COVID-19 Mise à jour sur le marché 30 juin 2020

July 02 2020
CBB

RÉSUMÉ

Avec juin qui tire à sa fin, les tendances pour le marché canadien de l’automobile volatile de 2020 se précisent. L’on prévoit que les ventes de voitures neuves au détail pour juin seront inférieures au compte de 185 741 véhicules légers enregistré en juin 2019. Si l’on regarde ce mois, on note que les ventes n’avaient pas été particulièrement fortes, affichant une baisse de 7,2 pour cent comparativement à juin 2018. À mi-parcours l’année dernière, l’industrie avait vendu 980 107 véhicules, ce qui représentait une chute de -5,5 pour cent par rapport à 2018. Après seulement cinq mois en 2020, nous observions déjà, début juin, un recul considérable de 39 pour cent par rapport à l’année dernière.

Selon les données de Statistique Canada (tableau 20-10-0008-01 Ventes de commerce de détail par province et territoire), les ventes de voitures d’occasion ont subi une baisse importante de 38 pour cent en mars, suivi d’une autre de 47 pour cent en avril, dernier mois pour lequel nous disposons de données. Les ventes d’avril 2020 ne représentent que 34 pour cent de celles d’avril 2019. Un affaissement de cet ordre est sans précédent dans l’industrie canadienne de l’automobile.

Le Canadian Black Book note que depuis le vendredi 26 juin, les prix des véhicules d’occasion au Canada ont amorcé un virage fondamental. En effet, le déclin des valeurs des voitures d’occasion ralentit rapidement dans plusieurs catégories. Parmi les neuf catégories de voitures, cinq ont vu leurs valeurs augmenter, une est restée stable et seules trois ont accusé une baisse. Les valeurs des véhicules de deux à huit ans ont augmenté en moyenne de 0,19 pour cent la semaine dernière. Nous n’avons pas vu d’augmentation des valeurs des voitures depuis la semaine du 23 mai 2019. Cette hausse est en fait la plus importante observée en une seule semaine au cours des deux dernières années. Pour le mois de juin, le rajustement hebdomadaire moyen des valeurs des voitures demeure négatif à -0,29 pour cent, mais l’amélioration observée au cours des derniers jours de juin est certainement digne de mention.

Les segments des camionnettes et VUS ont perdu 0,05 pour cent la semaine dernière. Il s’agit d’une faible réduction par comparaison aux semaines précédentes, où la baisse moyenne était de 0,52 pour cent par semaine. Parmi les treize catégories de camionnettes suivies par le Canadien Black Book, sept étaient en hausse et six en baisse. L’un des segments ayant chuté, les VUS intermédiaires, n’a baissé que de 0,03 pour cent, ce qui représente un changement minuscule par rapport à la semaine dernière.

En date de la semaine dernière, le rajustement des valeurs des camionnettes pour juin 2020 correspondait à -0,47 pour cent, et celui des voitures, à -0,29 pour cent. Compte tenu de la tendance négative générale, nous prévoyons que l’Indice de la valeur retenue de Canadian Black Book pour les véhicules de deux à six ans baissera pour juin, mais de façon beaucoup moins marquée que pour les mois précédents. En fonction de nos analyses et de nos prévisions, notre équipe estime que les prix de gros continueront de décroître, pour une baisse totale de 17 pour cent pour l’ensemble de l’industrie par rapport aux prévisions normales s’il n’y avait pas eu la crise de la COVID-19. Nous n’avons pas encore vu les prix de détail suivre la tendance du marché de gros, mais ceci est à prévoir au cours des mois qui viennent. À l’heure actuelle, étant donné la baisse des activités d’échange et de retours de fin de bail depuis plus de deux mois, il y a pénurie de produit sur le marché. CBB considère cette baisse de stocks comme temporaire. Au cours des prochains mois, nous prédisons une hausse de l’offre, ce qui devrait pousser les prix à la baisse dans un environnement de demande incertaine.

L’un des effets secondaires de la récession entraînée par la pandémie est la hausse inattendue des reprises de possession, tant pour les véhicules vendus neufs que ceux d’occasion. Dans le cadre d’un séminaire cette semaine, Equifax Canada a indiqué prévoir une hausse de 25 pour cent des défauts de remboursement au cours des six prochains mois, non seulement pour les prêts automobiles mais de façon générale. L’augmentation de l’endettement des Canadiens a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Les consommateurs étaient en train de rembourser avec succès une bonne partie de cette dette, jusqu’à ce que la crise actuelle entraîne la perte temporaire ou permanente d’emplois, ce qui a empêché de nombreuses personnes d’acquitter leurs mensualités. Equifax a également noté que les consommateurs ont une hiérarchie de paiement : la première priorité est le téléphone cellulaire et l’hypothèque, suivi du prêt auto ou du prêt à tempérament. Viennent ensuite les marges de crédit et les cartes de crédit. Equifax indique également que 8,6 pour cent des détenteurs de prêts auto ont demandé des reports de paiement, particulièrement les consommateurs d’Alberta et de Saskatchewan.

Chose intéressante, au début de la crise il y a eu peu d’activités de recouvrement et de reprise de possession. Beaucoup de prêteurs étaient occupés à gérer le volume élevé de demandes de report de paiements. De plus, les tribunaux étaient fermés, ce qui a rendu difficile les reprises de possession et les saisies. Mais dès que ces activités reprendront pour de bon, nous verrons beaucoup plus d’unités à l’encan dans toutes les régions du pays.

Du côté des nouvelles économiques cette semaine, le nouveau gouverneur de la Banque du Canada, Tim Macklem, a livré son premier discours sur les effets de la pandémie de COVID-19 sur les perspectives économiques du Canada. Le gouverneur Macklem a indiqué que la pandémie avait créé un choc économique encore jamais vu de notre vie. La Banque du Canada prévoit : « Avec la réouverture de l’économie, nous devrions voir une forte croissance de l’emploi. Nous devrions également voir l’effet stimulant d’une hausse de la demande sur les dépenses. » Le gouverneur Macklem ajoute que « cependant, tous ne retrouveront pas leur emploi et il demeurera de l’incertitude ». La réponse de la banque centrale à la pandémie a été de réduire son taux d’intérêt directeur à 0,25 pour cent, ce qui selon M. Macklem correspond à la valeur plancher. Dans un rapport publié la semaine dernière, le Conference Board du Canada estime que l’économie subira une contraction de 8,2 pour cent cette année avant de revenir à une croissance positive, soit une augmentation de 6,7 pour cent du PIB en 2021 et de 4,8 pour cent en 2022, ce à condition qu’il n’y ait pas d’autres fermetures à l’échelle nationale entraînées par de nouvelles vagues du virus. 

APERCU DU MARCHÉ DE GROS ACTUEL

L’équipe d’analystes du Canadian Black Book combine plus de 70 années d’expérience et de connaissances dans le domaine de l’automobile. En communication constante avec les détaillants, les marchands, les sociétés de financement et les fabricants de véhicules, nos analystes observent les prix afin de suivre le marché de manière indépendante et de produire des mises à jour quotidiennes. Notre personnel de recherche assiste également chaque semaine (de façon virtuelle en ce moment) aux principales ventes aux enchères au Canada.

Perspectives de ventes aux enchères

• Les diverses ventes aux enchères virtuelles et méthodes d’achat électroniques demeurent pratiquement les seuls moyens de revendre des véhicules dans un environnement d’offres concurrentielles au Canada.
• Bien que le Canadian Black Book ait observé des améliorations considérables dans les taux des ventes aux enchères de gros, la semaine écoulée démontre qu’il subsiste beaucoup d’instabilité dans le marché de gros.
• Nous avons vu un bon renforcement de prix dans 13 des 22 marchés que nous suivons.
• Enchères ESP de Lachine, au Québec, est l’un des rares encans physiques à être ouvert, avec de nombreuses précautions supplémentaires en place pour assurer la santé et la sécurité.

Volume de ventes aux enchères

Cette semaine nous avons continué à voir une croissance du volume dans le marché de gros. Pour juin, notre équipe estime que le volume des ventes aux enchères de gros a augmenté de 25 pour cent à l’échelle nationale. Ceci est très différent de l’activité minimale observée à la fin de mars, alors que toute l’industrie s’efforçait de se remettre et recherchait des moyens de progresser de façon sûre et efficace. Les membres des équipes de ventes aux enchères de toutes les régions du Canada méritent des félicitations pour les efforts déployés pour modifier leur fonctionnement et redémarrer le marché canadien de la vente en gros.

Taux de vente

Pour la dernière semaine, les taux de succès des divers encans nationaux ont varié considérablement. L’équipe a noté des taux de vente de près de 80 pour cent dans un endroit, mais de zéro dans un autre. Un taux nul est certes exceptionnel pour les dernières semaines, mais ce n’était certainement pas le cas en avril. Avec la baisse considérable des prix, suivie d’une stabilisation, puis d’un retour en hausse, il est naturel que certains acheteurs hésitent à s’engager, se demandant quel sera le prix la semaine prochaine et décident d’attendre pour miser sur la même unité plus tard au cours du mois.

TENDANCES ACTUELLES DES PRIX DE GROS

Ensemble du marché

Les valeurs pondérées en fonction du volume, toutes catégories confondues, ont augmenté de 0,19 pour cent au cours de la dernière semaine pour les modèles 2012 à 2018. Ces hausses ont compensé pour la baisse de 0,16 pour cent enregistrée la semaine dernière. Des neuf catégories de voitures, cinq ont augmenté et trois ont diminué. Le segment des voitures intermédiaires est resté inchangé par rapport à la semaine dernière. La hausse la plus marquée a été enregistrée par les voitures sous-compactes, soit 0,66 pour cent, suivi du segment des voitures de luxe d’entrée de gamme à 0,61 pour cent et de celui des voitures sport à 0,53 pour cent.

La baisse la plus marquée de la semaine du côté des voitures a touché le groupe des voitures de luxe, qui a perdu 0,16 pour cent. Le segment des voitures compactes a accusé une baisse semblable de 0,15 pour cent, et celui des voitures de luxe haut de gamme a connu une chute de l’ordre de 0,13 pour cent. Les voitures ont donc perdu 1,15 pour cent au mois de juin, soit une moyenne hebdomadaire de -0,29 pour cent

En pondérant les valeurs en fonction du volume, l’ensemble de la catégorie des camionnettes (y compris camionnettes, VUS et fourgonnettes) a encore baissé la semaine dernière, mais seulement de 0,05 pour cent. Le même segment avait perdu 0,30 pour cent la semaine précédente. Il s’agit d’un changement important pour ce segment, ce qui pourrait signaler des prix plus élevés dans les semaines à venir. Parmi les 13 segments des camionnettes et VUS, huit ont augmenté et cinq ont baissé au cours de la semaine.

Bien que l’ensemble de la catégorie ait légèrement baissé, plusieurs segments ont vu des augmentations de leurs valeurs. En tête de liste se trouve le segment des fourgonnettes commerciales compactes, qui a augmenté de 0,52 pour cent. Le segment des fourgonnettes a vu une hausse semblable, soit 0,50 pour cent. Les VUS sous-compacts ont connu une bonne semaine avec une hausse de 0,46 pour cent. Les VUS pleine grandeur de luxe ont perdu le plus dans cette catégorie, soit -0,59 pour cent, suivi de celui des VUS pleine grandeur, qui ont baissé de 0,41 pour cent.

Les camionnettes ont également eu une bonne semaine. Les modèles pleine grandeur ont augmenté de 0,11 pour cent et les camionnettes compactes encore plus, soit de 0,34 pour cent. Ces derniers temps, il a été rare que ces deux segments voient des augmentations. Dans le cas des camionnettes compactes, la dernière augmentation remonte à la semaine du 20 mars de cette année, alors que pour les camionnettes pleine grandeur, la dernière augmentation remonte à la mi-novembre 2019.

Le graphique ci-dessous (Canada – pourcentage pondéré de changement dans la valeur du segment des modèles de deux à huit ans) illustre les taux de dépréciation d’une semaine à l’autre pour l’ensemble du marché. Les voitures sont illustrées en bleu et les camionnettes en rouge (comprend fourgonnettes, VUS et camionnettes). Les données commencent au début de 2020, avant l’impact du coronavirus. La semaine dernière illustre un changement marqué dans la tendance des valeurs, comme l’indique clairement le graphique. Il sera intéressant de surveiller cette tendance, car nous prévoyons que d’autres déclins seront possibles à plus long terme à mesure que l’approvisionnement augmentera et que la demande se contractera en raison de la récession économique.

Regard sur la catégorie des voitures sport

Étant donné la chaude température dont nous avons joui au Canada en juin, la catégorie des voitures sport nous a semblé le choix logique à mettre en vedette. Cette catégorie comprend deux segments, soit les voitures sport et les voitures sport haut de gamme. Les principaux modèles de ce groupe sont la Ford Mustang, la Chevrolet Camaro et la Dodge Challenger, fabriquée à Brampton, en Ontario. À part ces trois « muscle cars » américains traditionnels, la Mazda MX-5 (la Miata), les jumelles Subaru BRZ et Toyota 86, ainsi que la VW Golf GTI/R complètent cette catégorie pour les amoureux de la conduite.

De façon générale, ces voitures sont un moyen divertissant de se déplacer, mais elles ne comptent que pour une petite part du volume total d’un fabricant. Elles ne représentent qu’un ou deux pour cent du volume de l’industrie et sont fortement sujettes aux tendances saisonnières. Du trio américain de Détroit décrit ci-dessus, c’est la Mustang et ses nombreuses variantes qui détiennent la palme avec 6 745 unités vendues l’année dernière. Par comparaison, la Camaro et la Challenger ont connu des ventes d’un peu plus de 2 000 unités chacune en 2019.

La semaine dernière le segment des voitures sport a fait un bond remarquable de 0,53 pour cent, se classant juste dernière les catégories sous-compacte et de luxe d’entrée de gamme. Au cours des 90 derniers jours, le segment a vu un rajustement négatif total de -6,7 pour cent, donc plus marqué que l’ensemble des catégories de voitures, qui ont chuté de 5,8 pour cent.

Selon l’Indice de la valeur retenue du Canadian Black Book, nous notons que le segment a atteint son apogée il y a deux ans en mai 2018 avec un pointage de 115,2. Ceci demeure le point haut pour les voitures sport depuis la mise en place de l’Indice en 2005. En mai 2020 l’Indice affichait un score de 101,4, ce qui représente une baisse de 12 pour cent ou de 13.8 points.

L’an dernier, c’est la BMW Z4 qui a remporté le Prix de la meilleure valeur retenue dans ce segment. Après quatre ans, la BMW conserve 63 pour cent de sa valeur comparativement à la moyenne de la catégorie, qui est de 53 pour cent. En termes de valeur retenue, la BMW était suivie de la Ford Mustang et de la Dodge Challenger en deuxième et troisième places respectivement.

Le volume de la catégorie des voitures sport demeure bas, mais ces voitures sont fortement prisées des conducteurs canadiens pour qui le plaisir du trajet est tout aussi important que la destination.

PRÉVISIONS DE PRIX POUR LES VÉHICULES D’OCCASION EN GROS

Impact sur les prix de gros selon le scénario économique le plus probable

Les prix de gros ont poursuivi leur descente en mai, car l’incertitude causée par la pandémie et ses répercussions a nui à la demande de véhicules, entraînant une baisse globale de 3,20 pour cent rien qu’en mai. Les prix des véhicules d’occasion sont généralement robustes au printemps, ce qui ne fait qu’exacerber la gravité des résultats réels par rapport aux prévisions. Les prix de gros ont baissé de 0,99 pour cent en mars et de 3,58 pour cent en avril; la baisse d’un peu plus de 3 pour cent enregistrée en mai porte la chute totale à 7,76 pour cent depuis février. Il reste encore quelques heures avant que les résultats complets de juin soient connus, mais le marché semble aller vers un déclin moins marqué.

Les prévisions du Canadian Black Book reflètent la réalité économique : les valeurs demeureront bien en deçà des prévisions d’avant-crise pour les deux prochaines années.

Prévisions à court terme (été-automne 2020)

Nous projetons une baisse des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise pour l’été et l’automne pendant que l’économie canadienne subit les effets de la COVID-19. Nous prévoyons que les prix de gros seront inférieurs en moyenne de 17 pour cent aux prévisions d’avant-crise pour le reste de 2020. Cette différence sera plus marquée au cours de l’été, et la reprise commencera au début de 2021. Nous anticipons également que les véhicules plus anciens (plus de six ans), moins coûteux et de condition moyenne ne connaîtront pas une baisse aussi importante en raison de l’accroissement de la demande pour ces unités. L’on s’attend à ce que de nombreux consommateurs recherchent un mode de transport fiable à faible coût. Le coronavirus et la distanciation sociale pousseront également certains utilisateurs des transports en commun ou du covoiturage à acheter une voiture.

Prévisions à long terme (valeurs résiduelles après 36 mois, été-automne 2023)

Les effets de la pandémie continueront à se faire sentir au cours des trois prochaines années. Toutefois, nous prévoyons que les valeurs résiduelles retrouveront leurs niveaux d’avant-crise à mesure que l’approvisionnement en véhicules d’occasion s’amenuisera en raison de la perte de ventes au détail et aux parcs automobiles durant le reste de 2020 et en 2021.

Impact sur les prix de gros selon un scénario de récession grave

Selon ce scénario, nous prévoyons une baisse de 25 pour cent des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise, et une reprise très lente en 2021. Les effets de la pandémie et de la récession continueront d’être ressentis dans 36 mois d’ici, et nous entrevoyons une baisse de 10 pour cent des prix de gros pour l’ensemble du marché par rapport aux prévisions antérieures au virus pour la seconde moitié de 2023.

SECTEUR DU DÉTAIL

Prix
de détail

La semaine dernière lorsque nous avons passé en revue les prix de liste des véhicules à l’échelle nationale, nous avons continué à observer une tendance à la hausse. Chose étonnante, les prix de liste ne reflètent pas la baisse des valeurs que nous avons vues depuis le début de la crise de la COVID-19. Les prix moyens mobiles de 14 jours, indiqués en vert, ont augmenté de près de deux pour cent depuis le début de mai.

Nous croyons que les prix de détail demandés décroîtront. En raison de la récession qui sévit, la demande de consommation sera plus faible et l’approvisionnement en véhicules sera plus important en raison des reprises de possession, de la disposition des unités de location et du surplus provenant des retours de bail.

Perspectives de ventes au détail

Certains
détaillants ont indiqué à Canadian Black Book que leurs résultats pour juin
2020 pourraient être supérieurs à ceux de juin 2019. Nous ne pensons pas que
cette opinion fasse la majorité.

Notre
équipe continue de penser que nous assistons actuellement aux effets d’une demande
accumulée, et non au rythme naturel d’un marché qui subit les impacts de la COVID-19.
Si l’on considère que les ventes de voitures au détail au Canada ont cessé de
mars jusqu’au début de mai, pour beaucoup ceci a simplement repoussé la demande
plus tard dans l’année, et c’est ce que nous croyons voir en ce moment.

L’énorme
bouleversement subi par la production de véhicules neufs continuera d’être un
facteur, car les détaillants qui enregistrent de fortes ventes en juin
pourraient avoir du mal à s’approvisionner en juillet, jusqu’à ce que la
production reprenne à plein régime.

Perspectives de ventes de véhicules neufs

Nos perspectives de ventes de véhicules neufs demeurent inchangées par rapport à notre dernière mise à jour. Nous prévoyons une réduction marquée des ventes de véhicules neufs au Canada en 2020 (détail et parcs) en raison de la baisse de demande des consommateurs. Ceci est attribuable à plusieurs facteurs, y compris le fait que les gens conduisent moins en raison du télétravail et des restrictions, le taux de chômage élevé ainsi qu’une forte érosion de la confiance des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs ont accusé une chute de 39 pour cent au cours des cinq premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière. Nos prévisions sont basées sur l’expectative que les mois de juin à décembre seront plus forts et compenseront pour les pertes enregsitrées de janvier à mai de cette année.

Selon notre scénario économique de base (A), nous prévoyons une baisse de 25 pour cent (par rapport aux prévisions d’avant-crise) des ventes de véhicules neufs en 2020 pour atteindre 1,436 millions d’unités. Selon le scénario de récession grave (B), nous prévoyons une baisse de 40 pour cent des ventes de véhicules neufs en 2020, lesquelles se chiffreront à 1,149 millions d’unités. Une récession profonde, si elle se produit, sera entraînée par la prolongation des mesures d’interdiction en raison de vagues multiples de COVID-19. À plus long terme, nous estimons que le volume de vente de véhicules neufs reviendra au niveau d’avant-crise d’ici cinq ans. Pour l’instant il semble que le scénario A est le plus probable, à moins bien sûr que l’on assiste à une forte résurgence du virus au cours des mois qui viennent.

PRÉVISIONS DE L’OFFRE DE VÉHICULES D’OCCASION

Le Canadian Black Book continue d’anticiper une offre considérablement plus élevée de véhicules d’occasion sur le marché de gros pour le reste de 2020 en raison de divers facteurs :

• Retours de bail retardés en raison des prolongations de bail offertes par les équipementiers
• Réduction importante du parc automobile des sociétés de location en raison de la baisse de demande des consommateurs dans le secteur du voyage
• Réduction marquée des activités de vente aux enchères en raison de la COVID-19 en mars, avril et mai, qui a retardé le retour sur le marché de nombreux véhicules. Ceux-ci arriveront pour la vente, mais plus tard que les prévisions d’origine.
• Augmentation des reprises de possession en raison de la détérioration des conditions économiques
• Au Canada, beaucoup de baux arrivaient déjà à échéance en 2020 et 2021; avec la baisse des valeurs et l’incertitude économique qui règne, les taux de retour de véhicules pourraient augmenter et le taux de rachats pourrait baisser.
• Réduction de la taille des parcs d’entreprises visant à réduire les activités et à libérer des liquidités

Prévisions à court terme des retours de bail

Au début de cette année, on prévoyait qu’un volume record de 400 000 baux arriveraient à échéance. Lorsque la pandémie a frappé et que la fabrication a presque entièrement cessé, les équipementiers ont déployé des efforts pour prolonger les baux afin de pousser les retours plus loin en 2020 et d’être en mesure de fournir des véhicules de remplacement. Pour cette raison, nous anticipons au moins 60 pour cent d’unités additionnelles au cours de la seconde moitié de 2020 (comparativement aux estimations d’avant-crise) en raison du ralentissement des ventes en mars, avril et mai, ainsi que des retours de véhicules suite aux prolongations de bail.

Retour de véhicules de location

Les voyages d’affaires et de loisirs ont été brusquement interrompus à la fin de mars. Nous prévoyons une réduction importante dans ces deux catégories pour le reste de cette année. Les voyages aériens ont diminué de plus de 90 pour cent au Canada, et il n’est pas prévu qu’ils reviennent aux niveaux d’avant-crise avant bon nombre d’années. Selon l’IATA (International Air Transport Association), ceci ne se produira pas avant 2023. Cette situation exerce une pression financière énorme sur les sociétés de location, qui dépendent du transport aérien, pour réduire à la fois leur parc actuel et leurs futures acquisitions.

Le 22 mai dernier, Hertz a demandé la protection de la loi sur les faillites en Amérique du Nord en raison de la pandémie. Selon les médias américains, Hertz prévoit de vendre quelque 30 000 véhicules par mois pour satisfaire ses créanciers une fois le plan approuvé. Le parc de Hertz aux États-Unis compte plus de 500 000 véhicules. La taille du parc canadien n’est pas publiquement connue. Durant une année normale au Canada, plus de 200 000 véhicules sont vendus aux entreprises de location. Celles-ci gardent généralement ces véhicules pendant 12 à 18 mois, puis les envoient sur le marché de la revente. Si les entreprises de location remettent de grandes quantités de véhicules sur le marché plus tôt que prévu, cet influx soudain mettra davantage de pression à la baisse sur les prix.

Nous prévoyons que d’autres entreprises de location à part Hertz réduiront leur parc au cours de l’été et de l’automne en réaction à la baisse de la demande aux aéroports. Ceci se traduira par l’arrivée de quelque 25 000 véhicules de location additionnels sur le marché de gros au cours des six prochains mois.

Prévisions de retour de véhicules d’occasion à plus long terme

Avec la réduction des ventes (détail et parcs) au cours des années qui viennent, nous prévoyons une baisse d’environ 8 000 véhicules d’occasion par mois sur le marché dans trois ans comparativement aux prévisions précédentes. Cet approvisionnement limité sera bénéfique pour les prix des voitures d’occasion.

Reprises de possession

Chose regrettable, en raison de la conjoncture économique canadienne actuelle, le taux de non-paiement des baux et des prêts automobiles augmentera. Plus tôt en juin, dans son Sommaire sur les données du secteur, TransUnion indiquait que pour le premier trimestre de 2020, les cas de défaut de remboursement dans le secteur automobile avaient augmenté à 1,83 pour cent, ce qui représente une augmentation d’environ 4,6 pour cent par rapport au même trimestre l’an dernier. Ce chiffre sous-estime probablement l’ampleur de la situation, car en mars il était encore trop tôt pour comprendre le plein impact de COVID-19 au Canada. Ces reprises de possession pousseront un plus grand nombre de véhicules vers la vente aux enchères et le marché secondaire, ce qui augmentera l’offre de véhicules disponibles à la vente.

Au sujet du Canadian Black Book

Depuis près de 60 ans, le Canadian Black Book offre à l’industrie canadienne de l’automobile, une source à la fois fiable et impartiale d’information sur la valeur des véhicules. Aujourd’hui, l’entreprise est au premier rang des fournisseurs de données sur la valeur des véhicules, les prévisions de valeurs résiduelles et le décodage des NIV. Les outils et l’information du Canadian Black Book sont considérés comme « l’autorité » en matière de valeur des véhicules, non seulement par les concessionnaires et les fabricants automobiles, mais également par les secteurs du financement à long terme, de l’assurance et du marché de gros. En 2020 le Canadian Black Book lance son service Enhanced Vehicle Matching (EVM), une technologie qui permettra à l’industrie de décoder de façon plus uniforme les NIV à 17 chiffres et de les jumeler à un ensemble spécifique de caractéristiques afin de pouvoir faire une évaluation plus précise de chaque véhicule.