COVID-19 Mise à jour sur le marché

June 05 2020
CBB

RÉSUMÉ

En avril nous avons assisté à la chute mensuelle la plus marquée des prix de gros depuis la création de l’Indice de la valeur retenue du Canadian Black Book en 2005. Après correction en fonction des variations saisonnières, l’indice a perdu encore 3,20 points en mai, suivant de près la baisse record de 3,58 points enregistrée en avril. Depuis février, l’indice a baissé de 7,8 points pour les véhicules de deux à six ans en raison de l’impact de la crise de la COVID-19. Cette réduction s’explique par l’anéantissement de la confiance des consommateurs ainsi que par la forte incertitude qui plane sur le marché automobile en raison de la pandémie. Le déclin des prix de gros s’est poursuivi tout au long du mois de mai. Bien que les détaillants de véhicules neufs et d’occasion soient désormais soumis à moins de restrictions qu’au cours des mois précédents, les volumes demeurent en baisse et l’avenir de la demande reste incertain. Les ventes aux enchères sont limitées aux activités en ligne; toutefois, le volume des ventes aux enchères revient progressivement aux niveaux antérieurs à la COVID-19, et la participation des enchérisseurs augmente d’une semaine à l’autre.

Les prix sont en baisse dans l’ensemble du secteur depuis mars. Au cours de la semaine dernière, les valeurs des segments automobiles pondérés en fonction du volume ont connu une baisse globale de 0,38%, comparativement à 0,65% la semaine précédente. Les camionnettes et les VUS ont déprécié de 0,79 % la semaine dernière, après la baisse de 0,47 % enregistrée la semaine précédente. C’est la plus forte baisse hebdomadaire que nous ayons observée cette année. Dans l’ensemble, la dépréciation du marché s’est chiffrée à 0,59 %, contre un chiffre très similaire de 0,56 % la semaine précédente.

Avec l’arrivée de l’été, nous nous attendons à ce que les prix de gros et de détail dégringolent davantage, ceci en raison de l’apport supplémentaire de stocks d’occasion qui arriveront sur le marché, de la faiblesse continue de la demande au détail en raison d’une récession marquée, ainsi que du taux de chômage que ceci a entraîné.

Le déclin des ventes enregistré au cours des derniers mois est sans précédent. En mars on a observé une chute de 48 % des ventes de véhicules neufs, suivie d’une perte de 75 % en avril. Lorsque DesRosiers Automotive Consultants a publié les ventes aujourd’hui, nous avons constaté avec soulagement que la baisse n’avait été que de 44 % en mai. Cette réduction demeure douloureuse, mais la tendance à la hausse de mai constitue une amélioration impressionnante par rapport à avril.

En mars, le taux de chômage a amorcé une forte hausse au Canada suite à la déclaration de l’état d’urgence, sous une forme ou une autre, dans chaque province et chaque territoire. Par la suite, l’Ontario et le Québec ont ordonné la fermeture de toutes les entreprises non essentielles, ce qui donné lieu à une montée en flèche des demandes d’assurance-emploi. En mai, l’Enquête sur la population active de Statistique Canada faisait état d’un taux de chômage de 13,3 %, soit une augmentation de 232 % par rapport à février 2020. La situation est tellement grave que Statistique Canada a modifié les questions posées dans le cadre de l’enquête afin de mieux comprendre la situation des Canadiens sans emploi. En mars plus d’un million de personnes ont perdu leur emploi; en avril ce sont deux millions de plus qui se sont retrouvées au chômage, ce qui porte la baisse totale depuis le début de la crise de la COVID-19 à plus de trois millions d’emplois.

Comme on pouvait s’y attendre, la confiance des consommateurs a été fortement ébranlée par cette crise. Pour le secteur automobile, un sain niveau de confiance est essentiel au succès. Lorsque celle-ci chute, les consommateurs choisissent généralement de reporter ou d’annuler l’achat de biens de consommation durables coûteux, notamment les véhicules neufs ou usagés. L’indice de confiance des consommateurs du Conference Board du Canada a connu une hausse remarquable de 16,2 points en mai, après avoir atteint un plancher record en avril. Cet indice respecté se situe maintenant à 63,7, ce qui est légèrement supérieur à son point le plus bas durant la crise financière de 2008; il demeure toutefois inférieur de 60 points à sa valeur d’avant-crise de février. Plus de la moitié des Canadiens, soit 52,2 %, entrevoient leurs perspectives d’emploi avec pessimisme, ce qui ne présage pas une reprise rapide pour l’ensemble du pays. Les consommateurs pourraient retarder leurs achats de véhicules ou opter pour des véhicules d’occasion plutôt que neufs, ce malgré les nombreux incitatifs offerts par les concessionnaires et les équipementiers.

En ce qui touche l’offre de véhicules d’occasion, nous prévoyons un important afflux de stocks sur le marché au cours des six prochains mois. Le marché sera en effet inondé par les retours de location différés, la réduction des parcs de location (y compris la vente prévue d’un grand nombre d’unités de Hertz), l’augmentation des reprises de possession et un arriéré de stocks non vendus durant la période de mars à mai. Nous continuons donc de prévoir une baisse continue des prix de gros au cours des prochains mois, avec une certaine amélioration attendue vers le début de l’hiver.

Bien que les effets économiques de la pandémie continueront à se faire sentir pendant jusqu’à trois ans, nous prévoyons que les valeurs de gros reviendront au niveau de référence d’avant-crise d’ici 2023, car l’offre de produits usagés diminuera en raison de la réduction des ventes au détail et des ventes de parcs tout au long de 2020 et au début de 2021.

APERCU DU MARCHÉ DE GROS ACTUEL

L’équipe d’analystes du Canadian Black Book combine plus de 70 années d’expérience et de connaissances dans le domaine de l’automobile. En communication constante avec les détaillants, les marchands, les sociétés de financement et les fabricants de véhicules, nos analystes observent les prix afin de suivre le marché de manière indépendante et de produire des mises à jour quotidiennes. Notre personnel de recherche assiste également chaque semaine (de façon virtuelle en ce moment) aux principales ventes aux enchères au Canada.

Perspectives de ventes aux
enchères

- Les ventes aux enchères virtuelles à l’échelle nationale continuent de montrer des signes de retour à la normale. Les prix se stabilisent, le niveau d’offres et d’achats a augmenté, et le personnel est en train de revenir et de rattraper le retard créé par un arriéré de véhicules en attente de bilan et de remise en état.

- Les deux principaux encans, ADESA et Manheim, poursuivent leurs activités dans tous leurs emplacements au Canada sur leurs plateformes numériques respectives.

Volume de ventes aux enchères

Nous continuons à observer un redressement du volume global du marché de gros, lequel semble mener à une plus grande stabilité des prix. Au cours des mois précédents, ce volume avait été limité par la fermeture des emplacements physiques et une réduction temporaire du personnel de vente aux enchères. Le volume n’a pas encore retrouvé le niveau des années passées, mais l’on prévoit que ce sera la norme au cours des mois qui viennent. Lorsque la plupart des encans ont fermé leurs lieux physiques en mars, le nombre de ventes a atteint son niveau le plus bas, soit une baisse d’environ 80 % par rapport à l’année précédente.

TENDANCES ACTUELLES DES PRIX DE GROS

Ensemble du marché

Les valeurs pondérées en fonction du volume, toutes catégories confondues, ont chuté de 0,38 % la semaine dernière pour les véhicules de deux à huit ans. Toutes les catégories de voitures ont diminué à l’exception des voitures sport haut de gamme, qui sont demeurées essentiellement stables. Nous prévoyons que plusieurs des catégories populaires à la location, telles que les voitures de luxe d’entrée de gamme, subiront une dépréciation plus marquée au cours des mois qui viennent, car les consommateurs qui auront profité des prolongations de bail commenceront à rendre leurs véhicules et l’offre de véhicules d’occasion commencera à augmenter. La catégorie des voitures pleine grandeur a connu les résultats les plus faibles avec un déclin de 1,40 % en une semaine. La catégorie intermédiaire a suivi de près avec une perte de 1,15 % la semaine dernière et de 8,12 % depuis le début de mars.

Les voitures compactes ont poursuivi leur chute, ce qui fait de cette catégorie l’une des plus faibles avec une perte de 0,89 % la semaine dernière et de 6,86 % depuis le début de la crise. Toutefois, il y a des possibilités intéressantes pour ce segment, car de nombreux consommateurs pourraient opter pour l’achat d’un véhicule moins cher cette année. Les voitures compactes ont été durement touchées au début de la pandémie, car les prix de l’essence ont baissé rapidement, ce qui a freiné l’intérêt pour ce marché.

En pondérant les valeurs en fonction du volume, l’ensemble de la catégorie des camionnettes (y compris camionnettes, VUS et fourgonnettes) a baissé de 0,79 % la semaine dernière. Les VUS sous-compacts ont accusé la baisse la plus marquée (-1,52 %), suivis des VUS compacts de luxe (-1,31 %). Avec un déclin de 9,21 % depuis mars, les VUS sous-compacts sont la catégorie qui a le plus baissé, suivie des VUS compacts. Les camionnettes pleine grandeur ont pour leur part perdu 0,37 % la semaine dernière, pour une réduction totale de 4,15 % depuis l’arrivée de la pandémie au Canada. Les camionnettes compactes ont perdu 0,34 % cette semaine et 4,17 % depuis le début de la crise. La catégorie des VUS intermédiaires, qui compte parmi les plus populaires, a chuté de 7,02 % depuis le début mars, dont 1,16 % la semaine dernière.

Le graphique ci-dessous illustre les taux de dépréciation d’une semaine à l’autre pour l’ensemble du marché, y compris voitures et camions, VUS et camionnettes, au cours des derniers mois. Les taux de dépréciation moyens ont continué à augmenter progressivement dans le marché. Selon notre équipe d’analystes, cette tendance se poursuivra jusqu’à la fin de 2020.

Tendances hebdomadaires de valeurs – voitures / camions

Regard sur la catégorie des VUS intermédiaires

Surpassée par les camionnettes et les VUS pleine grandeur, la catégorie des VUS intermédiaires est aujourd’hui la troisième en importance au Canada. Destinés aux familles actives et aux passionnés de plein air à la recherche d’un véhicule un peu plus haut que la familiale d’antan ou pouvant accueillir plus de passagers qu’une camionnette, les VUS intermédiaires répondent aux besoins quotidiens exprimés par un grand nombre de consommateurs. Aujourd’hui, ce segment représente environ 9 % de tous les véhicules sur la route et connaît une progression soutenue depuis les années 1980. Nous prévoyons que cette catégorie continuera à prendre de l’ampleur à mesure que les équipementiers offriront des modèles nouveaux ou remaniés afin de rehausser leur part de marché. Cette catégorie a gagné en popularité à un point tel qu’il faut désormais la diviser en deux sous-catégories, soit les deux ou les trois rangées. Ces véhicules, de taille très semblable, sont souvent de même modèle et de même catégorie, mais ils offrent aux consommateurs des solutions plus pointues à leurs défis de tous les jours.

Les VUS ont volé toute la popularité à la berline traditionnelle et sont actuellement offerts dans toutes les tailles imaginables. En 2006, Ford a lancé son modèle Edge, un VUS à deux rangées de sièges offrant aux consommateurs la taille et la configuration de sièges recherchées. Nous voyons désormais divers équipementiers fabriquer différents modèles qui se font concurrence dans la même catégorie, notamment Traverse et Blazer, Pilot et Passport, Atlas et Atlas Cross Sport et d’autres encore. C’est le Ford Edge, fabriqué à Oakville, qui remporte la palme avec des ventes de près de 20 000 unités en 2019. Les modèles Toyota 4Runner et Highlander sont ceux qui retiennent le mieux leur valeur après 48 mois. Du côté des VUS intermédiaires de luxe, on trouve le Lexus RX 350 (également fabriqué au Canada), dont 9 000 unités ont été vendues. Le Lexus GX 460 affiche la meilleure valeur retenue dans cette catégorie après quatre ans et a remporté le Prix de la meilleure valeur retenue de CBB en 2019. À mesure que ce segment évolue et s’adapte aux besoins des consommateurs, nous estimons qu’il continuera à soutirer de la part de marché à la catégorie des voitures et des autres VUS. Avec l’arrivée constante de nouveaux modèles comme le Kia Telluride, le Hyundai Palisade et l’Audi Q8, les équipementiers font face à une forte concurrence dans ce segment chaudement disputé.

Au début du ralentissement entraîné par la COVID-19, les valeurs de gros pour les VUS intermédiaires ont amorcé un déclin progressif. En mai, ce segment a affiché l’une des chutes les plus marquées, soit 4,23 points, après avoir perdu 2,56 point en avril. La baisse rapide des prix de l’essence pourrait aider à soutenir cette catégorie à plus long terme, mais nuira aux VUS et aux voitures économiques en carburant. Comme la majorité des autres catégories de VUS, les intermédiaires continuent de déprécier chaque semaine, et l’on s’attend à ce que leurs valeurs baissent davantage avant le rebond attendu.

PRÉVISIONS DE PRIX POUR LES VÉHICULES D’OCCASION EN GROS

Impact sur les prix de gros selon le scénario économique le plus probable

Les prix de gros ont poursuivi leur descente en mai, car l’incertitude causée par la pandémie et ses répercussions a nui à la demande de véhicules, entraînant une baisse globale de 3,20 % rien qu’en mai. Les prix des véhicules d’occasion sont généralement robustes au printemps, ce qui ne fait qu’exacerber la gravité des résultats réels par rapport aux prévisions. Les prix de gros ont baissé de 0,99 % en mars et de 3,58 % en avril; la baisse d’un peu plus de 3 % en mai porte la chute totale à 7,76 % depuis février.

Les prévisions du Canadian Black Book reflètent la réalité économique : les valeurs demeureront bien en-deçà des prévisions d’avant-crise pour les deux prochaines années.

Prévisions à court terme (été-automne 2020)

Nous projetons une baisse des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise pour l’été et l’automne pendant que l’économie canadienne subit les effets de la COVID-19. Nous prévoyons que les prix de gros seront inférieurs en moyenne de 17 % aux prévisions d’avant-crise pour le reste de 2020. Cette différence sera plus marquée au cours de l’été, et la reprise commencera au début de 2021. Nous anticipons également que les véhicules plus anciens (plus de six ans), moins coûteux et de condition moyenne ne connaîtront pas une baisse aussi importante en raison de l’accroissement de la demande pour ces unités. L’on s’attend à ce que de nombreux consommateurs recherchent un mode de transport fiable à faible coût. Le coronavirus et la distanciation sociale pousseront également certains utilisateurs des transports en commun ou du covoiturage à acheter une voiture.

Prévisions à
long terme (valeurs résiduelles après 36 mois, été-automne 2023)

Les effets de la pandémie continueront à se faire sentir au cours des trois prochaines années. Toutefois, nous prévoyons que les valeurs résiduelles retrouveront leurs niveaux d’avant-crise à mesure que l’approvisionnement en véhicules d’occasion s’amenuisera en raison de la perte de ventes au détail et aux parcs automobiles durant le reste de 2020 et en 2021.

Impact sur les prix de gros selon un scénario de récession grave

Selon ce scénario, nous prévoyons une baisse de 25 % des prix de gros par rapport à la base de référence d’avant-crise, et une reprise très lente en 2021. Les effets de la pandémie et de la récession continueront d’être ressentis dans 36 mois, et nous entrevoyons une baisse de 10 % des prix de gros au niveau du marché par rapport aux prévisions antérieures au virus pour la seconde moitié de 2023.

SECTEUR DU DÉTAIL

Prix de détail

Nous continuons à entrevoir une baisse des prix de détail en raison de l’atteinte grave à la confiance des consommateurs subie en mai. Actuellement les prix de détail baissent beaucoup plus lentement comparativement à ceux de gros. Nous croyons que les prix de détail décroîtront davantage, et de façon plus marquée, avec l’affaiblissement de la demande de consommation au cours des prochains mois, ce qui aura pour effet de resserrer l’écart entre les prix de gros et ceux de détail.

Perspectives de ventes au détail

• Mai est habituellement un mois très fort pour les ventes de voitures, comptant normalement pour un peu plus de 10 % des ventes annuelles de l’industrie. Les marchands auxquels nous avons parlé espéraient que les ventes de cette année aident à compenser les pertes subies en mars et en avril. Les résultats de mai ont effectivement été plus encourageants, et nous comptons sur une reprise des ventes au bloc en juin pour remplacer les unités vendues au détail.
• Les marchands demeurent « prudemment optimistes » quant à la stabilité des prix et à la durabilité de la reprise des ventes.
• On continue d’hésiter à envoyer des échanges ou des stocks inutilisés aux enchères pour s’en débarrasser, mais avec les faibles valeurs de gros, la vente aux enchères devient une bonne source de stocks.
• Après deux mois d’interruption des chaînes de montage, les concessionnaires de voitures neuves demeurent préoccupés face à leurs niveaux de stocks et au moment où ils commenceront à recevoir les nouveaux arrivages de leurs fabricants.

Perspectives de ventes de véhicules neufs

Nos perspectives de ventes de véhicules neufs demeurent inchangées par rapport à notre dernière mise à jour. Nous prévoyons une réduction marquée des ventes de véhicules neufs au Canada en 2020 (détail et parcs) en raison de la baisse de demande des consommateurs. Ceci est attribuable à plusieurs facteurs, y compris le fait que les gens conduisent moins en raison du télétravail et des restrictions, le taux de chômage élevé ainsi qu’une forte érosion de la confiance des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs ont accusé une chute de 39 % au cours des cinq premiers mois de l’année par rapport à l’année dernière.

Selon notre scénario économique de base (A), nous prévoyons une baisse de 25 % (par rapport aux prévisions d’avant-crise) des ventes de véhicules neufs en 2020 pour atteindre 1,436 millions d’unités. Selon le scénario de récession grave (B), nous prévoyons une baisse de 40 % des ventes de véhicules neufs en 2020, lesquelles se chiffreront à 1,149 millions d’unités. À plus long terme, nous estimons que le volume de vente de véhicules neufs reviendra au niveau d’avant-crise d’ici cinq ans.

PRÉVISIONS DE L’OFFRE DE VÉHICULES D’OCCASION

Canadian Black Book anticipe une offre considérablement plus élevée de l’offre de véhicules d’occasion sur le marché de gros pour le reste de 2020 en raison de divers facteurs :

• Retours de location retardés en raison des prolongations de bail offertes par les équipementiers
• Réduction importante du parc automobile des sociétés de location en raison de la baisse de demande des consommateurs
• Réduction marquée des activités de vente aux enchères en raison de la COVID-19 en mars, avril et mai
• Augmentation des reprises de possession en raison de la détérioration des conditions économiques
• Taux de retour de véhicules loués plus élevé que la normale car moins de consommateurs rachètent leur bail
• Au Canada, beaucoup de baux arrivaient déjà à échéance en 2020 et 2021; avec la baisse des valeurs et l’incertitude économique qui règne, les taux de retour de véhicules pourraient augmenter et le taux de rachats pourrait baisser.

Prévisions à court terme des retours de location

Au début de cette année, on prévoyait qu’un volume record de 400 000 baux arriveraient à échéance. Lorsque la pandémie a frappé et que la fabrication a presque entièrement cessé, les équipementiers ont déployé des efforts pour prolonger les baux afin de pousser les retours plus loin en 2020 et d’être en mesure de fournir des véhicules de remplacement. Pour cette raison, nous anticipons au moins 60 % d’unités additionnelles au cours de la seconde moitié de 2020 (comparativement aux estimations d’avant-crise) en raison du ralentissement des ventes en mars, avril et mai, ainsi que des retours de véhicules suite aux prolongations de bail.

Retour de véhicules de location

Les voyages d’affaires et de loisirs ont été brusquement interrompus à la fin de mars. Nous prévoyons une réduction importante dans ces deux catégories pour le reste de cette année. Les voyages aériens ont diminué de plus de 90 % au Canada, et il n’est pas prévu que les voyages reviennent aux niveaux d’avant-crise avant bon nombre d’années. Selon l’IATA (International Air Transport Association), ceci ne se produira pas avant 2023. Cette situation exerce une pression financière énorme sur les sociétés de location, qui dépendent du transport aérien, pour réduire à la fois leur parc actuel et leurs futures acquisitions. La semaine dernière, Hertz a fait faillite en Amérique du Nord en raison de la pandémie.

Nous prévoyons que d’autres entreprises de location à part Hertz réduiront leur parc au cours de l’été et de l’automne en réaction à la baisse de la demande. Ceci se traduira par l’arrivée de quelque 25 000 véhicules de location additionnels sur le marché de gros au cours des six prochains mois.

Prévisions de retour de véhicules d’occasion à plus long terme

Avec la réduction des ventes (détail et parcs) au cours des années qui viennent, nous prévoyons une baisse d’environ 8 000 véhicules d’occasion par mois sur le marché dans trois ans comparativement aux prévisions précédentes. Cet approvisionnement limité sera bénéfique pour les prix des voitures d’occasion.

Au sujet du Canadian Black Book

Depuis près de 60 ans, le Canadian Black Book offre à l’industrie canadienne de l’automobile, une source à la fois fiable et impartiale d’information sur la valeur des véhicules. Aujourd’hui, l’entreprise est au premier rang des fournisseurs de données sur la valeur des véhicules, les prévisions de valeurs résiduelles et le décodage des NIV. Les outils et l’information du Canadian Black Book sont considérés comme « l’autorité » en matière de valeur des véhicules, non seulement par les concessionnaires et les fabricants automobiles, mais également par les secteurs du financement à long terme, de l’assurance et du marché de gros. En 2020 Canadian Black Book lance son service Enhanced Vehicle Matching (EVM), une technologie qui permettra à l’industrie de décoder de façon plus uniforme les NIV à 17 chiffres et de les jumeler à un ensemble spécifique de caractéristiques afin de pouvoir faire une évaluation plus précise de chaque véhicule.