COVID-19 Mise à jour sur le marché

September 11 2020
CBB

9 septembre
2020

RÉSUMÉ

- La semaine dernière, Statistique Canada a annoncé que le taux de chômage avait baissé de 0,7 pour cent à 10,2 pour cent, ce qui représente une nette amélioration par rapport au taux record de 13,7 pour cent enregistré enmai 2020.

- Statistique Canada a également indiqué qu’en août, 2,5 millions de Canadiens ont travaillé à domicile, comparativement au pic de 3,4 millions observé en avril. La faible utilisation des véhicules pour les déplacements domicile-travail qui en a résulté se traduit par des milliards de kilomètres de moins sur les véhicules canadiens, ce qui améliore la qualité générale des véhicules d’occasion.

- Les prix de gros des véhicules d’occasion canadiens ont continué à se renforcer cette semaine, gagnant 0,14 pour cent dans le cas des voitures et 0,10 pour cent pour la catégorie des camions, soit moins dans les deux cas qu’au cours des semaines précédentes.

- En ce qui concerne les prix de gros des véhicules d’occasion américains cette semaine, les valeurs des camions ont poursuivi leur montée avec un gain de 0,18 pour cent, tandis que celles des voitures ont reculé de 0,22 pour cent après 15 semaines à la hausse.

- L’équipe du Canadian Black Book note que l’approvisionnement en véhicules d’occasion demeure réduit alors que la demande reste robuste, ce en dépit de la récession.

- Le nombre moyen de jours de rotation des stocks de voitures d’occasion a terminé la semaine avec une moyenne mobile de 14 jours de 52, ce qui est beaucoup plus bas que la normale.

- Le dollar canadien a gagné 0,003 $ la semaine dernière, poursuivant un renforcement qui a débuté en juillet. À long terme, les gains feront monter le prix des voitures d’occasion canadiennes exportées aux États-Unis.

En ces premiers jours de septembre, nous continuons à voir les valeurs de gros remonter dans le marché canadien. La semaine dernière, nous avons noté une hausse moyenne de 0,14 pour cent des valeurs du côté des voitures, et de 0,10 pour cent pour les camions. Il s’agit de la septième semaine consécutive de gains pour les camions et la quatrième pour les voitures. Il est intéressant de noter que du côté américain, le marché de gros a connu une hausse de 0,18 pour cent pour les camions, mais que les voitures ont perdu 0,22
pour cent, mettant un terme à 15 semaines consécutives d’augmentation des
valeurs. Ce ralentissement pourrait marquer le début du déclin prévu des
valeurs au cours de la dernière partie de 2020.

Cette semaine, l’industrie canadienne de l’automobile
a publié les volumes de ventes de voitures neuves pour le mois d’août.
Desrosiers Automotive Consultants estime que les ventes de véhicules légers ont
accusé une baisse de 8,9 pour cent pour le mois par rapport à août 2019. Ce
résultat est beaucoup plus faible que la baisse de 4,9 pour cent enregistrée en
juillet 2020 comparativement à juillet 2019. En raison du peu d’équipementiers
qui déclarent volontairement leurs ventes, ces chiffres ne sont qu’une
estimation. À la fin de septembre, nous verrons des chiffres plus concrets
lorsque les fabricants déclareront leurs résultats du troisième trimestre.

La semaine dernière, nous avons également vu des
nouvelles économiques très positives relativement à l’emploi and l’Enquête sur
la population active de Statistique Canada pour le mois d’août. L’EPA sonde
50 000 ménages canadiens afin de comprendre leur situation d’emploi et de
chômage. L’étude conclut que le taux de chômage a baissé de 0,7 pour cent pour
atteindre 10,2 pour cent en août.

Le taux de chômage canadien a grimpé jusqu’à 13,7 pour cent en mai, ce qui constituait un record de tous les temps. Le nombre de personnes employées au Canada est aujourd’hui à 1,1 million près du niveau d’avant-crise de février. Il est important de noter qu’à la suite de la récession de 2008-2009, il a fallu près de neuf ans avant que le taux de chômage ne revienne à son niveau d’avant-crise.

Source : Statistique Canada. Tableau 14-10-0287-01 Caractéristiques de la population active

La semaine dernière, le gouvernement fédéral canadien a annoncé la signature d’ententes pour la fourniture d’un vaccin avec quatre entreprises internationales de biotechnologie. L’annonce précise que le Canada a obtenu un minimum garanti de 88 millions de doses de vaccin, avec l’option de 102 millions de doses supplémentaires, pour un total de 190 millions de doses.

On a également lu cette semaine (Globe and Mail du 5 septembre 2020) que le gouvernement fédéral entend prolonger jusqu’en septembre le programme d’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) pour les propriétaires commerciaux afin de venir en aide à la petite entreprise durant la pandémie. C’est là une nouvelle très positive pour les nombreuses entreprises qui luttent pour redémarrer leurs activités durant la crise.

APERCU DU MARCHÉ DE GROS ACTUEL

L’équipe d’analystes du Canadian Black Book combine plus de 70 années d’expérience et de connaissances dans le domaine de l’automobile. En communication constante avec les détaillants, les marchands, les sociétés de financement et les fabricants de véhicules, nos analystes observent les prix afin de suivre le marché de manière indépendante et de produire des mises à jour quotidiennes. Notre personnel de recherche assiste également chaque jour (de façon virtuelle en ce moment) aux principales ventes aux enchères au Canada.

Perspectives de ventes aux enchères

• Les activités du marché de gros canadien continent de s’opérer essentiellement en ligne.
• Les principaux encans n’ont pas actuellement de ventes physiques au bloc, mais dans la plupart des cas, ils permettent aux acheteurs potentiels de visiter le terrain au cours des jours précédant la vente aux enchères numérique hebdomadaire.
• L’équipe du CBB continue de suivre les résultats du marché de gros provenant des encans en ligne.
• On ne sait toujours pas à quel moment les encans physiques pourront revenir à leur formule d’avant-crise, c’est-à-dire les enchères en personne, les voitures circulant dans les lignes et passant au bloc.

Volume de ventes aux enchères

À ce jour en septembre, l’équipe d’analystes du CBB note que le volume de ventes aux enchères demeure vigoureux. Les circuits de vente aux enchères en amont et de vente privée ont connu un grand succès jusqu’à présent cette année. Dans bien des cas, le succès des circuits en amont peut détourner les stocks des encans publics. Le nombre de véhicules disponibles pour la vente n’est pas à un niveau typique pour septembre. Toutefois, nous estimons que les volumes de ventes aux enchères se situent à environ 80 pour cent des niveaux d’avant-crise.

Les pénuries de stock ont continué de dominer les commentaires du marché cette semaine. Nous avons noté que le nombre de jours de rotation des véhicules annoncés en vente par les détaillants a à nouveau chuté au cours de la première semaine de septembre. La moyenne nationale est maintenant de 52 jours. Par comparaison, ce nombre était de 75 jours à la fin de mai.

Le manque de produits est le résultat de l’évolution du marché durant l’année difficile qu’a été 2020. Lorsque les mesures de confinement ont mis un frein à la majorité de l’industrie au Canada, le nombre de véhicules échangés qui vont normalement à l’encan et aux marchands s’en est trouvé fortement réduit. Des dizaines de milliers de retours de location, une source très importante d’approvisionnement en véhicule usagés, ont été reportés, ce qui a retardé l’arrivée de ces véhicules sur le marché. Simultanément, le nombre de reprises de possession a également réduit l’approvisionnement en véhicules pour la vente en gros. Notre équipe prévoit un volume considérablement plus important de reprises de possession d’ici la fin de 2020. Il est estimé qu’un taux de chômage beaucoup plus élevé que prévu ainsi que la menace de fermeture de nombreuses entreprises canadiennes entraîneront une hausse des reprises de possession. L’offre augmentera lorsque les véhicules repris et les retours de location différés arriveront sur le marché. Cette hausse de l’offre, à un moment où l’avenir de la demande est incertain, mettra une pression à la baisse sur les prix avant l’arrivée d’une reprise durable.

TENDANCES ACTUELLES DES PRIX DE GROS

Ensemble du marché

Pour la première semaine de septembre, l’équipe du Canadian Black Book a noté une augmentation des valeurs de gros tant du côté des voitures que des camions (comprenant VUS, camionnettes et fourgonnettes). Les hausses sont inférieures à celles de certaines grosses semaines que nous avons connues au cours des deux derniers mois, mais la tendance de l’ensemble du marché demeure positive. Ceci est la quatrième semaine consécutive de résultats positifs pour les voitures, et la septième pour les camions.

Pour la semaine du 31 août, l’équipe du CBB a observé une augmentation moyenne de 0,14 pour cent des prix de gros pour les neuf segments de voitures que nous suivons. La variation hebdomadaire moyenne au cours des quatre dernières semaines a été de +0,17 pour cent. Ce marché est certes différent de ce que nous avons vu au début d’avril, alors que des pertes de 0,51 pour cent ont été enregistrées pendant deux semaines de suite. Bien que les voitures aient continué à reprendre du poil de la bête au cours du dernier mois, elles n’ont pas augmenté à la même vitesse que les segments de camions. Au cours des quatre dernières semaines, les camions ont gagné en moyenne 0,44 pour cent, ce qui est plus de deux fois et demie la hausse moyenne des valeurs de voitures pour la même période.

Pour la semaine écoulée, c’est le segment des voitures pleine grandeur qui a enregistré le gain le plus marqué, soit 0,44 pour cent; il ne s’agit pas d’un record pour ce segment, mais c’est tout de même une hausse notable. Ce segment est suivi de celui des voitures compactes, qui ont gagné 0,32 pour cent, puis de celui des voitures de luxe à 0,20 pour cent.

Un seul segment de voitures a perdu un peu de valeur cette semaine, celui des voitures sport de luxe, qui a baissé de 0,01 pour cent, le pic saisonnier habituel de ce segment tirant maintenant à sa fin pour 2020.

Les segments de camions du marché canadien ont poursuivi leurs résultats positifs la semaine dernière. Pour la première semaine de septembre, la valeur de l’ensemble des 13 segments a augmenté de 0,10 pour cent. Il s’agit de la hausse hebdomadaire la plus modeste pour les camions au cours des sept dernières semaines. Les augmentations des valeurs des voitures et des camioins semblent être en train de ralentir avec la fin de l’été.

Pour la semaine du 31 août, c’est le segment des VUS sous-compacts de luxe qui a connu le gain le plus marqué, soit 0,69 pour cent. Il ne s’agit pas d’un record, mais ce pourcentage demeure considérablement supérieur à la moyenne pour la semaine. En deuxième place, les segments des VUS compact et des VUS intermédiaires sont arrivés à égalité avec des augmentations respectives de 0,28 pour cent.

Trois segments ont reculé la semaine dernière. La baisse la plus marquée, soit -0,36 pour cent a été enregistrée par le segment des fourgonnettes pleine grandeur. Les segments des VUS compacts de luxe et des VUS intermédiaires de luxe ont tous deux baissé de 0,09 pour cent au cours de la semaine.

Dans le graphique ci-dessous nous partageons les résultats provenant de l’un de nos outils d’analyse exclusifs, Visual Analytics (Canada – pourcentage pondéré de changement dans la valeur du segment des modèles de deux à huit ans). Les données illustrent les tendances hebdomadaires des valeurs. Ceci est basé sur des données provenant du marché de gros canadien, recueillies et analysées par notre équipe.

Les voitures sont illustrées en bleu et les camions en rouge (comprend fourgonnettes, VUS et camionnettes). Les données du graphique remontent à mars 2019 afin que le lecteur puisse observer les tendances hebdomadaires sur une période plus longue et comparativement à la période d’avant-crise.

Le graphique démontre que la tendance hebdomadaire normale était à la baisse depuis juin 2019, bien avant l’arrivée de la COVID-19. Puis, en avril de cette année, les valeurs ont accusé une forte chute en raison du bouleversement entrainé par la pandémie. L’on se souviendra que c’est le moment où les marchands d’un bout à l’autre du Canada ont été obligés de fermer leurs portes ou l’on fait volontairement.

En ce début de septembre, le marché demeure en territoire positif et les valeurs de gros ont augmenté. Nous n’avons vu aucune baisse depuis la semaine du 7 août, lorsque les segments des voitures ont accusé un faible recul de 0,04 pour cent. Les segments de camions n’ont vu aucune chute depuis la semaine du 17 juillet, alors qu’ils ont chuté de 0,14 pour cent. La tendance à la hausse semble toutefois ralentir, et nous prévoyons qu’à l’automne nous verront les valeurs baisser davantage avant que le marché de retrouve peu à peu sa stabilité.

COMPARAISON ENTRE LES MARCHÉS CANADIEN ET AMÉRICAIN

La semaine dernière dans le marché de gros américain, les segments de camions ont continué à se renforcer, alors que la tendance a soudainement tourné au négatif pour les segments de voitures. Aux États-Unis, les voitures ont perdu -0,22 pour cent après 15 semaines d’augmentation. Les camionnettes, VUS et fourgonnettes ont gagné 0,18 pour cent pour la semaine, ce qui représente la quinzième semaine consécutive de gains.

Le dollar canadien demeure beaucoup plus fort que durant les deux premiers mois de la crise, et il a accusé une légère hausse la semaine dernière, soit de 0,003 $. Un dollar canadien plus faible a normalement un effet positif sur les valeurs, alors qu’un dollar plus vigoureux rend les voitures d’occasion canadiennes exportées aux États-Unis plus coûteuse pour les acheteurs de ce marché essentiel.

Au cours de cette crise sans précédent, le marché américain a conservé une longueur d’avance sur le marché canadien, tant pour ce qui est du moment des fluctuations de valeur que de l’ampleur de celles-ci. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, qui compare l’indice de la valeur retenue des véhicules d’occasion pour les deux pays, le marché américain a débuté sa reprise plus rapidement, et cette reprise a été beaucoup plus marquée que ce que nous avons vu dans le marché canadien. Ces indices suivent la valeur retenue réelle des véhicules de deux à six ans. Il ne s’agit pas de prévisions mais bien des résultats réels enregistrés sur le marché. Dans les deux marchés au cours des quelques dernières semaines, nous avons assisté à un ralentissement de l’augmentation des valeurs, ce qui pourrait signaler le début d’un fléchissement. Ceci dit, les deux marchés reflètent toujours leur situation respective, qui est fonction de l’offre et de la demande.

Les tendances à la hausse ou à la baisse des prix de l’un des marchés ne se reflètent pas nécessairement dans ceux de l’autre. Ceci a été le cas durant la crise de la COVID-19. L’approche des deux pays en matière de gestion du virus et des mesures de confinement, et par conséquent l’impact économique qui en a découlé, ont en effet été très différents. Au Canada, les restrictions et les fermetures obligatoires d’entreprises, particulièrement en Ontario et au Québec, ont été plutôt sévères. Une grande partie des États-Unis a adopté une vision plus optimiste de la crise et levé les restrictions très tôt ou n’en a pas imposé du tout, ce qui a réduit l’impact pour les entreprises. À plus long terme, les taux d’infection et de décès moindres au Canada pourraient permettre à l’économie canadienne de se rétablir plus rapidement et avec moins de dommages durables comparativement à l’économie américaine.

PRÉVISIONS DE PRIX POUR LES VÉHICULES D’OCCASION EN GROS

Impact sur les prix de gros selon le scénario économique le plus probable

La chute libre des prix de gros qui a débuté à la fin de mars au Canada s’est immobilisée à la fin de juin. Ce changement de cap a marqué le début d’une remontée importante des valeurs, comme cela a été le cas dans le marché américain.

L’on se souviendra que les prix de gros avaient baissé
de 0,99 pour cent en mars, de 3,58 pour cent en avril, d’un peu plus de
3 pour cent en mai, et qu’ils sont demeurés stables en juin. Pour juillet,
les valeurs ont augmenté de 3,18 pour cent, soit 3,20 points d’indice, ce qui
est remarquable. En août, on a enregistré un autre gain record, soit 3,73 points
d’indice ou 3,60 pour cent. Il s’agit de l’augmentation la plus importante de
toute l’histoire de l’Indice, qui existe depuis janvier 2005. L’Indice du CBB se
situe aujourd’hui à 0,19 points de plus qu’il y a un an, et à 0,83 points de
moins qu’en janvier 2020.

Les prévisions du Canadian Black Book reflètent une
nouvelle réalité économique : notre équipe prévoit que les valeurs
demeureront en deçà des prévisions d’avant-crise pour les deux prochaines
années.

Prévisions à court terme (été-automne
2020)

Nous projetons une baisse des prix de gros par rapport
à la base de référence d’avant-crise pour l’automne et l’hiver pendant que l’économie
canadienne subit les effets de la COVID-19. En août, nous avons révisé nos
prévisions en fonction des signes positifs observés dans les tendances de prix
des véhicules d’occasion. Nous prévoyons que les prix de gros seront inférieurs
en moyenne de 10 pour cent aux prévisions d’avant-crise du printemps 2020
pour les mois qui restent en 2020. Nous nous attendons à ce que les diminutions
se poursuivent durant l’automne et que la reprise commence au début de 2021. Nous
prévoyons que les segments de voitures baisseront de 13 pour cent durant cette
période. Toutefois, nous nous attendons à ce que les camionnettes et VUS ne
perdent pas autant de terrain, soit seulement 8 pour cent. Il s’agit d’une
révision de nos prévisions, effectuée à la mi-août lorsque la reprise des
valeurs s’est avérée plus forte et plus précoce que prévue.

Nous anticipons également que les véhicules plus
anciens (plus de six ans), moins coûteux et de condition moyenne ne connaîtront
pas une baisse aussi importante en raison de l’accroissement de la demande pour
ces unités. L’on s’attend à ce que de nombreux consommateurs
recherchent un mode de transport fiable à faible coût. Le coronavirus et la
distanciation sociale pousseront également certains utilisateurs des transports
en commun ou du covoiturage à acheter une voiture, ce qui fera augmenter les
ventes de l’industrie.

Prévisions à long terme (valeurs
résiduelles après 36 mois, été-automne 2023)

Les effets de la pandémie continueront à se faire
sentir au cours des trois prochaines années. Toutefois, nous prévoyons que les
valeurs résiduelles retrouveront leurs niveaux d’avant-crise à mesure que l’approvisionnement
en véhicules d’occasion s’amenuisera en raison de la perte de ventes au détail
et aux parcs automobiles durant le reste de 2020 et en 2021.

Impact sur les prix de gros selon un scénario de
récession grave

Selon ce scénario, nous prévoyons une baisse de 25 pour cent des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise, et une reprise très lente en 2021. Les effets de la pandémie et de la récession continueront d’être ressentis dans 36 mois d’ici, et nous entrevoyons une baisse de 10 pour cent des prix de gros pour l’ensemble du marché par rapport aux prévisions antérieures au virus pour la seconde moitié de 2023. Le facteur qui fera la différence entre le scénario le plus probable et le scénario en cas de récession grave du CBB sera notre capacité de combattre la propagation du virus. Si une ou plusieurs vagues subséquentes particulièrement importantes de COVID-19 nous obligent à fermer à nouveau l’économie, la récession sera encore plus marquée.

SECTEUR DU DÉTAIL

Prix de détail

Une tendance négative des prix de détail a marqué le
début du mois de septembre, semblable à ce que nous observons depuis le début
de juin de cette année. Cette tendance est très différente de ce que nous
observons dans le marché de gros, où les valeurs sont en hausse. Nous concluons
de ces données que les marges des détaillants canadiens sur les véhicules d’occasion
demeurent sous pression et que les niveaux de bénéfice demeurent réduits durant
cette crise. Les prix de détail moyens mobiles de 14 jours, indiqués par la
ligne verte ci-dessous, ont chuté de 3,2 pour cent depuis le pic de la première
semaine de juin. Au cours de la même période, nous avons vu les prix de gros
augmenter de plus de 6 pour cent, ce qui a comprimé les marges de près de 9 pour
cent. La chute totale des prix de détail est de 927 $, ce qui est énorme
pour les détaillants.

Durant la même période, le CBB a noté que le nombre de
jours de rotation des stocks est demeuré considérablement plus court que plus
tôt au cours de la pandémie. Nous en concluons que les détaillants liquident
leurs stocks assez rapidement, mais à des niveaux de bénéfice brut beaucoup
plus faibles.

Voici une analyse du CBB des véhicules mis en vente par les détaillants canadiens. Celle-ci n’inclut pas les véhicules offerts en vente par leurs propriétaires. Les prix demandés indiqués ne reflètent pas nécessairement le prix final d’une transaction, car le détaillant dispose de souplesse pour chaque vente. Les commentaires reçus du marché continuent d’indiquer que l’offre de véhicules d’occasion en bon état est insuffisante. À mesure que l’approvisionnement augmentera au cours des mois qui viennent, nous prévoyons que les prix de gros et les prix de détail demandés baisseront.

Perspectives de ventes au détail

• Selon l’estimation de Desrosiers Automotive Consultants, les ventes de véhicules légers neufs ont baissé de 8,9 pour cent en août 2020 comparativement à la même période l’an dernier.
• Ce résultat est considérablement inférieur à celui de juillet, lorsque les ventes n’ont baissé que de 4,9 pour cent pour le mois.
• Les résultats d’août illustrent mieux le niveau naturel de demande de véhicules durant cette période d’incertitude. À mesure que nous avançons dans l’année, la demande accumulée a de moins en moins d’impact sur les résultats de vente. Étant donné que de nombreux concessionnaires étaient fermés au début de la pandémie, l’on sait que les résultats initiaux suivant la réouverture comprenaient une demande qui s’était accumulée au printemps et qui n’avait pas été satisfaite.
• D’ici la fin de 2020, et en fait jusqu’au déploiement à grande échelle d’un vaccin efficace contre la COVID-19, le marché mondial des véhicules neufs continuera d’être perturbé en raison du bouleversement dans l’approvisionnement de voitures et de pièces neuves.

Perspectives de ventes de véhicules neufs

Nos perspectives de ventes de véhicules neufs demeurent inchangées par rapport à notre dernière mise à jour. Nous prévoyons une réduction marquée des ventes de véhicules neufs au Canada en 2020 (détail et parcs) en raison de la baisse de demande des consommateurs. Ceci est attribuable à plusieurs facteurs, y compris le fait que les gens conduisent moins en raison du télétravail et des restrictions, le taux de chômage élevé ainsi qu’une forte érosion de la confiance des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs ont accusé une chute de 34 pour cent au cours des six premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière.

Selon notre scénario économique de base (A), nous prévoyons une baisse de 25 pour cent (par rapport aux prévisions d’avant-crise) des ventes de véhicules neufs en 2020 pour atteindre 1,436 millions d’unités. Selon le scénario de récession grave (B), nous prévoyons une baisse de 40 pour cent des ventes de véhicules neufs en 2020, lesquelles se chiffreront à 1,149 millions d’unités. Une récession profonde, si elle se produit, sera entraînée par la prolongation des mesures d’interdiction en raison de vagues multiples de COVID-19. À plus long terme, nous estimons que le volume de vente de véhicules neufs reviendra au niveau d’avant-crise d’ici cinq ans. Pour l’instant, en fonction du progrès réalisé dans la lutte contre le virus au Canada, il semble que le scénario A soit le plus probable, à moins que l’on assiste à une forte résurgence au cours des mois qui viennent entraînant de nouvelles mesures de confinement.

PRÉVISIONS DE L’OFFRE DE VÉHICULES D’OCCASION

Le Canadian Black Book continue d’anticiper une offre considérablement plus élevée de véhicules d’occasion sur le marché de gros pour les mois d’automne en raison de divers facteurs :

• Nos mesures de marché indiquent que le taux moyen de rotation des véhicules usagés était de 52 jours la semaine dernière, ce qui est considérablement inférieur à la durée de 73 jours enregistrée au début de juin.
• Au cours des dernières semaines, le taux de rotation des stocks s’est stabilisé, mais il demeure en deçà que les normes historiques.
• De nombreux mois de ventes réduites et la diminution des échanges qui en a résulté ont eu pour effet de restreindre le nombre de véhicules disponibles pour l’achat et la vente sur le marché de gros. Le CBB considère qu’il s’agit là d’une situation temporaire et que l’approvisionnement s’améliorera au cours des mois qui viennent, surtout à mesure que le nombre de retours de location et de reprises de possession commencera à augmenter.
• Les retours de bail retardés en raison des prolongations de bail offertes par les équipementiers sont en train d’arriver sur le marché.
• La réduction importante du parc automobile des entreprises de location en raison de la baisse de demande des consommateurs dans le secteur du voyage se poursuivra, mais l’on s’attend à ce que ces entreprises s’efforcent de procéder de façon graduelle et stratégique afin d’éviter d’inonder le marché, ce qui réduirait leurs propres résultats aux ventes aux enchères en gros.
• Au Canada, beaucoup de baux arrivaient déjà à échéance en 2020 et 2021; avec la baisse des valeurs et l’incertitude économique qui règne, les taux de retour de véhicules pourraient augmenter en raison de la réduction des rachats par les titulaires de bail.
• L’on s’attend à ce que des entreprises réduisent leurs parcs automobiles en raison du ralentissement de leurs activités et du désir de libérer des liquidités.

Prévisions à court terme des retours de bail

Au début de 2020, on prévoyait qu’un volume record de 400 000 baux arriverait à échéance. Lorsque la pandémie a frappé et que la fabrication a presque entièrement cessé, les équipementiers ont déployé des efforts pour prolonger les baux afin de repousser les retours plus loin en 2020 et d’être en mesure de fournir des véhicules de remplacement. Ces véhicules sont en train de revenir sur le marché cet automne. Pour cette raison, nous anticipons l’arrivée sur le marché d’au moins 60 pour cent d’unités additionnelles au cours de la seconde moitié de 2020 (comparativement aux estimations d’avant-crise) en raison du ralentissement des ventes en mars, avril et mai ainsi que des retours de véhicules suite aux prolongations de bail.

Retour de véhicules de location

L’industrie du voyage demeure durement touchée par la crise de la COVID-19. Les voyages aériens par les visiteurs internationaux au Canada ont diminué de 95 pour cent en 2020. La frontière entre le Canada et les États-Unis demeurant fermée au moins jusqu’à plus tard ce mois-ci, le nombre de voyageurs en provenance de notre voisin du sud demeure également extrêmement limité. Statistique Canada a récemment indiqué que le nombre de passagers prenant l’avion au Canada avait atteint son niveau le plus bas en 40 ans.

Les entreprises de location ont connu une hausse de leurs activités locales, par exemple des résidents qui louent une voiture pendant que leur véhicule est en réparation, ou pour voyager au Canada. L’on estime que la hausse est également attribuable au fait que certaines personnes louent une voiture pour éviter le covoiturage ou les transports en commun.

Durant une année normale au Canada, environ 200 000 véhicules sont vendus aux entreprises de location, ce qui représente un peu plus de 10 pour cent du volume total de l’industrie. Ces entreprises gardent généralement ces véhicules pendant 12 à 18 mois, puis les envoient sur le marché de la revente. La réduction des voitures de location pourrait bien dépasser 100 000 unités en 2020, ce qui comptera pour plus de 5 pour cent du déclin de l’industrie.

Avec une telle réduction des activités, le marché n’aura pas fourni autant d’unités de location comme source de véhicules légèrement usagés en 2021 et 2022 qu’au cours des années précédentes.

Reprises de possession

La hausse des activités de reprise de possession est l’un des nombreux effets secondaires désagréables de la pandémie. Du côté positif, cette situation améliore l’approvisionnement en véhicules d’occasion. Jusqu’à présent cette année, nous n’avons pas vu de hausse marquée des reprises de possession, bien que de nombreux véhicules aient été retournés volontairement par leurs propriétaires, faute de pouvoir faire leurs versements.

Il y a plusieurs raisons au faible taux de reprises de possession. Au début de la crise, les prêteurs ont offert des mesures d’allégement à leurs clients, allant de 30 jours dans certains cas à jusqu’à six mois dans d’autres. Ceci a certainement permis à de nombreux consommateurs de se remettre financièrement et de recommencer à faire leurs versements. Par conséquent, un grand nombre de cas de non-paiement ne feront surface que plus tard au cours de l’année. Les divers programmes d’aide du gouvernement ont également beaucoup aidé les consommateurs qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie à assurer leurs paiements automobiles. Cette aide a contribué à réduire le nombre de reprises de possession et, par conséquent, l’approvisionnement du marché de gros. Si le gouvernement réduit les programmes d’aide d’urgence, l’on s’attend à voir une augmentation des reprises de possession. En termes pratiques, la période de fin mars au début de mai a rendu les reprises de possession extrêmement difficiles et, dans certains cas, non sécuritaires en raison de l’infection. L’on prévoit que les reprises de possession augmenteront à la fin de l’été et au début de l’automne.

Les professionnels de ce secteur préparent leurs opérations en fonction de ces prévisions et, dans certains cas, sont en train d’embaucher et de former du personnel pour répondre à la demande attendue d’ici la fin de 2020.

Au sujet du Canadian Black Book

Depuis près de 60 ans, le Canadian Black Book offre à l’industrie canadienne de l’automobile, une source à la fois fiable et impartiale d’information sur la valeur des véhicules. Aujourd’hui, l’entreprise est au premier rang des fournisseurs de données sur la valeur des véhicules, les prévisions de valeurs résiduelles et le décodage des NIV. Les outils et l’information du Canadian Black Book sont considérés comme « l’autorité » en matière de valeur des véhicules, non seulement par les concessionnaires et les fabricants automobiles, mais également par les secteurs du financement à long terme, de l’assurance et du marché de gros. En 2020 le Canadian Black Book lance son service Enhanced Vehicle Matching (EVM), une technologie qui permettra à l’industrie de décoder de façon plus uniforme les NIV à 17 chiffres et de les jumeler à un ensemble spécifique de caractéristiques afin de pouvoir faire une évaluation plus précise de chaque véhicule.

Coordonnées

Canadian Black Book
Téléphone : 1 800 562-3150
Courriel : info@canadianblackbook.com www.canadianblackbook.com