une forte résurgence du virus au cours des mois qui viennent.

PRÉVISIONS DE L’OFFRE DE VÉHICULES D’OCCASION

Le Canadian Black Book continue d’anticiper une offre considérablement plus élevée de véhicules d’occasion sur le marché de gros pour les mois qui viennent en raison de divers facteurs :

• L’approvisionnement actuel demeure faible. Plusieurs mois de ventes réduites, suivis d’une réduction des échanges, ont entraîné une diminution du nombre de véhicules accessibles pour l’achat et la vente sur le marché de gros. CBB considère qu’il s’agit là d’une situation temporaire et que l’offre augmentera au cours des mois qui viennent, surtout en raison d’un nombre accru de retours de bail et de reprises de possession.
• Les retours de bail retardés en raison des prolongations de bail offertes par les équipementiers sont en train d’arriver sur le marché.
• La réduction importante du parc automobile des entreprises de location en raison de la baisse de demande des consommateurs dans le secteur du voyage se poursuivra, mais l’on s’attend à ce que ces entreprises s’efforcent de procéder de façon graduelle et stratégique afin d’éviter d’inonder le marché, ce qui réduirait leurs propres résultats aux ventes aux enchères en gros.
• L’accroissement du nombre de reprises de possession en raison de la détérioration des conditions économiques a commencé. Il faudra plusieurs mois à l’industrie pour rattraper le retard et récupérer et vendre ces véhicules. Les agences de crédit prédisent que nous verrons une recrudescence des défauts de remboursement de prêts à l’automne.
• Au Canada, beaucoup de baux arrivaient déjà à échéance en 2020 et 2021; avec la baisse des valeurs et l’incertitude économique qui règne, les taux de retour de véhicules pourraient augmenter en raison de la réduction des rachats par les titulaires de bail.
• L’on s’attend à ce que des entreprises réduisent leurs parcs automobiles en raison du ralentissement de leurs activités et du besoin de liquidités.

Prévisions à court terme des retours de bail

Au début de cette année, on prévoyait qu’un volume record de 400 000 baux arriverait à échéance. Lorsque la pandémie a frappé et que la fabrication a presque entièrement cessé, les équipementiers ont déployé des efforts pour prolonger les baux afin de repousser les retours plus loin en 2020 et d’être en mesure de fournir des véhicules de remplacement. Ces véhicules sont en train de revenir sur le marché cet été et continueront à l’automne. Pour cette raison, nous anticipons l’arrivée sur le marché d’au moins 60 pour cent d’unités additionnelles au cours de la seconde moitié de 2020 (comparativement aux estimations d’avant-crise) en raison du ralentissement des ventes en mars, avril et mai ainsi que des retours de véhicules suite aux prolongations de bail.

Retour de véhicules de location

Les voyages d’affaires et de loisirs demeurent cloués au sol au Canada et dans le monde entier. Selon l’IATA (International Air Transport Association), tous les voyages seront sérieusement affectés jusqu’en 2023. Les voyages aériens ont diminué à eux seuls de plus de 90 pour cent au Canada, et certains transporteurs, dont Air Canada, ont annulé plusieurs itinéraires et réduit leurs effectifs. En raison de cette pression sur le marché du voyage, et par conséquent sur les entreprises de location de voitures, le panorama de ce secteur subit une transformation marquée. Dans une récente étude menée par l’IATA, 66 pour cent des répondants ont indiqué qu’ils feraient moins de voyages de plaisance et d’affaires même après la pandémie.

Durant une année normale au Canada, plus de 200 000 véhicules sont vendus aux entreprises de location. Celles-ci gardent généralement ces véhicules pendant 12 à 18 mois, puis les envoient sur le marché de la revente. Avec la réduction des activités, le marché n’aura pas fourni autant d’unités de location comme source de véhicules légèrement usagés en 2021 et 2022 qu’au cours des années précédentes. À court terme, nous n’avons pas vu de revente importante de parcs de véhicules de location au Canada. Ces entreprises ont reconnu qu’une revente à grande échelle mettrait une pression temporaire accrue sur les prix en raison de l’influx soudain de véhicules.

De nouveaux reportages dans les médias indiquent que Hertz a accepté de payer 650 millions de dollars à divers prêteurs qui détiennent un droit de propriété indirect dans son parc de véhicules de location. Ceci met un frein à la bataille juridique sur le sort des véhicules. Dans le cadre de cette entente, Hertz suspendra ses efforts visant à annuler certains des quelque 500 000 contrats de location. Le 22 mai dernier, Hertz a demandé la protection de la loi sur les faillites en Amérique du Nord en raison de la pandémie. La taille du parc canadien n’est pas publiquement connue. La semaine dernière les médias ont relaté que Hertz vendrait 182 000 unités sur le marché américain au cours des cinq prochains mois. Si Hertz Canada met également un grand nombre de véhicules sur le marché, cela mettra de la pression à la baisse sur les prix pour certains modèles et segments.

Nous prévoyons que d’autres entreprises de location à part Hertz réduiront leur parc au cours de l’été et de l’automne en réaction à la baisse de la demande aux aéroports. Ceci se traduira par l’arrivée de quelque 25 000 véhicules de location additionnels sur le marché de gros au cours des six prochains mois.

Prévisions de retour de véhicules d’occasion à plus long terme

Avec la réduction des ventes (détail et parcs) au cours des années qui viennent, nous prévoyons une baisse d’environ 8 000 véhicules d’occasion par mois sur le marché dans trois ans comparativement aux prévisions précédentes. Cet approvisionnement limité sera bénéfique pour les prix des voitures d’occasion.

Reprises de possession

Chose regrettable, en raison de la conjoncture économique canadienne actuelle, le taux de non-paiement des baux et des prêts automobiles augmentera. En juin, Equifax a indiqué qu’elle prévoyait une augmentation de 25 pour cent des défauts de remboursement de tous types au cours des six prochains mois. Certains de ces cas mèneront forcément à des reprises de possession, lesquelles pousseront davantage de véhicules vers la vente aux enchères et le marché secondaire, ce qui augmentera l’offre de véhicules disponibles à la vente. Actuellement, plusieurs prêteurs du marché automobile ont interprété les règles de l’Ontario entourant la COVID-19 comme signifiant que la revente des véhicules repris doit être interrompue jusqu’au début de septembre. Ce facteur ralentit également l’arrivée des reprises de possession à la vente aux enchères.